Mon avis : Rambo – David Morell
Traduit de l’américain par Eric Diacon
Éditions Gallmeister - Totem
Date de sortie : 06/09/2018
272 pages
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Quatrième de couverture :
Lorsqu'un jeune vagabond trouble l'ordre de sa petite ville, le shérif Teasle n'hésite pas à l'expulser au terme d'un interrogatoire musclé. Sauf qu'il est tombé sur un vétéran du Vietnam qui ne compte pas se laisser faire.
S'engage un duel sans merci, une chasse à l'homme mortelle à travers les forêts, les montagnes et les grottes du Kentucky. La police du comté, celle de l’État et les forces d'élite appelées en renfort ne seront pas de trop pour traquer l'ancien soldat que l'armée a transformé en une machine à survivre et à tuer.
Des millions de spectateurs ont découvert la légende de John Rambo à l'écran. Il leur reste à se plonger dans ce roman au final surprenant et impossible à lâcher.
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Mon avis :
L'histoire débute avec l'arrogance d'un petit bonhomme dodu, imbus de son petit pouvoir, le shérif Teasle, qui considère Madison comme SA ville et qui va provoquer une catastrophe dont il n'a pas idée. John Rambo, jeune homme hirsute, barbu, chevelu, l'air d'un vagabond, ne faisait que passer. Mais une fois de trop on veut le virer, on lui demande de débarrasser le plancher, de ne pas s'attarder en ville car on ne veut pas de lui. Et cette fois, il ne veut plus obtempérer. Et alors qu'il ne faisait que passer, parce qu'on l'a traité une fois de trop en indésirable il n'a plus envie de partir. Il se dit qu'il pourrait ne faire qu'une bouchée de ce petit shérif bedonnant. Pourtant il reste calme. Dans un premier temps...
Il est présenté à un juge par ce shérif trop zélé et se voit infliger trente jours de prison pour vagabondage. le récit est entrecoupé de flash-backs, sur ce qu'il a subit pendant la guerre du Vietnam et on comprend qu'il est allé au bout de l'enfer et que rien ne peut plus le mettre à genoux. Hélas pour le shérif Teasle, il ignore que l'homme sur lequel il s'acharne est une véritable machine de guerre, qu'il est revenu du Vietnam avec de multiples traumatismes psychologiques. Il va s'échapper. S'ensuivra une effroyable chasse à l'homme dans les montagnes du Kentucky. Une horde à la poursuite d'un homme seul.
Ce roman est passionnant dès le début. Les descriptions, les personnages, les retours dans le passé des protagonistes qui nous permettent d'appréhender qui ils sont. J'ai tout aimé, de la psychologie des personnages jusqu'aux descriptions de la nature. Cette histoire est un véritable page turner. Une fois commencé on ne peut que poursuivre avec avidité. Il y a pourtant tant de souffrance physique dans cette traque mais aussi de rage de vivre. Ce que Rambo endure est cauchemardesque. Tant de souffrance et d'angoisses, de faune grouillante et gluante au ras du sol, dans les interstices et les endroits sombres et humides, quel enfer ! Je me suis sentie tellement solidaire de lui, cet homme qui trouve sa force notamment dans ses monologues intérieurs, dialogues entre lui et lui, qui ne demandait rien et que des minables aux petits pouvoirs sont venus persécuter jusqu'au point de non-retour. Ce genre d'individus qui vous cherchent des histoires, ne supportent pas que vous ne vous laissiez pas faire, et crient vengeance alors que tout est de leur faute. J'ai senti ce que peut éprouver un animal acculé qui se transforme en bête féroce, pour ne pas mourir. Pourtant ce n'est pas manichéen. Teasle a aussi des bon côtés. Mais je ne l'ai pas du tout aimé. Ils m'horripilent ces gens qui pense qu'un homme doit avoir les cheveux courts et être bien habillé... comme tous ces escrocs en costard sans doute !
Ce roman nous dit beaucoup sur la guerre et ceux qui vont se battre pour nous tous. Même lorsqu'il sont décorés pour des actes de bravoure, il semble qu'ils ne soient plus rien de retour à la vie civile, qu'ils soient traités comme des rebus, que personne ne veut voir, avec hostilité. Ça a été une réalité pour les vétérans du Vietnam, mais les poilus de la guerre de 14 n'ont pas été mieux traités à leur retour des tranchées. D'ailleurs le colonel Trautman le dit si bien : "[...] il faut être fou pour l'aimer (la guerre). [...] Je leur apprends à survivre. Aussi longtemps qu'on enverra des types se battre, la meilleure chose que je puisse faire c'est de m'assurer qu'au moins certains d'entre eux reviendront."
On se rend bien compte que la guerre ne laisse que des champs de ruines, y compris dans les cœurs et dans les têtes.
J'ai eu une certaine difficulté pendant une bonne partie du livre, parce que le shérif ne cesse d'appeler Rambo "gamin", que j'ai très bien en mémoire Stallone et, j'ai vérifié, il avait 36 ans quand il a interprété ce rôle. Et puis je me suis habituée, et Stallone a disparu derrière ce Rambo là. Ce roman est pour moi un énorme coup de cœur !
Citations :
Page 27 : Et voilà, songea Rambo, on y est. Un des deux allait devoir céder, sinon Teasle le regretterait. Il regarda la main qui caressait l’étui du revolver. Pauvre idiot de flic, se dit-il, avant que tu dégaines, je pourrais te faire sauter les jointures des bras et des jambes. Je pourrais t’écrabouiller la pomme d’Adam et te jeter par-dessus la rambarde. Pour le coup, les poissons auraient quelque chose à manger.
Page 182 : — Pour un colonel, à vous entendre, vous n’avez pas l’air d’aimer beaucoup l’armée.
— Bien sûr que non. Il faut être fou pour l’aimer.
— Alors, pourquoi vous y restez ? Surtout avec ce que vous y faites : apprendre à des hommes à tuer !
— Ce n’est pas ce que je leur apprends. Je leur apprends à survivre. Aussi longtemps qu'on enverra des types se battre, la meilleure chose que je puisse faire c'est de m'assurer qu'au moins certains d'entre eux reviendront. Mon boulot, c’est de sauver des vies.
Page 184 : Je déteste la guerre, mais je crains encore plus le jour où les machines remplaceront les hommes. Au moins, pour l’instant, un homme peut encore survivre grâce à son talent.
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