Mon avis : Hell – Yasutaka Tsutsui
Traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier
Éditions Wombat
Quatrième de couverture :
Un yakuza présomptueux assassiné par un clan rival, un infirme carriériste et séducteur, un homme marié fou amoureux d’une jeune starlette, un fringant acteur de kabuki qui suscite les jalousies, un couple de sans-abri morts de froid dans un parc : tous ces personnages, qui un jour se sont croisés dans leur vie, se retrouvent en Enfer.
Errant dans une ville indéterminée, les fantômes, désormais détachés de toute émotion, dévident l’écheveau de leurs existences passées dont ils revivent – sans colère ni haine – les mensonges, les trahisons et les erreurs, jusqu’aux circonstances tragi-comiques de leurs morts. Au fond, chacun n’avait-il pas créé de son vivant les conditions de son propre enfer ?
Mais, à mesure que des bribes du passé resurgissent, les fantômes reviennent se mêler aux vivants. L’Enfer est-il réel, ou le simple fruit du rêve collectif de ses protagonistes ? Et si cet Enfer-là n’était qu’une sorte de purgatoire, une transition vers un Au-delà encore à découvrir ?
Construit sur un savant jeu de flash-back, ce roman polyphonique propose une étonnante variation aux accents métaphysiques, sombre et parfois cocasse, sur nos relations aux autres, qui n’est pas sans évoquer la veine du nouveau cinéma fantastique japonais, de Hirokazu Kore-eda (After Life) à Kiyoshi Kurosawa.
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Mon avis :
La vie, la mort... ne serait-ce pas les deux côtés d'une même pièce ? Car l'enfer qui est raconté ici, c'est la mort. Rien n'y est horrible comme dans la représentation occidentale. C'est juste l'après-vie. Et on s'y retrouve, intact, comme au meilleur moment de son existence.
Des personnes qui se sont connues à différentes époques de leur vie se retrouvent en enfer et peuvent tout savoir des autres car il voient dans leur tête tous leurs souvenirs. Ils voient donc aussi les trahisons qu'ils ont subies, mais comme la mort leur a apporté l'apaisement, rien n'est grave. On assiste à des moments de leur vie, ce qu'ils ont fait et ce qu'on leur a fait, puis à leur mort, la façon et la raison de celle-ci.
J'aimais bien mais rapidement je me suis sentie perdue car on passe de la mort à la vie et inversement par des flash-back permanents sans qu'il y ait de transition. Et puis il y a beaucoup de personnages, ce qui n'aide pas car c'est un peu compliqué de s'y retrouver dans autant de prénoms japonais dont on ne sait pas toujours se rappeler s'ils sont féminins ou masculins. Et puis j'ai trouvé le récit vraiment foutraque à cause des très fréquents bonds dans le temps et les situations dont je ne comprenais pas trop l'intérêt, et vraiment je crois que je n'ai rien compris à la finalité de tout ça.
Cependant il y a quelques situations assez drôles, notamment dans l'avion avant le crash ou encore dans l'ascenseur.
Mais voilà, je me suis ennuyée et je ne l'ai lu jusqu'au bout que parce qu'il ne fait que 155 pages. Et alors que Paprika, son roman en deux tomes, me tentait, je dois dire que plus du tout.
Dommage, j'avais eu un tel coup de coeur pour la couverture !
Citations :
Page 17 : Tout en appréciant la beauté de Sachiko d’une manière détachée, il avait perdu toute attirance physique pour elle. C’était sans doute un phénomène banal, entre un mari et son épouse, au bout de quelques années, aussi ne voyait-il rien de mal à être obsédé par une autre femme.
Page 22 : La plupart des Japonais n’ont pas de religion, ni aucun substitut divin ; ils ont même perdu le respect de leurs aînés. Alors, dès qu’ils obtiennent une once de pouvoir, ils se prennent eux-mêmes pour des dieux. On pourrait dire que l’Enfer sert à se défaire de cette illusion. En fin de compte, c’est la seule différence avec le monde des vivants…
Page 114 : — J’ai mal ! mal ! Mal ! Le renard brun est malin, il saute au-dessus du chien. On n’a plus le temps, dame Tortue, on va être en retard à l’enterrement du poisson rouge. Miki-chan, on est encore tous les deux ? Mais plus maintenant. C’est l’air, dans mes poumons, qui pique comme des aiguilles… Parce qu’on est en Enfer…
Page 121 : Il était vraiment mort ; mais cette révélation ne lui causa aucune peine. Il avait l’impression que cette panique qu’il venait de traverser — comme toute sa vie en fait — avait été vécue par quelqu’un d’autre. C’en était presque drôle. Pourquoi donc s’était-il autant accroché à sa vie ? Pourquoi avait-il eu si peur de passer de l’autre côté ?
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