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Mon avis : Hell – Yasutaka Tsutsui

Publié le par Fanfan Do

Traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier

 

Éditions Wombat

 

 

Quatrième de couverture :

Un yakuza présomptueux assassiné par un clan rival, un infirme carriériste et séducteur, un homme marié fou amoureux d’une jeune starlette, un fringant acteur de kabuki qui suscite les jalousies, un couple de sans-abri morts de froid dans un parc : tous ces personnages, qui un jour se sont croisés dans leur vie, se retrouvent en Enfer.
Errant dans une ville indéterminée, les fantômes, désormais détachés de toute émotion, dévident l’écheveau de leurs existences passées dont ils revivent – sans colère ni haine – les mensonges, les trahisons et les erreurs, jusqu’aux circonstances tragi-comiques de leurs morts. Au fond, chacun n’avait-il pas créé de son vivant les conditions de son propre enfer ?
Mais, à mesure que des bribes du passé resurgissent, les fantômes reviennent se mêler aux vivants. L’Enfer est-il réel, ou le simple fruit du rêve collectif de ses protagonistes ? Et si cet Enfer-là n’était qu’une sorte de purgatoire, une transition vers un Au-delà encore à découvrir ?
Construit sur un savant jeu de flash-back, ce roman polyphonique propose une étonnante variation aux accents métaphysiques, sombre et parfois cocasse, sur nos relations aux autres, qui n’est pas sans évoquer la veine du nouveau cinéma fantastique japonais, de Hirokazu Kore-eda (After Life) à Kiyoshi Kurosawa.

 

 

Mon avis :
La vie, la mort... ne serait-ce pas les deux côtés d'une même pièce ? Car l'enfer qui est raconté ici, c'est la mort. Rien n'y est horrible comme dans la représentation occidentale. C'est juste l'après-vie. Et on s'y retrouve, intact, comme au meilleur moment de son existence.

Des personnes qui se sont connues à différentes époques de leur vie se retrouvent en enfer et peuvent tout savoir des autres car il voient dans leur tête tous leurs souvenirs. Ils voient donc aussi les trahisons qu'ils ont subies, mais comme la mort leur a apporté l'apaisement, rien n'est grave. On assiste à des moments de leur vie, ce qu'ils ont fait et ce qu'on leur a fait, puis à leur mort, la façon et la raison de celle-ci.

J'aimais bien mais rapidement je me suis sentie perdue car on passe de la mort à la vie et inversement par des flash-back permanents sans qu'il y ait de transition. Et puis il y a beaucoup de personnages, ce qui n'aide pas car c'est un peu compliqué de s'y retrouver dans autant de prénoms japonais dont on ne sait pas toujours se rappeler s'ils sont féminins ou masculins. Et puis j'ai trouvé le récit vraiment foutraque à cause des très fréquents bonds dans le temps et les situations dont je ne comprenais pas trop l'intérêt, et vraiment je crois que je n'ai rien compris à la finalité de tout ça.
Cependant il y a quelques situations assez drôles, notamment dans l'avion avant le crash ou encore dans l'ascenseur.

Mais voilà, je me suis ennuyée et je ne l'ai lu jusqu'au bout que parce qu'il ne fait que 155 pages. Et alors que 
Paprika, son roman en deux tomes, me tentait, je dois dire que plus du tout.
Dommage, j'avais eu un tel coup de coeur pour la couverture !

 

Citations :

Page 17 : Tout en appréciant la beauté de Sachiko d’une manière détachée, il avait perdu toute attirance physique pour elle. C’était sans doute un phénomène banal, entre un mari et son épouse, au bout de quelques années, aussi ne voyait-il rien de mal à être obsédé par une autre femme.

 

Page 22 : La plupart des Japonais n’ont pas de religion, ni aucun substitut divin ; ils ont même perdu le respect de leurs aînés. Alors, dès qu’ils obtiennent une once de pouvoir, ils se prennent eux-mêmes pour des dieux. On pourrait dire que l’Enfer sert à se défaire de cette illusion. En fin de compte, c’est la seule différence avec le monde des vivants…

 

Page 114 : — J’ai mal ! mal ! Mal ! Le renard brun est malin, il saute au-dessus du chien. On n’a plus le temps, dame Tortue, on va être en retard à l’enterrement du poisson rouge. Miki-chan, on est encore tous les deux ? Mais plus maintenant. C’est l’air, dans mes poumons, qui pique comme des aiguilles… Parce qu’on est en Enfer…

 

Page 121 : Il était vraiment mort ; mais cette révélation ne lui causa aucune peine. Il avait l’impression que cette panique qu’il venait de traverser — comme toute sa vie en fait — avait été vécue par quelqu’un d’autre. C’en était presque drôle. Pourquoi donc s’était-il autant accroché à sa vie ? Pourquoi avait-il eu si peur de passer de l’autre côté ?

 

 

 

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Mon avis : Mes frères, nos fantômes et moi – Julien Sandrel

Publié le par Fanfan Do

Éditions Charleston – Paradis Perdus

 

Quatrième de couverture :

Le premier récit littéraire de Julien Sandrel
Depuis son enfance, Julien Sandrel est bercé par les récits de ses aïeux italiens du côté de son père. Pourtant, il n’a jamais mis les pieds à Naples, berceau de sa famille. Et si son paradis perdu était là-bas ? Accompagné de ses frères, il part en quête de la tombe de son arrière-grand-mère, qu’il n’a pas connue, et nous entraîne dans un voyage plein de complicité et de rebondissements inattendus, à la découverte des secrets de son histoire familiale.

 

 

Mon avis :
Lorsque la réalisatrice de l'adaptation au cinéma de son premier roman le contacte pour lui parler d'un projet de sa sœur, 
Julien Sandrel ne compte pas accepter. Mais voilà, le thème de ce projet est "Paradis perdu" et soudain ça sent la madeleine...
Il repense à son grand-père, né à Hyères de parents italiens, dont les prénoms ont été francisés. Commence alors le voyage mental dans le pays de ses origines et plus précisément à Naples, berceau de sa famille. Et si pour nous l'Italie est une carte postale, pour ceux qui l'ont quittée elle est synonyme de pauvreté et d'arrachement, sans oublier les épouvantables discriminations que les Italiens ont subies en France il y a à peine cent ans. Mais tout doucement cette idée fait son chemin, à coup d'interrogations et d'introspection. Il finit par se dire que oui, il faut faire le voyage vers l'histoire de sa famille, mais pas seul, car ses deux frères font aussi partie de cette mémoire à ressusciter.

Et alors que j'étais enthousiaste à cette idée, ayant moi-même des origines d'ailleurs, je suis finalement restée extérieure à cette quête, et les souvenirs de l'auteur, ben... ce sont ses souvenirs. Finalement tout cela est très personnel. Ça m'a rappelé un repas dans ma belle-famille où ils se sont tous mis à évoquer des souvenirs de tonton Machin et de pépé Truc, que je ne connaissais pas. Eh bien je suis restée en dehors à m'ennuyer, parce que j'étais étrangère à tout ça. Ça n'intéressait qu'eux.
Et puis Naples, les descriptions des sons et des odeurs, j'ai aimé, mais dès qu'il a été question du dieu foot je me suis terriblement ennuyée. Tout comme les anecdotes familiales de l'auteur, celles qui racontent le quotidien ordinaire de tout le monde, sa femme, ses enfants, j'ai trouvé ça sans intérêt, en tout cas dans un livre destiné au public. Comme lorsqu'il fait allusion à des petites complicités entre frères tout en précisant qu'eux seuls peuvent comprendre les références car elles leur sont totalement personnelles. du coup, pourquoi en parler ? Je me suis sentie larguée... et indiscrète car témoin de moments très personnels.
Et puis, de savoir que l'auteur a fait du foot alors qu'il détestait, et que pourtant son fils adore mais qu'après il a fait du karaté alors qu'il détestait tout autant...
Je me demande s'il y avait réellement matière à écrire un livre. Ou alors juste pour la famille qui elle, sera plongée dans son histoire, sa genèse, ses origines. D'ailleurs, sur sa famille, 
Julien Sandrel fait dans l'angélisme. Tout semble tout beau, tout rose, tout le monde s'aime, est généreux, bienveillant, drôle... mais on sait bien que c'est pas si simple, que la vie est dure et qu'on a tous des défauts.

J'ai aussi trouvé ce récit souvent décousu avec des digressions inattendues.
J'ai eu l'impression de lire une suite d'anecdotes, sûrement très émouvantes pour l'auteur et ses frères mais aussi très personnelles, qui m'ont laissée en dehors de l'histoire. Au fil de ses découvertes il pense à la mémoire atavique, celle qui serait presque dans les gènes, comme la peur des séismes qui s'expliquerait par le fait que ses ancêtres viendraient d'une région sismique. Personnellement je n'adhère pas du tout à cette théorie qui me paraît un peu fumeuse, bien que je l'aie entendue plusieurs fois traitée à la radio par des gens sérieux. Pourtant l'auteur semble avoir trouvé des réponses à ses nombreux questionnements : Pourquoi certaines peurs. Pourquoi certaines hontes. Pourquoi le foot. Pourquoi la pensée magique. Et pourquoi la famille occupe une place si centrale dans sa vie.
Et il y a du positif ! Beaucoup d'émotions et ça fait plaisir à voir, et le fait que l'auteur soit révolté par l'aspect patriarcal de la société met en évidence sa solidarité avec les femmes : "Je crois que les valeurs écrasantes de la virilité m'ont toujours rebuté."
Et ça, ça m'a énormément plu car ça revient plusieurs fois au cours du récit.

À la fin de cette lecture je me suis rendu compte que pour ma part, je n'avais pas la moindre envie de partir à la recherche de ma famille belge et que je ne sais même pas pourquoi ils ont choisi de venir vivre en France il y a trois et quatre générations, peut-être cinq ? Comme quoi, la dernière phrase de la quatrième de couv : "comment savoir qui l'on est si l'on ignore d'où l'on vient ?" ne s'applique pas à tout le monde.

Mais bien sûr, 
Julien Sandrel et ses frères, Alex et Andrea, sont repartis de Naples beaucoup plus riches intérieurement.

Merci à Babelio Masse Critique Privilégiée ainsi qu'aux Éditions Charleston pour l'envoi de ce livre.

 

 

 

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Mon avis : La Rosa Perdida – Christopher Laquieze

Publié le par Fanfan Do

Éditions JC Lattès – La Grenade

 

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Quatrième de couverture :

« Quand Matías Ordoñez dénonça sa mère, elle fut pendue le lendemain sur la Plaza Vieja, et nul ne sut jamais si c’était par amour ou par vengeance qu’il l’avait condamnée. »
À San Jacinto del Río, un village oublié des cartes et des dieux, Sofia Ordoñez dirige La Rosa Perdida. Un bordel célèbre pour corps en quête de volupté, devenu refuge pour âmes errantes et haut lieu de passage des hommes, opposants comme sympathisants au régime sanguinaire d’Isidro Gálvez...
Lorsqu’un matin Sofia est pendue sur la place publique, dénoncée par son propre fils Matías, le village entier frémit. Et sa mémoire, ses secrets et ses douleurs se déroulent pour tenter de comprendre.
Dans ce premier roman, pétri de réalisme magique et d’une véritable virtuosité dramatique, Christopher Laquieze raconte les cicatrices d’un continent meurtri, la résistance muette et le courage de ceux qui, à bas bruit, œuvrent pour un autre monde.

 

 

Mon avis :
À San Jacinto del Río, petite ville écrasée par le soleil, la peur et la soumission sont omniprésentes. Un vent de dictature assèche tout, les cœurs, les envies, le désir de s'exprimer. C'est comme si même la nature évitait de se manifester.
L'histoire commence par la pendaison de Sofia Ordoñez, tenancière du bordel 
La rosa perdida, dénoncée par son fils. Puis l'auteur nous fait remonter le temps...

Sofìa, la femme à fuir, car une aura de malheur semble émaner d'elle. L'eau lui a pris les hommes de sa vie, d'une manière ou d'une autre.

De la malchance ou peut-être des malédictions, un spectre, un enfant sans passé, des secrets, des non-dits, un amour qui va plus loin que la mort, l'esprit de vengeance, une dictature Sud-américaine.
Une fable où la vie fait corps avec la terre.

L'omniprésence de la folie des hommes, de certains hommes, qui perdent leur humanité en devenant des tortionnaires, en choisissant le camp du mal.

Il m'a semblé lire une sorte de parabole qui raconterait le monde tel qu'il a été, tel qu'il est parfois encore dans certains endroits, et tel qu'il semble vouloir redevenir. Comme si l'obscurité combattait sans cesse la lumière.
Et nous, nous sommes la grenouille dans le récipient qui est en train de chauffer. Mais il arrive que certains œuvrent dans l'ombre, que la résistance s'organise contre l'injustice et la cruauté, contre l'inacceptable. Mais que de souffrances !

J'ai adoré cette écriture, elle m'a transportée ! Totalement... dans ces lieux empreints de magie et d'effroi, où le souvenir d'un amour côtoie l'indicible ignominie, où la vengeance est parfois un plat amer, où le combat pour la liberté semble ne jamais devoir prendre fin.

 

Citations :

Page 31 : On se doutait bien que la bureaucratie s’était dissoute dans un monde où les coups et les crânes fendus tenaient lieu de signature, chaque blessure remplaçant dix parchemins et mille mots inutiles.

 

Page 61 : Nous les avions vus s’embrasser — et c’est étrange comme ce baiser, pourtant offert au grand jour, semblait n’appartenir qu’à la nuit.

 

Page 69 : On ne nous avait pas volé la liberté, on nous avait laissé la responsabilité de la trahir, et nous l’avons fait, parce que nous avions des enfants, et parce que le trou dans l’estomac s’élargissait tant que même la faim n’y trouvait plus sa place.

 

Page 194 : Elle cherchait une échappatoire dans le mouvement, évitant les fruits durs tombés au sol. D’ordinaire, la nuit était chaude, peuplée de chants d’insectes et de cris lointains, mais ce soir-là, une surdité pesante, tissée par le brouillard, l’oppressait avec la rigidité d’un linceul mis à un vivant un jour de pluie.

 

 

 

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Mon avis : Récit insolite d’une jeunesse ordinaire – Jacques Pezzana – Julien Gilles

Publié le par Fanfan Do

Auto-Éditions

 

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Quatrième de couverture :

Lorsque son petit-fils découvrit le trésor dissimulé dans son grenier, Jacques n’eut d’autre choix que d’affronter son passé. Dans sa jeunesse, il vivait une vie ordinaire, jusqu’au jour où il dut suivre ses parents pour s’installer dans une petite ville. Très vite, il y remarqua des choses insolites…
Pourquoi les jeunes n’osent-ils plus sortir de chez eux ? Qui est cet étrange voisin à la voix rauque et à la large carrure ? Jacques aura-t-il l’esprit assez solide pour entendre la vérité ? Pour le savoir, il devra retrouver le jeune homme obsessionnel responsable du traumatisme des habitants. Mais à trop vouloir réveiller les démons, ils devront s’allier et jurer allégeance à un objet atypique qui finira par les posséder !
Ce roman caricatural, bien éloigné du politiquement correct, relate l’histoire de trois amis déjantés et amateurs de bonnes bières. De l’amitié, des rencontres, de l’humour corrosif et un va-et-vient permanent entre réalité et fiction, sont les marques de la belle écriture de Jacques Pezzana & Julien Gilles.

 

 

Mon avis :
J'ai aimé, dès le préambule, ce que les auteurs me disaient sur les souvenirs, les odeurs, les sons, qui nous ramènent loin en arrière et nous font revivre, l'espace d'un instant, une époque révolue mais si riche de réminiscences du temps où on croyait qu'on allait bouffer la vie.

L'histoire commence et mon impression a été que tous les enfants du XXe siècle ont des souvenirs similaires des repas dominicaux chez les grands-parents. Puis viennent les descriptions et l'histoire de la Moselle et ça sent très fort l'amour du pays, du terroir qui les a vus naître. Car Arthur va apprendre de la bouche de son grand-père Jacques, son histoire insolite vécue avec ses deux super potes.

Le vif du sujet assez rapidement, c'est l'amitié et la bière. Car à Algrange, petit bled mosellan, il n'y a pas grand-chose à faire quand on est jeune. Alors autant picoler entre potes : Jacques, Julien et Jonathan. Et là, l'amour de la bière est élevé à un niveau de franche pochtronerie. Ça m'a rappelé un soir dans un bar il y a longtemps, où un jeune mec de 18 ans nous avait montré ses tibias où s'était fait tatouer en très gros, Kanterbrau et Kronenbourg. Ça nous avait fait rire alors que c'était pathétique. Mais on était jeunes et cons, tout nous faisait rire.
Alors, dans un premier temps, j'ai eu l'impression de lire un Manuel de compréhension des teubés à l'usage des filles qui sauront pourquoi elles doivent garder leurs distances avec cette espèces pas très évoluée que sont certains jeunes adultes de sexe masculin qui, dès qu'ils sont entre eux et ont un peu bu, oublient ce qu'est la pudeur ou la retenue avec les filles. C'est surtout particulier à Julien dont les trois passions semblent être le sport, la bière, les filles. Mais ce livre n'est pas que ça, notamment grâce à Jacques qui connaît l'histoire de Metz, sa ville, dans ses moindres détails et nous offre une visite guidée qui fait rêver.

Alors ça picole, ça picole, ça picole ! Pour autant, est-ce l'apologie de la biture ? le panégyrique de la cuite ? le culte du coma éthylique ? Que nenni ! Car, pour contrebalancer, on a droit à l'explication détaillée des méfaits de l'alcool sur l'organisme, la mise au point de ce qu'est techniquement la gueule de bois, et les bienfaits de la dégustation. Car les trois compères décident un jour de se mettre à dénicher des bonnes bières et de toutes les goûter. Et alors ça m'a vraiment passé l'envie de boire de la bière tant je suis arrivée à un écurement maximum. Il y a cependant des moments épiques, notamment le cours sur la distillation qui m'a fait beaucoup rire.
Lors de la "Buvette poursuite" ce jeu d'ados débiles dont les participants sont des jeunes adultes, j'ai eu très mal pour eux et je me suis rappelé qu'on se fait souvent beaucoup de mal à cet âge là, quand il est question d'alcool et d'idées stupides.

Donc c'est une histoire qui oscille entre activités de jeunes crétins alcoolisés, comme nombre d'entre nous l'ont été à cet âge, un exposé sur la veisalgie, un cours magistral survitaminé, un devoir de philo qui prend une étrange tournure, un examen d'art compliqué. Ou encore une expérience très sérieuse d'alcoolisations progressives comparées complètement délirante. Mais aussi les microbrasseries et le crowdfunding, J'ai eu peur au début mais en fait je me suis bien marrée avec ces trois chasseurs de bières qui cheminent tranquillement vers l'âge adulte !! Et dans ce monde de tarés, rire, c'est pas du luxe !

J'ai cru cependant déceler, lors la période liégeoise, une caricature et un gros tacle pas très fin au mouvement metoo. Règlement de compte masculin ? Ou mauvais esprit de ma part ? Et quand même, il faut dire aux hommes, quand on dit d'une femme qu'elle est bonne (page 248), c'est pas un compliment, du tout.

Alors bon, au milieu des tribulations délirantes de ces trois boit-sans-soif amateurs de binouze en plus d'être des bons samaritains dont l'amitié indéfectible est le ciment, j'ai appris quelques trucs intéressants. Pas sur la gueule de bois, ça je savais déjà. Et j'ai même appris des mots, comme par exemple ultracrépidarien, que je ne suis pas sûre de réussir à recaser un jour MDR. Roman ? Histoire vraie ? Un peu les deux ? En tout cas, ce livre n'est pas qu'une grosse blague de foufous de la bière immatures, c'est aussi instructif et drôle. Et puis l'écriture rythmée nous fait voyager sur cette route de la bière entre Lorraine et Belgique. Alors merci pour ce parcours initiatique épique et imbibé, mais généreux aussi !

 

Citations :

Page 344 : Cet instant magique aurait pu durer encore longtemps, si le sujet de ce livre n’était pas la débauche et la déraison ! Mais dans cette société égalitaire, nous nous devons de nous adresser à tout le monde, même aux fleurs bleues en quête de romance naïve. Maintenant, revenons à ce qui nous intéresse vraiment.

Pour les courses de ce soir, on peut aller à la petite supérette juste en dessous de chez moi, proposa Jenny.

Chef ! Oui chef ! Plaisanta Julien.

La répartition des tâches se fit de manière évidente.

Les filles s’occupèrent des ingrédients du repas ; les garçons eux, se dirigèrent d’instinct vers le rayon des boissons.

 

 

 

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Mon avis : Ouragan – Laurent Gaudé

Publié le par Fanfan Do

Éditions Actes Sud - Babel

 

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Quatrième de couverture :

À la Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ?
Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au cœur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence...
Dans un saisissant décor d'apocalypse, Laurent Gaudé met en scène une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort. Roman ambitieux à l'écriture emphatique et incantatoire, "Ouragan" mêle la gravité de la tragédie à la douceur bienfaisante de la fable pour exalter la fidélité, et l'émouvante beauté de ceux qui restent debout.

 

 

Mon avis :
Nouvelle-Orléans
Joséphine Link. Steelson, négresse depuis presque cent ans comme elle le dit elle-même, sent. Elle sent arriver cette chienne, bien avant que les culs blancs ne s'agitent.
Un homme roulé en boule dans une chambre d'hôtel, qui aimerait ne plus entendre les hurlements résonner dans sa tête. Et lui, il donne un énorme, effroyable, abyssal sentiment de solitude. Seul sur cette terre peuplée de sept milliards d'individus. C'est terrifiant.
Une femme ment au tribunal et semble se faire du tort, mais au fond peut-être pas.
Un pasteur visite une prison et il a peur.
Des prisonniers qui ne peuvent pas être évacués.
Les individus s'enchaînent et bien sûr on se demande pourquoi et ce qui les attend même si on comprend que leurs destins convergent.

Pendant que la tempête arrive, prête à fondre sur la terre inexorablement, l'auteur nous fait ressentir l'insignifiance de ce que nous sommes, petits êtres humains présomptueux et destructeurs. Et alors que sa puissance va crescendo à mesure qu'elle arrive sur la terre, les existences de ceux qui n'ont pas pu ou pas voulu fuir plongent dans la terreur ou l'introspection. Ce monstre élémentaire qu'aucune puissance humaine ne peut contrer est prêt à tout dévaster, tout réduire à néant, entraînant avec lui des trombes d'eau venues du ciel et de la mer, prêt à dévorer la moindre parcelle de vie et tous les regrets qui l'habitent. C'est beau et terrifiant, comme une ode à la nature, celle qu'on ose bafouer sans vergogne, oubliant que nous ne sommes qu'un grain de poussière face à ce titan.

À mesure que la tempête avance et passe, les masques tombent, chacun se révèle à lui-même. La sauvagerie reconquiert le monde. La barbarie aussi. Dans cet endroit indissociable du bayou, milieu aquatique et dangereux, peuplé d'alligators.


Laurent Gaudé nous raconte l'humanité, ses espoirs déçus, ses douleurs, ses fureurs, ses aspirations, quand il en reste, car "Le monde se tord de douleur". Et il parvient à y mettre de la poésie, même dans la plus grande des noirceurs. Car ce roman nous parle des laissés pour compte, ceux dont tout le monde se fout, ceux qu'on ne pense même pas à essayer de sauver. Des sortes d'invisibles, qui gênent quand ils s'approchent trop près, mais qui ne dérangent pas quand ils meurent en silence.

C'est beau et effroyable, terriblement oppressant, c'est un chant d'amour, un requiem, le chant des esclaves à travers le temps.

 

Citations :

Page 35 : Le vent se lève. La tempête approche et elle sera pour eux, comme toujours, les miséreux aux vies usées, et pour eux seuls.

 

Page 53 : Les hommes détalent, ils ont tort. Ils devraient rester pour voir que leurs maisons ne sont rien, que leurs villes sont fragiles, que leurs voitures se retournent sous le vent. Ils devraient rester car tout ce qu’ils ont construit va être balayé. Il n’y aura plus d’argent, plus de commerce et d’activité. Nous ne sommes pas à l’échelle de ce qui va venir. Le vent va souffler et il se moque de nous, ne nous sent même pas. Les fleuves déborderont et les arbres craqueront. Une colère qui nous dépasse va venir.

 

Page 167 : Les rues sont comme des fleuves endormis. Il n’y a pas un bruit : ni oiseau ni aucun signe d’activité humaine, comme si le monde avait décidé de se lever en ce jour sans les espèces vivantes.

 

 

 

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Mon avis : Les déracinés – Catherine Bardon

Publié le par Fanfan Do

Éditions Les Escales - Pocket

 

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Quatrième de couverture :

Almah et Wilhelm se rencontrent dans la Vienne brillante des années 1930. Après l'Anschluss, le climat de plus en plus hostile aux juifs les pousse à quitter leur ville natale avant qu'il ne soit trop tard. Perdus sur les routes de l'exil, ils tirent leur force de l'amour qu'ils se portent : puissant, invincible, ou presque. Ils n'ont d'autre choix que de partir en République dominicaine, où le dictateur promet 100 000 visas aux juifs d'Europe.
Là, tout est à construire et les colons retroussent leurs manches. Pour bâtir, en plein cœur de la jungle hostile, plus qu'une colonie : une famille, un avenir. Quelque chose qui ressemble à la vie, peut-être au bonheur...

 

 

Mon avis :
Vienne Autriche années 30.
Myriam et Wilhelm sont frère et sur et s'aiment énormément. Wilhelm n'a pas voulu reprendre l'imprimerie familiale car son rêve était de devenir journaliste. Myriam, elle, rêve de partir en Amérique où les femmes sont plus libres.
On apprend qu'à Vienne au début du XXe siècle la jeunesse s'était libérée de l'étreinte conformiste de la petite bourgeoisie et s'adonnait à une frivolité amoureuse débridée. Pourtant, dans cette ville de culture, d'art, de savoir, l'antisémitisme tapi dans l'ombre commence à s'affirmer outrageusement. La menace qui plane se précise dangereusement.

Wilhelm rencontre Almah et c'est le coup de foudre. C'est le début d'une histoire d'amour, puissante, vraie, durable, car l'amour c'est l'essence même de la vie. Donc, wilhelm et Almah s'aiment, ils pensent à l'avenir, mais le bruit des bottes se fait déjà entendre. Ils sont juifs. Pas pratiquants, mais juifs. Comment être jeune et plein d'espoir en l'avenir quand une telle engeance annonce un futur abominable ? Voile de mariée, voile de tristesse, quant à l'avenir... incertain.

À chaque nouveau chapitre, un titre et une date. On avance ainsi pas à pas dans le récit tragique de cette sombre époque. Car l'autrice nous décrit tellement bien ce qui se passe, la montée du nazisme qui est, entre autre, "l'autosuffisance et la bêtise qui tient lieu de détermination chez ces hommes ordinaires transformés en petits nazillons". Et alors que jusque là c'était effarant, peu à peu ça devient douloureux.
Il y a une alternance de chapitres racontés par Wilhelm, puis d'autres racontés de l'extérieur, comme pour nous donner une vision panoramique autant qu'intimiste des événements. Ça élargit le champs visuel. On passe doucement de la lumière aux ténèbres.

L'autrice nous fait bien ressentir l'angoisse de la montée inexorable de l'antisémitisme, c'est terriblement oppressant. Ça contraste avec le bonheur montant des deux personnages principaux, qui se rencontrent, s'aiment et se marient, ce qui est ce à quoi beaucoup aspirent à cette époque. Et puis la perte de l'insouciance. "Les nazis sont partout. Il n'y aura bientôt plus aucune liberté d'expression dans ce pays. Nous dansons sur un volcan qui va exploser d'un jour à l'autre." Une page d'histoire passionnante et pourtant insupportable.

L'insouciance de la jeunesse dans une ville de culture, puis la montée de la haine jusqu'aux exactions, des deuils, l'exode, un camps en Suisse, la longue et douloureuse traversée en bateau, les escales, les désillusions, l'installation sur une terre nouvelle de l'autre côté de l'océan, pas là où ils espéraient mais loin de la guerre.
L'exode pour échapper à la furie nazie, assez improbable pour ceux qui ont attendu trop longtemps car la plupart des pays ne délivrent plus de visas et se protègent ainsi de l'afflux massif de juifs d'Europe. Certains voulaient la Palestine, d'autres les États-Unis, pourtant beaucoup n'ont eu ni l'un ni l'autre. Nés autrichiens et juifs, devenus apatrides pour survivre, la question du choix de leur pays, rester ou partir, donc de leur nationalité, se posera après la guerre.

Une belle plume au service d'une page cruelle de l'Histoire dont j'ignorais tout, qui nous raconte l'exode forcé d'une partie des Juifs lors de la prise de pouvoir d'Hitler puis la reconstruction d'une micro société au bout du monde et, contre toute attente, la possibilité d'un certain bonheur malgré tout. On se rend compte que l'autrice a fait un gros travail de documentation pour nous offrir un roman magnifique qui traverse plusieurs décennies de faits historiques. J'ignorais totalement que la République Dominicaine, alors dictature, avait été terre d'asile pour de très nombreux juifs qui y avaient rebâti toute une vie. Je me suis attachée à beaucoup des nombreux personnages de ce récit et bien évidemment je vais poursuivre la saga car il y a trois autres tomes après celui-ci.

 

Citations :

Page 86 : De l’autre côté de la frontière, Hitler avait gagné les élections législatives et son bras droit, Goering, était devenu président du Reichstag. Dans ce contexte, c’était irresponsable de continuer à cultiver l’insouciance sans prêter attention aux multiples signaux qui annonçaient un virage vers l’autoritarisme.

 

Page 112 : Nous cristallisions désormais l’hostilité de nos compatriotes, un rejet presque unanime que rien ne justifiait. À cause de nos racines, ils nous amalgamaient en une masse qui gommait nos individualités et anéantissait nos existences.

 

Page 117 : Je regardais les fascistes avec consternation. Ce n’étaient que des hommes ordinaires, englués dans leur conformisme petit-bourgeois, des loups qui braillaient avec la meute. L’autosuffisance et la bêtise leur tenaient lieu de détermination.

 

Page 158 : Hitler s’était invité au cœur de Vienne en état de siège : de gigantesques panneaux affichaient son visage tristement célèbre, bouche tombante, lèvres minces, coiffure asymétrique, moustache ridiculement taillée, yeux froids de poisson mort.

 

Page 192 : Dans la journée du 10 novembre, les violences cessèrent. Almah, qui se sentait toujours protégée par ses cheveux blonds et ses yeux bleus, voulut à toute force pour voir l’état de la ville. Elle affronta Wilhelm qui ne voulait la laisser sortir à aucun prix, et partit en lui abandonnant leur fils. Elle rentra une heure plus tard, dévastée, et s’alita sans un mot. Le centre de Vienne était un théâtre de guerre, empuanti par les odeurs de fumée et par celle, plus insidieuse, de la peur. Les synagogues finissaient de se consumer sous les yeux des badauds. Les trottoirs étaient jonchés du verre des vitrines brisées et de débris des meubles fracassés par leur chute. Les rumeurs allaient bon train. Il y avait eu des arrestations par milliers. Le bruit courait qu’un groupe de 1500 juifs de Leopoldstadt allait être déporté dans un camp polonais à Nisko. Des familles entières s’étaient suicidées…

 

Page 392 : Je découvrais peu à peu ce que je n’avais pas soupçonné : le travail physique rend heureux. Non seulement cela vide la tête des pensées moroses et obsédantes, mais nos réalisations concrètes étaient immensément gratifiantes.

 

 

 

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Mon avis : Pirate de lumière – Lily Brooks-Dalton

Publié le par Fanfan Do

Traduit de l’américain par Juliane Nivelt

 

Éditions Gallmeister

 

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Quatrième de couverture :

Née pendant le pire ouragan que la Floride ait connu, Wanda en porte le nom et les stigmates. Dans cet avenir proche, la hausse du niveau des océans, les canicules, mais surtout des tempêtes dantesques rendent une grande partie du monde inhabitable. Le père de Wanda, Kirby, un "lignard" qui répare les lignes électriques constamment endommagées, refuse d’émigrer vers le nord. Alors, au fil des années, Wanda grandit en s’adaptant au remodelage de son environnement. Sa voisine Phyllis, une scientifique, lui apprend à survivre et à déceler les prémices de ce que leur réserve l’avenir. Mais partout autour d’eux, la civilisation se replie vers des territoires moins exposés et ceux qui s’obstinent à rester sont confrontés à la sauvagerie de la Nature comme à celle de leurs semblables.

 

 

Mon avis :
Les tempêtes se succèdent, de plus en plus violentes, et Frida a peur. Elle est enceinte et elle a peur. Avant elle était courageuse mais maintenant elle est enceinte et se sent vulnérable. Car un ouragan approche, un monstre, un après tant d'autres. Dans ce futur proche, le dérèglement climatique n'est plus une épée de Damoclès mais une réalité, devenue très dangereuse.

Dix ans plus tard la Floride a les pieds dans l'eau et Wanda a dix ans. Née le jour du terrible ouragan dont elle porte le nom, elle vit avec Kirby son père et Lucas son frère dans cet endroit sans eau ni électricité, d'où ils se sentent incapables de partir. Tout les retient à 
Rudder et dans leur petite maison. le monde est en train de mourir. Des canicules extrêmes, des feux de forêt monstrueux, des marées redoutables. le monde peu à peu immergé. Kirby et Lucas sont lignards. Ils raccordent les lignes électriques et réparent sans cesse celles arrachées par les tempêtes successives. Leur métier, c'est un peu l'histoire de Sisyphe et son rocher. Car tout est toujours à recommencer.

Pendant ce temps, Wanda grandit, solitaire, car elle n'a pas d'amis de son âge. Il semble qu'à cause de son nom et le jour de sa naissance elle soit une sorte de bouc émissaire. Elle est curieuse de tout et sa seule amie est Phyllis, prof à la retraite, passionnante car scientifique. Lucas, son frère, passe sa vie à essayer de se pardonner et expier la terrible faute commise dans son enfance.

Ce roman parle de ce que les hommes font au climat, ont fait, et continue de faire. La maison brûle mais on regarde toujours ailleurs. "En ce qui concernait Phyllis, l'humanité était un désastre écologique. Une erreur dans un cycle le de vie et de mort magnifique par ailleurs. L'évolution pouvait faire tellement mieux." Et parallèlement à cela, il y a énormément de descriptions de la nature qui font rêver.

Les événement passés se précisent au fil des chapitres. C'est distillé tout doucement et c'est ce qui renforce l'intérêt. On découvre peu à peu les douleurs de chacun et de ce fait on comprend leurs comportements.

C'est beau, comme un requiem, avec une lueur à l'horizon. Mais que c'est difficile de parler de ce roman qui m'a pourtant emportée comme un ouragan ! Il y est question de deuils, nombreux, y compris de celui de la Terre telle qu'on la connaît depuis toujours mais aussi du climat devenu chaotique et des nombreux proches qu'on perd dans des circonstances terribles. Mais il est question aussi d'amour et de courage, d'attachement à ses racines. Et puis la nature est omniprésente, redevenue sauvage et terrifiante, mais moins que les humains.

Ce que je pourrais dire de mieux pour résumer ce roman, c'est une pensée de Phyllis : "Si l'humanité souhaitait avoir un avenir, si elle le méritait, celui-ci dépendrait d'une génération bâtie comme Wanda." Car Wanda est fille de la tempête, forte et courageuse, qui ignore s'il y aura un futur mais se bat jour après jour pour sa survie. Un personnage absolument magnifique.

 

Citations :

Page 77 : Elles n’étaient pas assez stupides pour se laisser surprendre en mer, toutefois elles ignoraient qu’elles pouvaient être aussi en danger sur la terre.

 

Page 113 : La règle, dans ce foyer, c’est que tout tourne autour de Wanda. Elle est leur soleil. En échange de leur vénération, elle leur insuffle une légèreté dont, sans elle, ils auraient oublié l’existence.

 

Page 170 : Au lycée, à l’époque où les autres élèves préparaient leurs dossiers, la perspective d’aller à l’université lui semblait ridicule. Les diplômes étaient destinés aux personnes avec trop de temps et d’argent. Un rite de passage réservé à une catégorie à laquelle il n’appartenait pas. Mais plus il s’attarde à Rudder, plus il comprend que ce sont les diplômés, ceux qui travaillent à la mairie, qui se présentent aux élections municipales, qui valident les plans et qui décident de la répartition des budgets, qui sont en train d’assassiner sa ville. Entre autres. Des comtés entiers. Des métropoles. Des États. Des pays.

 

Page 185 : Les humains ont généré beaucoup de chaos, heureusement la nature est pleine de ressources. Elle meurt et renaît sous une forme nouvelle.

 

Page 243 : Ses travaux nocturnes achevés, quelques heures d’obscurité subsistent avant que le soleil s’élève au dessus des palétuviers et que les créatures vivantes soient obligées, soit de se cacher, soit de griller sous les rayons.

 

Page 256 : Les gros titres se succédaient, soulignant l’absurdité, la pauvreté, l’addiction, les maladies mentales, la violence gratuite. En l’espace d’un an, affirmaient-ils, la Floride serait retournée à l’état sauvage. Retournée, comme si l’État était une créature que le pays avait tenté de domestiquer, en vain.

 

Page 285 : En ce qui concernait Phyllis, l’humanité était un désastre écologique. Une erreur dans un cycle de vie et de morts magnifique par ailleurs. L’évolution pouvait faire tellement mieux. Un jour, elle y parviendrait.

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Mon avis : Viser la Lune – John Scalzi

Publié le par Fanfan Do

Traduit de l’anglais par Mikael Cabon

 

Éditions L’Atalante

 

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Quatrième de couverture :

"Qu'en est-il des rumeurs circulant depuis la semaine dernière selon lesquelles les morceaux de roche lunaire rapportés par les astronautes du programme Apollo se seraient eux aussi transformés en fromage ? Pourrait-on sacrifier un de ces trésors (pour la science ! ) à des fins d'expériences culinaires ? "


La Lune, du jour au lendemain, est métamorphosée. Là où basalte et anorthosite régnaient en maître, les observations attentives sont unanimes : notre satellite s'est transformé en fromage.
Traduit de l'anglais par Mikael Cabon.

 

"Il s'agit d'un de ces livres qui ne devraient absolument pas fonctionner. Et pourtant il fonctionne. J'ai éclaté de rire dans une salle d'attente d'aéroport assez fort pour qu'on se retourne vers moi. J'ai aussi pleuré PLUS D'UNE FOIS en lisant un roman sur une LUNE DE FROMAGE. Salaud, John Scalzi. Ce culot". - Mary Robinette Kowal

 

 

Mon avis :
Deuxième roman de 
John Scalzi que je lis. J'avais besoin de bien-être, de réconfort et de rire, à cause de ce monde qui devient fou. Et il se trouve que Scalzi écrit de la SF, mais avec de l'humour, bien déjanté et très drôle. Donc, ici, des scientifiques américains ainsi que nombre d'astronomes amateurs constate que quelque chose ne va pas avec la Lune, trop lumineuse et pas assez grise. C'est que, il faut se rendre à l'évidence, elle s'est transformée en fromage.

C'est très embêtant car une nouvelle exploration de la Lune devait avoir lieu bientôt, et le président des États-Unis, comptait en faire partie et ça risque de fortement le contrarier. Sauf que là, c'est impossible, car trop dangereux de se poser sur un fromage.
Et la question essentielle est POURQUOI ? Pourquoi la Lune s'est-elle transformée en fromage ? Et que va-t-elle devenir ? Quelles vont être les conséquences ? Et au fait, est-ce vraiment du fromage ? La Nasa préfère parler de matière organique.

Au fil des chapitres on a affaire à de très nombreux personnages dont les préoccupations quant à la Lune sont diverses et variées. Ça va des scientifiques aux individus lambda, en passant par le chef de cabinet de la Maison Blanche qui prévient qu'il faut être concis car le président a un vocabulaire assez limité, des journalistes, des enseignants, des astronomes et même des cuisiniers de renom, des fromagers, un YouTubeur complotiste, des banquiers... Mais aussi des milliardaires très caractériel, capricieux et puérils. Des milliardaires quoi ! Sûrement un peu Musk et un peu Bezos pour l'inspiration, en tout cas il y a bel et bien quelques allumés qui gravitent autour du pouvoir aux USA... autour du dingo en chef ! Luke Rose qui veut goûter le fromage lunaire, quel qu'en soit le prix ou encore Jody Bannon qui veut absolument partir dans l'espace, comme un gros caprice d'enfant gâté.

Ce roman qui a l'air de partir dans toutes les directions, tout comme ses multiples personnages, m'est apparu en réalité comme une satire de l'Amérique qui est souvent outrancière et inconséquente, et l'occasion d'assener quelques vérités à ces vieux milliardaires grotesques qui détruisent la planète sans vergogne, par pur égocentrisme. Et au passage l'auteur égratigne l'hypocrisie des versions officielles en tous genres. Quand par exemple on en vient à faire passer un boulet pour un héros... et ainsi manipuler l'opinion publique.

J'ai trouvé l'intérêt des différents chapitres assez inégal mais sans doute est-ce personnel. En gros, un chapitre, un sujet, mais toujours autour de la Lune qui s'est transformée en matière organique. le nombre de chapitre correspond à un mois lunaire.

Sous son air de grosse blague, ce roman pose des questions intéressantes quant à une possible fin du monde et les comportements que ça pourrait induire, superbes ou pathétiques. J'ai beaucoup aimé, même si je n'ai pas ri, ou si peu, contrairement à ce j'attendais.

 

Citations :

Page 28 : J’ai rendez-vous avec le président dans précisément trente minutes. Puisque, comme nous le savons tous, il ne prend jamais la peine de lire les mémos quotidiens des services de renseignement, c’est à moi qu’il appartiendra de le rencarder sur ce qui se passe. Alors expliquez-moi tout. Avec des mots pas compliqués pour que je lui en trouve d’encore plus faciles à comprendre ensuite.

 

Page 56 : Imagine que tu aies passé des décennies à t’entraîner pour marcher sur la Lune et voilà qu’un beau jour ton site d’alunissage n’est plus qu’un bout de Gouda. Les astronautes sont les gens les plus dépités du monde en ce moment.

 

Page 160 : Je ne vois simplement pas quel serait l’intérêt pour les États-Unis d’avouer s’être fait rouler dans la farine par un milliardaire doté de plus de privilèges que de cervelle.

 

Page 351 : — Il y au moins un truc chez toi qui n’a pas changé, Ian. Plus tu t’enfonces, plus tu creuses.

Ian éclata de rire.

C’est vrai ! Pardonne-moi, Jackie. Je n’essaie pas de jouer les connards. Ça me vient naturellement. Tu le sais bien.

 

 

 

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Mon avis : Anna Thalberg – Eduardo Sangarcia

Publié le par Fanfan Do

Traduit de l’espagnol (Mexique) par Marianne Millon

 

Éditions La Peuplade

 

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Quatrième de couverture :

Un après-midi, alors qu'elle attise le feu dans la cheminée de sa chaumière, la jeune Anna Thalberg aux yeux de miel est enlevée par des hommes brutaux et amenée à la prison de Wurtzbourg, où on l'accuse de sorcellerie. Isolée et torturée pendant des jours, elle tient tête au cruel examinateur Melchior Vogel tandis que Klaus, le mari d'Anna, et le père Friedrich, curé de son village, tentent tout ce qui est en leur pouvoir pour lui éviter les flammes du bûcher. Petit à petit, le visage du Diable se révèle être celui du Dieu des hommes, et la sorcière un nouveau Christ.
Par un tour de force stylistique, Eduardo Sangarcía parvient à réunir dans un même souffle les préoccupations de chacun des personnages de ce drame, faisant revivre avec brio la folie meurtrière du procès des sorcières de Wurtzbourg, qui ébranla le sud de l'Allemagne aux XVIe et XVIIe siècles.

 

 

 

Mon avis :
XVIe siècle en Allemagne.

Anna Thalberg, une jeune femme ordinaire, une femme du peuple, une paysanne, une épouse. Ordinaire ? Oui, mais belle et qui met des étincelles dans le regards des hommes. Et qui suscite la jalousie de Gerda, la voisine, qui a vu le regard brillant de son homme quand il la voit. Il n'en faut pas plus pour qu'elle soit dénoncée comme sorcière... D'autant qu'elle est rousse...

Étrange narration qui ne met pratiquement jamais de point. Une phrase, un chapitre. Comme 
Mathieu Belezi dans Attaquer la terre et le soleil. Et ça donne un sentiment d’inéluctabilité, un raz de marée contre lequel on ne peut rien. Et ici, ce tsunami, c'est celui de la haine et de obscurantisme, de ce droit que se sont octroyé certains humains de détruire des vies de façon complètement arbitraire et stupide.

Lorsque Klaus, l'époux d'Anna décide de se rendre à Wurtzbourg implorer sa grâce, il se perd dans la forêt, de nuit. On se rend alors compte à quel point les humains de cette époque étaient ignorants, superstitieux et peureux. L'auteur restitue tellement bien les dangers nocturnes d'alors dans les bois. LE DIABLE ! Qui se cache partout. Sous la forme d'un animal, d'une jeune fille, voire d'un jeune homme. Et même sous sa propre forme !!! En lisant ça, je me suis demandé comment l'être humain avait pu devenir l'espèce dominante sur terre. Les animaux ont peur pour leur vie et réagissent à ce qu'ils voient ou entendent. Les humains ont peur aussi pour leur âme, peur des démons qu'ils voient partout, leur imagination les plonge dans les affres de la terreur. Quant aux religieux, beaucoup de faux croyants dans le clergé, j'en suis convaincue.

Dès les premières lignes ce roman met en exergue la vilenie de tous. Des détenteurs de l'autorité jusqu'aux petites gens, envieux du bien d'autrui, fut-il plus que misérable.

Qu'est-ce que j'ai aimé ce texte, d'une beauté et d'une poésie éblouissante, qui nous parle de la vie et de la mort, de la peur, de la douleur, de la perfidie, de la cruauté, de la sauvagerie, de la barbarie, de l'effroyable condition humaine.

J'ai eu l'impression d'un tour de passe passe étonnant à la lecture de ces phrases interminables, seulement ponctuées de virgules, où l'auteur passe d'un personnage à l'autre, d'un événement à l'autre, avec virtuosité.

Et moi qui ne crois pas en Dieu, j'aimerais penser qu'il existe quelque part une justice divine pour punir tous ces infâmes salopards qui, de tous temps, se servent de son nom pour assouvir leurs plus bas instincts dans lesquels on trouve la cupidité, mais hélas bien pire comme la perversion et le sadisme.

J'ignorais qu'au XVIe siècle en Allemagne la famille devait payer pour les séances de torture, le tribunal et le bûcher ! Ah si l'humanité n'existait pas !.. il ne faudrait sûrement pas l'inventer !

Et alors que les détails des tortures sont extrêmement éprouvants, j'ai presque été plus choquée par ces religieux à l'air bienveillant qui persistent à vouloir lui faire avouer qu'elle est une sorcière. Mais Anna n'avoue pas ce qu'elle n'a pas fait.

Son corps profané et supplicié ira sur le bûcher.

Condamnée par avance parce que rousse mais surtout parce que femme et que Vogel, l'examinateur, celui qui pèse sur la décision finale, pense "que la femme est une cathédrale bâtie sur un cloaque, un palais dont les jardins et les fontaines conduisent à l'enfer même". Il a tant de haine et de mépris en lui, qu'aucune échappatoire ne peut exister.

Une lecture éprouvante servie par un texte flamboyant.

 

Citations :

Page 20 : mais s’il ne se rendait pas à la ville une bonne fois pour toutes, il allait devenir fou chez lui, d’angoisse et de rage, à cause du sort que connaissait sa femme et de la cupidité des voisins qui n’avaient pas même laissé une petite cuillère dans la chaumière

juste la marmite contenant lee dîner brûlé

de vieux vêtements dévorés par les mites

le balai, cassé en deux pour que plus personne ne puisse s’envoler dessus

la souche devant la cheminée sur laquelle Anna était assise à l’arrivée des hommes de l’examinateur

 

Page 39 : un nain, un elfe et un ogre chargés d’estimer si elle était ou non une sorcières

je n’en suis pas une, messieurs, je

crois en un seul Dieu, notre Père

Tout-Puissant

commença-t-elle, mais Vogel l’interrompit en lui rappelant que la femme, comme la chienne, doit se taire

 

Page 52 : il avait en main les instruments nécessaires pour lui briser les os un par un et lacérer chaque centimètre de sa peau, chaque objet présent dans ce lieu expressément conçu pour annihiler la volonté de la sorcière la plus obstinée

 

Page 147 : Je vais te dire : il n’y a pas eu de Création, il n’y a pas de Dieu, le monde a toujours existé.

Cette forêt, la rivière, les étoiles au-dessus de nous ; tout a toujours été là et y restera quand le temps, cette ridicule entéléchie humaine, aura pris fin avec le dernier des hommes, parce que le monde est éternel et que seuls les hommes meurent.

 

Page 148 : Les hommes sont des simulacres qui s’arrogent le droit d’imposer la vérité, de placer sur leur tête ce Dieu absurde qui existe pleinement, puissance absolue, connaissance totale et amour illimité. Comme je te l’ai dit, il n’y a pas de Dieu ou je suis Dieu ; peu importe. Je ne veillerai pas sur toi, tu n’iras pas au paradis. Ce qu’il y a là-haut est comme ce qu’il y a en bas : le bruit et la fureur règnent parmi les sphères célestes. Il n’y a pas de trève, femme ; c’est pour cela que je dors.

 

 

 

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Mon avis : La maison où je suis mort autrefois – Keigo Higashino

Publié le par Fanfan Do

Traduit du japonais par Yutaka Makino

 

Éditions Actes Sud – Babel noir

 

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Quatrième de couverture :

Festival Polar de Cognac 2010 : Prix polar du meilleur roman international
Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette de trois ans qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. Plus étrange encore, les albums de famille ne renferment aucune photo d’elle au berceau, faisant ses premiers pas… Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être. Elle demande à son ancien petit ami de l’y accompagner.
Ils découvrent une construction apparemment abandonnée. L’entrée a été condamnée. Toutes les horloges sont arrêtées à la même heure. Dans une chambre d’enfant, ils trouvent le journal intime d’un petit garçon et comprennent peu à peu que cette inquiétante demeure a été le théâtre d’événements tragiques…
Keigo Higashino compose avec La Maison où je suis mort autrefois un roman étrange et obsédant. D’une écriture froide, sereine et lugubre comme la mort, il explore calmement les lancinantes lacunes de notre mémoire, la matière noire de nos vies, la part de mort déjà en nous.

 

 

Mon avis :
Le narrateur nous parle de Sayaka Kurahashi qui était sa petite amie pendant leurs années lycée et qu'il vient de revoir lors d'une réunion d'anciens élèves. Elle, n'a aucun souvenirs de sa petite enfance. Pire, dans les albums photos de ses parents, il n'y a aucune photo d'elle avant son entrée à l'école primaire. Après la mort de son père, elle se retrouve en possession d'indices qui pourraient lui permettre de remonter le fil de sa vie : une clé et un plan. Mais elle ne veut pas y aller seule, alors elle fait appel à lui, son ex petit ami, pour aller à la recherche de ses souvenirs. Elle est mariée et mère d'une petite fille mais c'est à lui qu'elle demande de l'aide.

Ce roman nous parle de la mémoire, sujet passionnant. J'ai déjà rencontré des gens qui n'avaient aucun souvenir avant 6 ans, et même une fois 12 ans alors que moi je me rappelle de mon entrée en maternelle et même de l'anniversaire de mes 4 ans où j'ai eu un tambour. La mémoire est quelque chose de très étrange. Il y a les vrais souvenirs et ceux que notre cerveau a retravaillés. Comment savoir lesquels sont les bons ? Et comment faire quand il n'y en a pas ? Oui, ce roman m'a amenée à m'interroger sur moi-même.

Sayaka et son ami découvrent une étrange maison au fond des bois à Nagano et commencent à la visiter pièce par pièce sans savoir ce qu'ils cherchent. Ils tombent sur un journal, celui de Yusuke, un enfant qui vivait là environ 20 ans plus tôt. Ils y découvrent une vie difficile liée à de la violence, cependant que des bribes semblent revenir à Sayaka. Elle connaît cette maison, c'est sûr. En retrouvant ses souvenirs, elle espère comprendre pourquoi elle a des comportements déviants, persuadée que la clé se trouve dans ce passé oublié.

En partant d'un fait sans doute assez répandu, l'absence de souvenirs de la toute petite enfance, l'auteur nous emmène vers un état d'angoisse diffus, avec l'envie de savoir et en même temps la peur de ce qu'on va apprendre. Car plus l'histoire avançait, plus je m'attendais à des révélations choc. D'ailleurs, rien que le titre...
L'ambiance est envoûtante, sombre et étrange. Les révélations le seront tout autant après de nombreuses supputations, fausses routes et déductions. La plongée dans des souvenirs laissés là par les occupants de cette maison depuis longtemps disparus, à travers un journal intime où encore des lettres ainsi qu'un petit coffre fort ou même une chambre introuvable à l'endroit où elle devrait se trouver, les personnages, présents ou passés tels des fantômes, j'ai vraiment tout aimé. À la fin j'ai été cueillie. J'avais émis de tas d'hypothèses, j'ai eu tout faux. Un roman passionnant qui se dévore !

 

Citations :

Page 72 : Mais si ça se trouve, ai-je commencé en tapotant la photo du bout du doigt, vous avez emménagé ici juste avant la rentrée scolaire. C’est logique de planter un arbre quand on arrive dans une nouvelle maison.

 

Page 139 : Elle ne chahutait pas et ne criait pas sans raison comme la plupart des filles. Elle se tenait toujours en retrait, donnant l’impression d’observer pensivement ce qui se passait autour d’elle. Au début j’avais cru qu’elle était timide, mais je m’étais vite rendu compte que ce n’était pas le cas. Ses yeux, lorsqu’elle regardait ses camarades rire bêtement, étaient semblables à ceux d’un scientifique observant des animaux de laboratoire. Un peu comme si elle était spectatrice d’une pièce de théâtre intitulée « La Deuxième Année de lycée ». En fait, elle ne tentait jamais de monter sur scène. Son aspect enfantin était en parfait décalage avec sa personnalité.

 

 

 

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