Mon avis : Le silence des repentis – Kimi Cunningham Grant
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Alice Delarbre
Éditions Buchet Chastel
Mon avis sur Insta c'est ici
Quatrième de couverture :
« Il a enfin trouvé le silence. Mais pas encore la paix. ».
Cooper et sa fille de 8 ans, Finch, vivent coupés du monde dans une cabane au nord des Appalaches depuis la mort de la mère de Finch. La petite fille a grandi au milieu des livres et de la forêt, et respecte les dures règles de la vie sauvage. En grandissant, elle cherche à repousser les limites de leur isolement, à s'aventurer plus loin en forêt et commence à s'interroger sur le monde extérieur. Mais Cooper est hanté par les démons qui l'ont poussé à s'installer dans cette cabane, un passé qui le ronge et qu'il ne peut en aucun cas partager avec sa fille.
Dans le silence de la forêt, leurs seuls compagnons sont un étrange « voisin » du nom de Scotland, dont l'omniprésence bienveillante ressemble curieusement à une menace, et Jake, un vieil ami de Cooper qui leur apporte des vivres à chaque hiver. Sauf que cette année, Jake ne vient pas. Ce refuge qui les abrite depuis des années sera-t-il leur sanctuaire ?
Kimi Cunnigham Grant signe un thriller atmosphérique sur le lien familial, les ombres du passé et la rédemption. Elle décrit avec puissance un lieu hors du monde où le moindre son est annonciateur d'un danger, où la nature est aussi bien refuge que prison.
/image%2F4176010%2F20260101%2Fob_75922d_le-silence-des-repentis.jpg)
Mon avis :
"Nous avons déjà parlé de l'éthique de la forêt. [...] On ne tue pas pour tuer. Mais on abrège les souffrances dès que c'est possible." C'est ce que dit Cooper à sa fille de huit ans, Finch après avoir tué une de leurs poules qui souffrait. Voilà, le décor est planté. Ils vivent coupés du monde, terrés au nord des Appalaches, dans une cabane au milieu de la forêt. Mais pourquoi ? Ils sont ravitaillés une fois par an par Jake, un ami, invalide de guerre. Et si un jour il ne venait plus !? Hélas, ça finit par arriver.
On comprend évidemment tout de suite que Cooper, le narrateur, vit au fond des bois pour se faire oublier du monde. Et que sa version des faits, même s'il ne nous la dit pas, ou plutôt qu'il nous la distille petit à petit, n'est pas celle qui a été racontée.
Ce qui est angoissant tout de suite, c'est l'idée que s'il arrive quoi que ce soit à Cooper, Finch se retrouve seule au monde loin de tout, entourée de danger. Enfin seule... pas tout à fait. Il y a Scotland, le voisin, bizarre, que Finch aime tant et dont Cooper se méfie.
J'ai beaucoup aimé le récit de leur vie dans les bois, ponctué d'incursions dans le passé, militaire de Cooper, mais aussi le retour à la vie civile, qui nous permettent de peu à peu appréhender sa personnalité et son parcours, lui qui était autrefois Kenny, hanté par les choses qu'il a dû faire. Il doit vivre constamment avec ses cauchemars, une vie remplie de remords, et une épée de Damoclès au dessus de la tête. Et il arrive parfois qu'un grain de sable vienne mettre en danger un équilibre précaire...
La plume est vraiment très belle, très poétique, pour nous décrire la nature grandiose et apaisante, loin du tumulte de l'humanité, la passion pour la littérature, mais aussi quand elle nous raconte le chagrin, les drames, le deuil, le syndrome post-traumatique dû aux horreurs de la guerre, l'amitié, et l'amour sous toutes ses formes, de sa défunte âme soeur à sa fille en passant par son ami Jake, ce que parfois les puissants se permettent de faire à ceux qui n'ont presque rien, les écrasant de leur mépris et de leur réussite en leur volant le peu qui compte mais qui est tout. de très beaux personnages. de la noirceur. Mais aussi de la lumière. Des moments d'angoisse intense. Et un final qui m'a totalement cueillie tellement il est inattendu.
J'ai vraiment adoré ce roman de bout en bout !!!
Citations :
Page 67 : Je courais bien, je connaissais le travail manuel, je savais tirer et j’avais de la force. Encore libre de toutes les souffrances et trahisons qui commencent à vous rattraper à peine dix ans plus tard.
Page 192 : Plus tard, j’ai nourri Jake avec, miette par miette, parce qu’il n’était pas mort.
Page 306 : Quel petit miracle de regarder son corps se transformer à mesure que les semaines passaient. Parfois, j’exerçais de légères pressions sur le ventre de Cindy, et le bébé me répondait, comme s’il sentait ma présence, là, dans le vaste monde, comme s’il voulait me le dire.
/image%2F4176010%2F20260101%2Fob_705f00_un-cafe-une-cigarette.jpg)
/image%2F4176010%2F20260101%2Fob_89a8a4_la-deroute.jpg)
/image%2F4176010%2F20251130%2Fob_3b3cd6_la-gloire-pour-tout-le-monde.jpg)
/image%2F4176010%2F20251130%2Fob_e843db_cinq-cartes-brulees.jpg)
/image%2F4176010%2F20251130%2Fob_a7cf6c_le-livre-sans-nom.jpg)
/image%2F4176010%2F20251130%2Fob_d35ce3_une-revolution-en-sept-recettes.jpg)
/image%2F4176010%2F20251130%2Fob_2a2a3a_hong-kong-gang.jpg)
/image%2F4176010%2F20251101%2Fob_92bbe9_virgule-le-chat.jpg)
/image%2F4176010%2F20251101%2Fob_e72a09_ravage.jpg)