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Mon avis : Furie – John Farris

Publié le par Fanfan Do

Traduit de l’américain par Gilles Goullet

 

Éditions Gallmeister - Totem

 

Mon avis sur Insta c'est ici

 

Quatrième de couverture :

Gillian Bellaver, 14 ans, grandit dans l’une des plus riches familles au monde. Robin Sandza est le fils d’un tueur professionnel à la solde du gouvernement.
Ces adolescents semblent n’avoir rien en commun. D’ailleurs, ils ne se connaissent m
ême pas. Pourtant, tous deux partagent d’effrayants dons psychiques, capables de mettre en danger l’humanité tout entière. Alors que les membres d’une organisation gouvernementale se lancent sur la piste de Gillian et Robin pour découvrir l’origine de leurs mystérieux pouvoirs, Peter Sandza doit utiliser tous ses talents pour protéger son fils. Et la furie n’épargnera personne.


 

 

Mon avis :
Le début du roman nous énumère une liste d'adolescents longue comme le bras, tous plus névrosés les uns que les autres. La grande question est : sont-ils stressés par la vie à New-York ou par la société moderne ? Ou par le fait qu'ils sont des gosses d'hyper riches ? Plus assez de repères, aucun rites de passage à quelque âge que ce soit, et les voilà tous complètement flippés.

Énormément de personnages défilent et on se doute que tôt ou tard ils vont tous avoir des liens, voire des interactions. Il faut juste rester concentré pour ne pas perdre le fil.
Un Nouveau Peuple est en train d'apparaître partout sur Terre. J'adore l'idée que quand nous rêvons ce ne sont pas des rêves mais autre chose et que nous l'ignorons.
Incubes, succubes, démons de l'éther, dimensions parallèles, télépathie, télékinésie, don de prescience et réincarnation, tout ce que j'aime, tout ce que j'ai aimé lire pendant longtemps. Je me suis laissé emporter dans l'histoire avec nostalgie, bonheur et fascination.

Robin et Gillian, tous deux âgés de quatorze ans, ont des pouvoirs. Robin le sait, Gillian l'ignore. Robin connaît Gillian, mais Gillian ignore qu'elle connaît Robin. Évidemment ils vont devenir des proies, mais ceux qui veulent leur mettre la main dessus savent-ils à quoi ils ont réellement affaire ? Les risques qu'ils encourent ?

Ce roman m'a tout de suite rappelé ceux que je lisais à l'adolescence, et pour cause, ça se passe dans les années 70. D'ailleurs il m'a fait penser aux vieux 
Stephen King ou Dean Koontz et d'autres dont j'ai oublié les noms. Est-ce un moment de nostalgie ? En tout cas j'ai aimé bien que la chronologie m'ait laissée un peu perplexe au début... l'histoire commence en 1976, puis au chapitre 5 on est en 1972 et au chapitre 12 en 1975 alors qu'entre les deux j'avais cru revenir en 1976. Cela dit, ça ne m'a pas plus dérangée que ça car j'ai vraiment aimé cette histoire dont le rythme et l'intérêt ne faiblissent jamais. J'ai aimé l'aspect paranormal, les complots et le côté espionnage avec des grands méchants d'organisations secrètes toutes puissantes et tentaculaires, prêtes à tout pour mettre la main sur des êtres d'exception. le petit côté vintage de l'histoire m'a beaucoup plu !
Il y a deux autres tomes qui hélas ne semblent pas avoir été publiés chez Gallmeister.

 

Citations :

Page 22 : Avant, il fallait marcher deux cents mètres pour rejoindre le bord de l’eau. Vrai de vrai ! Quand j’étais gamine, la plage resplendissait, et maintenant elle est toute salopée par le goudron des pétroliers. Et quand les océans auront disparus, elle va devenir quoi, l’humanité ?

 

 

 

 

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Mon avis : Les chiens – Allan Stratton

Publié le par Fanfan Do

Traduit de l’américain par Jacqueline Odin

 

Éditions Milan

 

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Quatrième de couverture :

Cameron devait être à l’abri pour de bon, dans cette vieille ferme paumée au milieu de nulle part. Son père ne les dénicherait jamais dans un coin pareil, avait dit sa mère, N’empêche, dès le premier jour, Cameron sent bien que quelqu’un est déjà là. Invisible, mais il le sent. Il l’entend même. Quels secrets va-t-il découvrir dans cette baraque ?


 

 

Mon avis :
Cameron, adolescent qui a un père dangereux voire psychopathe, passe son temps à fuir avec sa mère le danger que cet homme représente dès qu'il se rapproche. C'est ainsi qu'ils vont aller vivre dans un coin perdu, dans une ferme un peu délabrée, et surtout inquiétante. Pour Cameron c'est surtout l'angoisse des changements de collèges qui le taraude avec, au mieux la solitude, au pire le harcèlement. Dans son nouveau collège, Cody et sa bande de suiveurs minables aboient sur son passage.

Tout inquiète Cameron dans ce nouvel environnement, que ce soit Sinclair le sinistre propriétaire ou les ombres qu'il croit distinguer dehors la nuit, jusqu'à ce petit garçon à bonnet de 
Davy Crockett qui semble roder dans la grange, ou encore la trappe du grenier condamnée au plafond d'une des chambres. Avec toujours l'angoisse du père qui pourrait les retrouver.

Étrangement, des bribes du passé semblent errer dans le présent, tel cet étrange petit garçon ou encore ce qui certains soirs ressemble à des aboiements dans le lointain. Cameron décide d'en apprendre plus sur cette maison dans laquelle il se sent constamment observé mais va aussi tenter d'éclaircir la mort étrange autant qu'horrible de l'ancien propriétaire de nombreuses années auparavant, après le soi-disant départ de sa femme et de son fils que personne n'a jamais revus.

On oscille entre paranormal et folie dans cette histoire en se demandant où est la vérité, où est la raison. C'est passionnant, le suspense est distillé savamment, les moments d'angoisse au rendez-vous, c'est une histoire qui se dévore avec une fin ébouriffante. J'ai énormément aimé ce roman jeunesse ! Comme quoi, il ne faut pas s'arrêter à ça. Nombre de romans estampillés jeunesse sont passionnants quel que soit l'âge qu'on a.

 

Citations :

Page 48 : Je commence mes devoirs. Mais je ne tarde pas à lever le nez pour regarder les étoiles et tâcher d’oublier ma vie. Je me demande qui d’autre contemple la lune en ce moment. Est-ce que des gens se posent la même question ?

 

Page 127 : Je n’ai aucune idée des visages ou des voix de mes arrière-grands-parents, ou de mes ancêtres avant eux, dans des temps anciens. C’est étrange de penser qu’ils étaient comme moi, qu’ils plaisantaient avec des amis, qu’ils fulminaient contre leurs parents, qu’ils ressentaient du courage, de la peur, une foule d’émotions. Mais ils ont disparu maintenant, tous les gens et toutes les choses qui comptaient pour eux ont disparu aussi, et personne ne le sait ni ne s’en préoccupe.

 

 

 

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Mon avis : Dernier bateau pour l’Amérique – Karine Lambert

Publié le par Fanfan Do

Éditions La Belle Étoile

 

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Quatrième de couverture :

« On a bien failli le rater, ce bateau de la dernière chance. On nous a prévenues à 6 heures du matin que le Serpa Pinto avait enfin accosté au vieux port. Nous avons rassemblé nos affaires à la hâte et nous sommes parties avec les valises et les paquets à travers les rues sinueuses de Marseille, soufflant, trébuchant, courant comme des poules sans tête. Les passants nous regardaient ébahis. Moi je craignais qu’on se trompe de direction. J’ai découvert le navire en deux temps. D’abord l’odeur de la fumée. Puis en arrivant sur le quai, l’immense coque noire et les trois cheminées rouges alignées. Il était sur le point de larguer les amarres. Valia a crié : « Attendez-nous ! »

Anvers, 10 mai 1940. Pianiste prodige, Germaine Schamisso s’apprête à fêter ses dix ans au moment où les Allemands envahissent la Belgique. Benjamine d’une famille d’émigrés juifs russes, elle fuit avec les siens.

Bruxelles, aujourd’hui. Karine Lambert apprend la mort de Germaine, sa mère, qu’elle n’a pas vue depuis vingt ans. Surgit alors chez la romancière le désir de comprendre qui était cette femme qui ne lui a jamais dit qu’elle l’aimait. Ni avec ses mains, ni avec ses yeux, ni avec ses mots. Encore moins avec ses baisers. Au fil des mois, son enquête la conduit d'Odessa à Anvers, de Marseille à Ellis Island, de New York à Bruxelles. Elle découvre le tumultueux destin de ses ancêtres, leurs déchirures, leurs secrets enfouis. La vie que sa mère ne lui a pas racontée, elle décide de l’imaginer.

Dans une narration virtuose entre les lieux et les époques,
Karine Lambert livre son roman le plus personnel.


 

 

Mon avis :
L'autrice commence l'histoire par la mort de sa mère, Germaine, qu'elle n'avait pas vue depuis vingt ans, nous dit qu'elle n'ira pas à son enterrement car cette femme ne l'a jamais aimée, câlinée, embrassée, encore moins dit "je t'aime". Pourtant, il semble que la mort d'une mère, aimante ou pas, amène des questions existentielles. Et donc une quête. La quête de sa famille, de ses origines, de son histoire.

10 mai 1930, Germaine voit le jour à Anvers. Elle est la première de la famille à n'être pas née en Russie, ce qui crée des disputes avec sa sœur Lydia qui elle a connu les privations, les persécutions et la fin d'un monde puis l'exil à Anvers. Mais le 10 mai 1940 il faut partir sur les routes, fuir les allemands et c'est de nouveau l'exode pour la famille Schamisso, juifs originaires d'Odessa. Germaine, Georges et Rissia ses parents, Mathilda sa grand-mère, Lydia et Valia ses soeurs. Joseph son frère est parti bien avant en Amérique.

L'angoisse de l'exode est tellement prégnante que je me suis sentie terriblement mal pour ces gens. Tout abandonner, se mêler à une file interminable de gens qui fuient les allemands, dormir dans des lits de fortune au coeur de maisons désertées, la peur permanente de l'inconnu, n'avoir gardé que l'essentiel et se sentir au milieu de nulle part après avoir dû abandonner son quotidien, tout ce qui faisait ses repères.

Les chapitres alternent entre passé et présent, entre Germaine petite prodige du piano en exil, et sa fille, autrice de romans qui déterre le passé, se documente et remplit les vides. Car comprendre et savoir peut aider à guérir même quand on ignore qu'on va mal.

C'est absolument passionnant, tellement bien écrit, douloureux et effrayant, car fuir les nazis c'est tenter de fuir le mal absolu. C'est une page d'histoire ténébreuse qui me glace en permanence. Après avoir fui devant l'avancée des allemands et avoir trouvé refuge dans une ferme, c'est l'embarquement à Marseille à bord d'un bateau pour l'Amérique.

Passée l'épreuve d'Ellis Island, l'arrivée sur le sol américain a des parfums d'eldorado, comme le début d'une nouvelle vie où tout devient possible. Pourtant...
C'est une histoire d'arrachements et de recommencements perpétuels. C'est déchirant. J'ai été émue et révoltée, mais aussi agacée parfois par le poids des traditions qui ne respectaient pas les aspirations des enfants.

Ce roman raconte tellement de choses !!! Il est tellement plein de tout ! Toute une vie de toute une famille, maltraitée par l'histoire. Et puis c'est pour l'autrice une façon de tenter de comprendre sa mère mais aussi de se comprendre elle-même.
J'ai adoré la dualité entre les chapitres, ceux autobiographiques où 
Karine Lambert parle de sa vie un peu comme on rédige son journal, et ceux concernant sa famille, écrits comme un roman, car il faut bien imaginer les détails de ce qu'on ne sait pas précisément, ce qu'ils se sont dit, ce qu'ils ont éprouvé, pensé. Il y a derrière cette reconstitution de la vie de la famille Schamisso une incroyable quantité de recherches, que ce soit généalogiques, ou aux archives ainsi que le visionnage de nombreux documentaires.
Cette histoire nous parle de l'errance forcée de la famille Schamisso et de la transformation profonde qui en a résulté, et au fond de nombre de familles juives pendant la deuxième guerre qui n'ont plus jamais été les mêmes. C'est comme une piqûre de rappel de l'Histoire. On ne devrait jamais pouvoir oublier ce qui s'est passé. On se rend compte à travers ce récit à quel point, même ceux qui ont échappé à la Shoah, ont été marqués à vie, traumatisés par le nazisme.

Une histoire où l'émotion affleure souvent et qui nous montre le chemin de la réconciliation, avec soi-même mais pas que.

 

Citations :

Page 12 : C’est difficile de dire « ma mère est morte et je n’assisterai pas à son enterrement ». Les non-initiés aurait vite fait de penser que je suis indifférente. Il m’aurait été insupportable d’entendre « bien sûr que tu dois y aller » ou «  si tu n’y vas pas, tu vas le regretter ».

 

Page 34 : Germaine a l’impression que toute la Belgique est sur la route. Un défilé interminable de voitures d’enfants, de charrettes à bras, de bicyclettes. Des grands-parents transportés dans des brouettes, des automobiles coiffées de matelas et bourrées d’objets hétéroclites, de vieux tacots branlants, soufflants, haletants, à peine plus rapides que les lourdes carrioles traînées par des chevaux.

 

Page 37 : Ils suivent les longues files d’exilés qui se dirigent vers le sud. Personne ne sait exactement où l’ennemi les attend. Leur itinéraire obéit à l’instinct de survie plus qu’à un quelconque plan précis. Qu’importe la destination, ils doivent avancer plus vite que les Allemands.

 

Page 109 : Rester à Marseille, c’est dangereux. Elles ont appris que les Allemands se déploient plus largement sur le territoire français. Traverser l’océan parsemé de mines pendant trois semaines, c’est dangereux. Elles n’auront bientôt plus d’argent ni de tickets alimentaires. Le pain s’achète au marché noir et coûte cher. Même s’il est parfois teinté d’inquiétude, le visage de sa mère exprime la détermination. Elles prendront ce bateau coûte que coûte.

Ce matin, l’hôtelier a menacé de les expulser si elles ne payaient pas plusieurs semaines d’avance. La guerre génère ses héros et ses salauds.

 

Page 158 : Qu’est-ce que le féminin ? D’après ma mère, être belle pour plaire à son mari. L’attendre et n’exister que par lui. Sa vision réductrice m’a été présentée comme l’unique réalité.

 

Page 194 : Ses mains tremblent, le journal tombe par terre. Elle pense au dictateur qui a fondé le régime nazi, mobilisé des armées, envahi des pays, persécuté et exterminé les juifs. Il a anéanti des familles, bouleversé la sienne.

 

Page 279 : Enfant, j’ai dévoré des milliers de livres. Un par jour depuis que je déchiffre les mots. Ils m’ont tenu lieu de famille. J’y ai trouvé la constance, l’évasion, un formidable antidépresseur.

 

Page 296 : — « Si votre mari suggère l’accouplement, acceptez avec humilité, tout en gardant à l’esprit que le plaisir d’un homme est plus important que celui d’une femme. Lorsqu’il atteint l’orgasme, un petit gémissement de votre part l’encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu ressentir. »

Je ne l’écoute plus.

Laisse-moi finir.

Avant de poursuivre, Rissia s’assure qu’aucune oreille indiscrète ne traîne.

« Si votre mari suggère une quelconque pratique moins courante, montrez-vous obéissante et résignée, mais marquez votre éventuel manque d’enthousiasme en gardant le silence. Il est probable qu’il s’endormira rapidement. »

 

 

 

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Mon avis : Le Magicien d’Oz – Lyman Frank Baum

Publié le par Fanfan Do

Traduit de l’américain par Didier Sénécal

 

Éditions Pocket

 

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Quatrième de couverture :

Dorothée et son jeune chien Toto sont emportés par un cyclone et transportés dans un pays merveilleux. Seul le grand et puissant magicien d'Oz peut aider la jeune fille à rentrer chez elle, dans le Kansas.
Mais le chemin est long et semé d'embûches : accompagnée d'un épouvantail qui se plaint de ne pas avoir de cerveau, d'un bûcheron en fer-blanc qui dit ne pas avoir de cœur, et d'un lion qui a peur de manquer de courage, Dorothée se rend dans la Cité d'Émeraude...

 


Mon avis :
J'ai vu le film quand j'étais adolescente et je n'avais hélas pas aimé car ça chantait tout le temps et aucun sous-titre pour comprendre les chansons. Cependant j'avais trouvé les images très belles. Et des années plus tard, même rejet de la part de mes enfants. Mais !... quand j'ai trouvé ce court roman dans un vide greniers, je me suis dit que le lire me plairait peut-être.

Ça commence comme les contes de mon enfance. Dorothy vit avec sa tante et son oncle, tous les deux sans joie et gris comme la minuscule maison qu'ils occupent, au milieu des champs gris et sans arbres. Heureusement, elle a Toto, son petit chien facétieux qui la fait beaucoup rire. Mais la maison est emportée par un cyclone, avec Dorothy et Toto à l'intérieur. Ils vont se retrouver dans un pays enchanteur, coloré, magnifique.

Tout est plus beau que chez elle et les gens sont souriants, pourtant Dorothy veut rentrer chez elle au Kansas. Pour cela elle doit trouver 
le Magicien d'Oz à la Cité d'Émeraude, le seul qui peut peut-être l'aider à trouver le chemin du retour.
Dorothy et Toto vont rencontrer des gentilles sorcières mais aussi des méchantes. En suivant la route pavée de jaune elle sauve un Épouvantail sans cervelle, un Bûcheron en Fer-Blanc à qui il manque un coeur, puis vient un Lion Froussard, qui l'accompagneront car chacun a une quête, un désir d'obtenir ce qui lui manque.

Ce quatuor étonnant va traverser des épreuves, des champs de fleurs dangereuses, un pays de porcelaine, des forêts terrifiantes, rencontrer des êtres fantastiques, des singes très spéciaux, et 
le Magicien d'Oz.

C'est beau et plein de poésie, c'est frais, comme la naïveté de l'enfance. J'ai adoré ce voyage au pays d'Oz où la petite fille que j'ai été s'est laissé émerveiller, les neurones de l'imagination en pleine action pour tout visualiser.

 

Citations :

Page 32 : — Je ne comprends pas pourquoi tu veux quitter ce beau pays et retourner dans cette contrée toute sèche et grisâtre que tu appelles le Kansas.

C’est parce que tu n’as pas de cervelle, répliqua la fillette. Même quand notre patrie est morne et grise, nous autres les êtres de chair et de sang nous préférons y vivre plutôt que dans le plus beau des pays étrangers. Rien ne vaut son chez-soi.

 

 

 

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Mon avis : Prime time – Jay Martel

Publié le par Fanfan Do

Traduit de l’américain par Paul Simon Bouffartigue

 

Éditions 10-18

 

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Quatrième de couverture :

Souriez, vous êtes filmés !

 

Scénariste raté et enseignant usé, Perru Bunt rêve d’Amanda. Mais Amanda a un secret : Galaxy Entertainement. Les Terriens sont les stars idiotes de l’émission de téléréalité la plus populaire du cosmos ! Sauf que l’audience est en berne, la production arrête le show, mais en beauté, sur un dernier épisode fou : la fin du monde. Un homme peut encore sauver la planète : Perry Bunt. Cocktail explosif entre SF et humour acide, The Truman Show et Le guide du voyageur galactique de Douglas Adams, voici un roman imprévisible et déjanté : é-p-a-t-a-n-t.

 


Mon avis :
Dès le prologue je me suis marrée ! C'était bon signe.
Ce roman part d'une idée intéressante à mon goût : et si nous, les humains, n'étions pas du tout ce que nous croyons être, c'est à dire des êtres pensants ayant un libre arbitre... mais en réalité une émission de télé-réalité, regardée dans l'univers. Nous nous comportons en maîtres et possesseurs mais des individus plus évolués, vivant sur d'autres planètes, nous regardent et se marrent devant ces êtres (nous) qui vivent dans ce flot ininterrompu de violence et de bêtise.

On est dans de la science fiction bourrée d'humour, qui se paie la tête des terriens, traite des programmes de télé-réalité et de notre propension à l'autodestruction et tout un tas de choses débiles qui font de nous des êtres humains. C'est très bien vu, très drôle, et même carrément jubilatoire. 
Jay Martel a un humour qui fait mouche, des vannes qui m'ont cueillie quand je ne m'y attendais pas et m'ont fait beaucoup rire.

Perry Bunt, obscure petit prof à la fac et scénariste, est persuadé d'avoir un avenir radieux et qu'un jour la roue va tourner. Mais alors qu'il végète dans sa petite vie insipide, voilà qu'il arrive par hasard dans un endroit où il n'aurait jamais dû mettre les pieds et qu'il voit des choses qu'il n'aurait jamais dû voir. Et sans que rien ne l'y ait préparé il va devoir endosser le costard de sauveur de l'humanité. S'ensuivent de nombreuses péripéties désopilantes, car sauver une espèce qui excelle dans le sabordage n'est vraiment pas une sinécure.

Cette histoire et son humour déjanté m'a rappelé une trilogie que j'ai lu à 20 ans, que j'avais adorée, qui aux Éditions Denoël collection Présence du Futur s'appelait le guide du routard galactique. Depuis le mot routard à été remplacé par voyageur dans les rééditions. C'était drôle et loufoque, comme ici sauf que la fin du monde avait eu lieu.

L'idée générale m'a plu aussi parce que, quand j'étais petite, je m'étais demandé si nous étions réels ou bien un film que des tas de gens regardaient. Et puis, sommes-nous seuls dans l'univers ??

Jay Martel se moque de nos travers, de nos sociétés, de nos croyances et de nos envies de quart d'heure de célébrité. Tout le monde en prend pour son grade, tout passe à la moulinette comme l'eugénisme, la religion, le terrorisme, le côté Big Brother qui règne un peu partout. Et alors que ce roman est paru il y a neuf ans, il est d'une actualité folle au regard de tous les conflits qui éclatent un peu partout, des inégalités de plus en plus aberrantes, de la destruction du vivant qui n'a jamais été aussi intense. C'est comme si cette histoire venait juste d'être écrite, basée sur les infos quotidiennes.
L'humour caustique est libérateur. Il fait rire avec des choses d'une infinie tristesse... comme la bêtise, la haine et les lois stupides. Perry Bunt est inénarrable en loser magnifique. J'ai vraiment beaucoup ri !

 

Citations :

Page 15 : Pendant un moment, Perry avait continué à travailler dans le secteur du divertissement. Dans Salut les fiancés !, une émission qui envoyait des couples récemment fiancés sur une île des tropiques, il devait imaginer des moyens de les faire rompre. Écœuré par cette expérience, il démissionna au bout de deux épisodes en se jurant de ne plus jamais travailler pour de la prétendue télé-réalité.

 

Page 30 : Perry rentrait chez lui : un immeuble stuqué, bâti à la hâte, en haut de Ventura Boulevard, et baptisé, avec un humour totalement involontaire, les Jardins de Wellington. Perchés pour quelques temps encore, sur le flanc abrupt d’une colline qui surplombait une faille sismique majeure, ces « Jardins » en décrépitude faisaient partie des nombreux lotissements du coin où habitaient ceux dont la chance avait tourné ou encore trop jeunes pour faire autrement.

 

Page 79 : En fait, elle aimait ces Terricules qui se tuaient littéralement à escalader de hautes montagnes, à plonger au fond des océans ou à marcher sur des fils tendus à des hauteurs impossibles. Et pourquoi faisaient-ils tout ça ? Étaient-ils traqués par des prédateurs ? Y avait-il quelque chose d’indispensable à leur survie au sommet de ces montagnes ou au tréfonds de ces océans ? Non — ils le faisaient sans raison. S’ils accomplissaient tous ces exploits, c’était uniquement parce qu’ils voulaient se prouver qu’ils étaient capables de le faire.

Comment ne pas aimer des gens pareils ?

 

Page 89 : — Au début du programme, les gens voulaient toujours plus de Terre. Ils vous adoraient parce que vous étiez naïfs, stupides et égoïstes, parce que vous vous entretuiez, parce que vous mangiez vos congénères mammifères, parce que vous faisiez la guerre pour des cailloux que vous trouviez dans le sol.

 

Page 256 : C’était toujours aussi désagréable que dans ses souvenirs : cette bizarre sensation d’une bouche contre une bouche, cet inévitable échange de salive, ce problème de souffle, cette soupe primordiale de langues qui dardaient comme des créatures aquatiques unicellulaires s’entrechoquant dans les ténèbres. Elle remarqua néanmoins que c’était tout à fait différent d’être celle qui embrasse et non l’embrassée. C’était tout aussi grotesque, assurément, voire davantage, mais également plus obscène et — elle ne trouvait pas d’autre mot pour décrire la chose — plus fascinant.

 

 

 

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Mon avis : Une journée d’automne – Wallace Stegner

Publié le par Fanfan Do

Traduit de l’américain par Françoise Torchiana

 

Éditions Gallmeister - Totem

 

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Quatrième de couverture :

Suspendue au bras de son mari Alec, Margaret guette avec impatience l’arrivée du train de sa sœur Elspeth, venue d’Écosse pour vivre avec eux dans l’Iowa. Vive et malicieuse, s’émerveillant d’un rien, Elspeth respire la joie de vivre et ne tarde pas à illuminer leur vie de riches fermiers bien installés. Mais alors que l’automne s’annonce, un triangle amoureux se forme peu à peu entre Alec et les deux sœurs. Lorsque survient l’irréparable, celui-ci ne tarde pas à se transformer en piège dramatique. Il faudra alors sauver ce qui peut l’être...
Dans ce court roman demeuré inédit en France, Wallace Stegner révèle avec la virtuosité qu’on lui connaît les drames qui se jouent derrière les apparences d’une existence paisible.

 

 

Mon avis :
Il est ici question d'amour, plusieurs déclinaisons de l'amour : l'amour conjugal, l'amour sororal, le besoin d'amour, et la pudeur des sentiments. Quand le roman commence, Alec Stuart et Margaret son épouse attendent un train qui doit amener Elspeth, la petite sœur de Margaret. Cette dernière est en ébullition, tellement heureuse de retrouver sa sœur qui arrive d'Écosse pour venir vivre avec eux. Margaret est "encore fort jolie à vingt-neuf ans", oui, oui ! "Elle était grande, un peu moins que lui toutefois, fine, et n'avait rien perdu de l'éclat de sa jeunesse." Ça situe tout de suite une époque antérieure et la dureté de la vie.

Margaret et Alec sont de la bonne société rurale, celle qui doit tenir son rang, qui se soucie du qu'en-dira-t-on. Elspeth ne doit pas discuter avec des hommes mariés car ça ne se fait pas. Elle n'en croise pas de son âge ce qui ennuie Margaret qui aimerait lui trouver un beau parti. On sent que tout doucement Alec, si drôle et aimable, pourrait faire chavirer le petit cœur esseulé d'Elspeth.
Alec si facétieux, Margaret austère et pieuse si soucieuse des convenances, et Elspeth joyeuse et lumineuse, rayon de soleil dans cette vie sérieuse.

C'est une histoire belle et triste à la fois. Belle comme l'amour naissant qui fait chanter le coeur, triste comme la trahison envers quelqu'un qu'on aime. Et c'est tellement bien raconté, tellement bien décrit qu'on ne se sent pas la force d'avoir un avis, d'émettre un jugement. 
Wallace Stegner décortique à merveille les sentiments terribles des deux sœurs, antagonistes et pourtant aussi puissants, chacune dans sa position inextricable. Il nous convie à la lente déliquescence de ce noyau familial, le couple à la dérive et l'amour sororal en plein naufrage, le tout avivé par le poison des non-dits. Tout est empreint d'une infinie tristesse. Et pourtant c'est absolument sublime.

J'aime l'écriture de 
Wallace Stegner, les descriptions qu'il fait des lieux, de la nature, de la faune, des saisons, des rapports humains, des ambiances et des sentiments. C'est tellement immersif et tellement juste. Il sait si bien raconter les rêves et les douleurs qui collent à la peau dans cette difficile traversée de la vie.
Un court roman, 148 pages, mais qui dit tellement !

 

Citations :

Page 18 : — Mais pourquoi bois-tu donc, Alec ?

Dans la voix à présent plaintive de Margaret bruissait l’écho de nombreuses scènes similaires.

Pourquoi je ne bois pas, tu veux dire, corrigea-t-il, soudain sombre. À force de m’empêcher de me soûler de temps en temps, tu finiras bien par faire de moi une ivrogne.

 

Page 32 : Sur le chemin du retour, Elspeth garda le silence. Elle contemplait cet immense et pesant Norvégien, sa figure empreinte de gravité, ses yeux mélancoliques. Comment un tel Viking, une pareille force de la nature, pouvait-il renoncer à ce pays de cocagne et retourner vivre sur quelque côte rocheuse et désolée ? Était-ce typique ? Elle aussi, voudrait-elle rentrer un jour ?

 

Page 44 : Ils rirent tous deux, et Elspeth tourna le buste pour regarder le visage souriant et brûlé d’Alec, encadré de cheveux roux et bouclés, humides de sueur ; remarquant à peine consciemment son torse et ses épaules gonflés sous la chemise bleue trempée de transpiration, elle se dit qu’il était aussi beau et fort qu’amusant.

 

Page 103 : Elle attendait Alec, avec une sorte de besoin de savoir qu’il avait recommencé à boire, un désir irrépressible de le découvrir coupable de nouveaux forfaits envers elle et envers Dieu.

 

 

 

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Mon avis : Rebecca – Daphne du Maurier

Publié le par Fanfan Do

Traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff

 

Éditions Le Livre de Poche

 

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Quatrième de couverture :

Un manoir majestueux : Manderley. Un an après sa mort, le charme noir de l’ancienne propriétaire, Rebecca de Winter, hante encore le domaine et ses habitants. La nouvelle épouse, jeune et timide, de Maxim de Winter pourra-t-elle échapper à cette ombre, à son souvenir ?
Immortalisé au cinéma par Hitchcock en 1940, le chef-d’œuvre de Daphné du Maurier a fasciné plus de trente millions de lecteurs à travers le monde. Il fait aujourd’hui l’objet d’une traduction inédite qui a su restituer toute la puissance d'évocation du texte originel et en révéler la noirceur.

 

 

Mon avis :
J'ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley. Qui ne connais pas cette phrase, même sans avoir lu ce roman de Daphne du Maurier ?

La narratrice, dont on ignore le nom, est la deuxième épouse de Maximilian de Winter, veuf de Rebecca. Elle nous emmène dans ses souvenirs lorsqu'elle était jeune, demoiselle de compagnie de Mme Van Hopper, vieille peau de vache snobe et cancanière, et qu'elle rencontra son futur époux. Rapidement je me suis laissé emporter dans cette histoire où cette jeune biche met les pieds dans quelque chose qui la dépasse. Petit détail qui m'a laissée dubitative, peut-être normal pour l'époque... un homme fait sa demande en mariage et parle aussitôt après de la marque de ses laxatifs 😳. Ah bon ?

Il y a néanmoins quelque chose de mystérieux chez Maxim de Winter, il est très secret. Oui, en fait c'est un homme quoi... Et de fait, jusque assez loin dans le récit on ne sait pas que penser de lui. Loyal ? Ou pas ?

Il y a quelque chose de sublime, quand il est question du moment présent, cet instant fugace de plénitude qui ne laissera pas de trace à tout le monde. Pas dans la mémoire de ceux qui ne craignent pas l'avenir. J'adore ces instants d'éternité.

À Manderley, Rebecca la défunte épouse de Maxim semble bénéficier d'une aura particulière, faite de vénération, d'admiration, mais aussi de mystère. On vante ses mérites constamment sans aucun tact pour la nouvelle épouse qui se sent comparée continuellement, à son grand désarroi. Elle est si jeune, se sent tellement insipide à côté de ce que semble avoir été Rebecca, dont la mort reste étrangement un sujet tabou.

J'ai trouvé l'histoire cruelle, des gens bêtes et superficiels, parfois méchants telle Mme Danvers, la mégère en chef de Manderley, celle qui se charge de tout. L'ombre de Rebecca plane partout, tout le temps. Rebecca l'infernale rivale. L'atmosphère est tellement glaçante par moments.

Ce roman, c'est tout une ambiance, continuellement pesante car, à qui la nouvelle épouse peut-elle faire confiance ? Elle qui se sent toute petite et insipide, si seule, mais surtout elle craint d'être jugée en permanence dans cette immense demeure au personnel nombreux où plane l'ombre de la défunte, cette femme si belle, si aimable, si parfaite...

Les cent premières pages m'ont paru longues, mais passé ce cap j'ai été totalement emportée dans ce récit. C'est l'histoire d'un amour éperdu, absolu, qui parfois confine au désespoir, où rien n'est vraiment clair, où le doute est omniprésent, où la nouvelle épouse ne semble pas avoir sa place. L'intrigue s'écoule lentement et immerge le lecteur dans ce monde de nantis un peu suranné avec ses codes et ses règles, sa vanité et la haute idée qu'ils se font d'eux-mêmes. Les caractères des personnages servent un suspense qui monte lentement jusqu'au dénouement assez inattendu.

Manderley, ce manoir, imposante bâtisse, massive et parfois inquiétante mais majestueuse, est un personnage à part entière dans cette atmosphère étouffante.

C'est un roman sépulcral et incandescent.

J'ai adoré !

 

 

Citations :

Page 37 : Je sentais que ma présence juvénile mettait un frein à leur conversation, un peu comme celle d’une soubrette pendant le repas : ils ne pouvaient pas barboter aussi librement dans la mare aux scandales et aux insinuations. Les hommes adoptaient une sorte de jovialité forcée pour me poser des questions facétieuses sur l’histoire ou sur la peinture, présumant que je venais tout juste de quitter l’école et devais être incapable d’aborder d’autres sujets.

 

Page 63 : Heureusement qu’elle ne peut survenir deux fois cette fièvre du premier amour. Car c’est bien une fièvre, et aussi un fardeau, quoi qu’en disent les poètes.

 

Page 138 : J’étais très impressionnée, je me souviens ; impressionnée et un rien épouvantée par la magnificence dudit petit déjeuner. Il y avait du thé, dans une grande fontaine à thé en argent, et aussi du café, et puis, sur le réchaud, bien brûlants, des plats d’œufs brouillés,de bacon, et un autre de poisson. Il y avait également des œufs à la coque, dans leur cuiseur spécial, et du porridge, dans une jatte en argent. Sur une autre desserte, il y avait un jambon et de la charcuterie. Il y avait aussi des scones, sur la table, et des toasts, et divers pots de confiture, marmelade ou miel, tandis que des compotiers, débordants de fruits, trônaient à chaque extrémité. Il me semblait étrange que Maxim, qui, en Italie et en France, se contentait d’un croissant et d’un fruit avec une tasse de café, s’attable chez lui, sûrement jour après jour, année après année, devant ce petit déjeuner, assez copieux pour douze personnes, sans voir dans cet excès aucun ridicule, ni aucun gaspillage.

 

Page 308 : Son mari était mort depuis quarante ans, son fils depuis quinze. Elle était obligée d’habiter ici dans cette pimpante maison aux pignons rouges avec son infirmière jusqu’à ce qu’arrive pour elle l’heure de mourir. Je me dis que nous ne savions pas grand-chose de ce que ressentent les personnes âgées. Les enfants, nous les comprenons, nous comprenons leurs peurs, leurs espoirs et leurs chimères. Hier encore, j’étais une enfant. Je n’avais pas oublié. Mais la grand-mère de Maxim, emmitouflée dans son châle avec ses pauvres yeux aveugles, qu’éprouvait-elle, quelles étaient ses pensées ? Se doutait-elle que nous étions là parce que, selon nous, il le fallait, c’était notre devoir, afin qu’en rentrant chez elle ensuite Beatrice puisse dire : « Ouf, voilà ma conscience apaisée pour trois mois. »

 

 

 

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Mon avis : Ce qui vient après – JoAnne Tompkins

Publié le par Fanfan Do

Traduit de l’américain par Sophie Aslanides

 

Éditions Gallmeister

 

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Quatrième de couverture :

Dans l’État brumeux de Washington, Isaac traverse seul le deuil de son fils adolescent, Daniel, assassiné par son meilleur ami Jonah. Ce dernier se suicide et le monde de sa mère Lorrie s’effondre à son tour. Il n’y a aucune explication à ce drame. Isaac et Lorrie, autrefois amis, s’évitent telles des ombres séparées par leurs pertes incommensurables. Jusqu’à l’apparition soudaine d’une sans-abri de seize ans, enceinte. Recueillie par Isaac, accompagnée par Lorrie, Evangeline devient un rai de lumière dans leur vie. Mais une révélation éclate : la jeune fille avait croisé le chemin des garçons la semaine du meurtre. Tous trois devront confronter leurs souvenirs douloureux. Car comprendre le passé est leur seule chance de pouvoir se tourner vers l’avenir.

Émaillé de moments de grâce, Ce qui vient après est un premier roman lumineux, profondément émouvant, empli de foi en l’âme humaine.

 

Une véritable révélation. Et un conte profond, d’un optimisme inattendu.

THE NEW YORK TIMES


 

 

Mon avis :
Le roman commence sur un drame. Daniel est mort, assassiné par Jonah son meilleur ami qui a fini par se suicider. Evangeline, seize ans et enceinte, abandonnée par sa mère, pense à eux et se demande...
Les chapitres donnent alternativement la parole au différents protagonistes. Isaac le père de Daniel, Evangeline, Jonah le jour de sa mort où il raconte... puis plus tard arrive Lorrie, la mère de Jonah. Il y a aussi Rufus, le chien, qui tient une grande place dans l'histoire.

Ce livre m'a emportée dès les premières lignes. L'écriture est belle et puis il y a une grosse interrogation sur Evangeline et les garçons, Daniel et Jonah. On comprends qu'on vient de plonger dans une histoire douloureuse où on sera peut-être confronté à des choses sales et possiblement de la manipulation ou, à minima, des omissions. On fait des incursions dans le passé des personnages au fil de la narration.

Evangeline, enfant délaissée puis abandonnée par une mère fantasque et instable va découvrir qu'on peut être vu, entendu, écouté. Isaac semble se raccrocher à la vie à travers cette adolescente perdue qu'il a recueillie. Ce roman provoque des sentiments ambivalents. C'est sombre puisque deux adolescents sont morts de façon tragique, mais lumineux par la vie que Evangeline, gamine rebelle et insoumise, apporte avec elle. Cependant plus on avance dans l'histoire plus ça devient oppressant par moments. On craint des révélations terribles et les douleurs incommensurable qu'elles pourraient apporter. Une question m'a taraudée, est-on directement responsable des actes de nos enfants ? Les parents sont-ils à l'origine de nos névroses, de nos mauvais comportements ?

On assiste à un cheminement de déni et de douleurs pour comprendre ce qui s'est passé. Ce que j'aime dans les romans, c'est que les personnages pressentent, ont des intuitions de ce qui s'est passé ou se passera, entendent les non-dits. Moi jamais. Dans la vraie vie je crois que ça n'arrive jamais. Mais c'est ça qui fait la magie des romans.
Et donc, on assiste à une sorte d'incompréhension douloureuse, comme si une lumière s'allumait, mais pour montrer la sinistre réalité. de plus, Isaac est quaker. Il s'agit d'un culte assez étrange, fait de silences en réunion. Les quakers peuvent demander un comité de clarification, qui m'a fait penser à une forme de psychanalyse et suit des règles très précises et strictes.

J'ai adoré cette histoire de résilience, les personnages, ces deux parents crucifiés par la mort de leurs fils respectifs, l'un assassiné, l'autre assassin et suicidé. Isaac froid et impassible, comme pour cacher tout ce qu'il est réellement. Lorrie toute de délicatesse, de pudeur et de générosité. Et Evangeline, cette ado rebelle et en colère, mal élevée, voire pas élevée du tout, et intelligente. Il y a des moments de grâce, d'autres déchirants. Il y a un peu de mystique car certains personnages sont empreints de spiritualité. C'est tout simplement beau ! On traverse les étapes du deuil, du refus, de l'aveuglement, du défoulement, de la cruauté, de l'attachement, puis du refus etc...
Un premier roman magnifique qui, j'espère ne sera pas le seul.

 

Citations :

Page 126 : Je m’étais préparé à ressentir de la colère contre les vivants, contre cette manière qu’avait la vie de refuser de s’arrêter devant la mort.

 

Page 128 : À part la cérémonie commémorative pour Daniel, je n’étais pas allé au culte depuis la mort de mon fils. Je comprenais le fardeau que j’apportais. Que dire au parent d’un enfant assassiné ? Comment se comporter ? La peur de me blesser causait aux gens de la souffrance et du trouble, et leur souffrance s’ajoutait à la mienne.

 

Page 191 : Evangeline s’était aussi laissé séduire par Dieu, la manière dont il vous regardait avec ses yeux pleins d’amour, en vous promettant la vie éternelle.

Il s’avère qu’après avoir prié un certain nombre de fois, et en vain, pour avoir un petit jouet ou des chaussures à sa taille ou une mère qui rentre le soir, on se rend compte qu’on a été trompé.

 

Page 210 : Penser à tant d’animaux absorbés par leur vie, essayant tous de manger sans se faire manger, la rassérénait. Elle était des leurs, il n’y avait pas si longtemps. Mais elle avait trouvé le chemin pour sortir des bois, pour se réfugier dans une maison avec de la nourriture et un lit chaud. Du moins, pour un temps. Jusqu’à ce que quelqu’un débarque et fiche tout en l’air.

 

Page 331 : Après quelques minutes, il se mit à tirer sur son short, essayant de l’enlever sans se donner la peine de défaire la fermeture éclair. Elle lutta, finit par dire qu’elle ne voulait pas. Du moins, c’est ce qu’elle crut avoir dit. Mais quelles que soient les paroles énoncées, il était trop tard. Elle avait cédé sur tant de choses déjà, et il avait sombré dans cette zone où les seuls mots qui entrent sont ceux que les mecs ont envie d’entendre.

 

 

 

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Mon avis : Les mille et une vies de Billy Milligan – Daniel Keyes

Publié le par Fanfan Do

Traduit par Jean-Pierre Carasso

 

Éditions Calmann-Lévy

 

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Quatrième de couverture :

Quand la police de l'Ohio arrête l'auteur présumé de trois, voire quatre viols de jeunes femmes, elle croit tenir un cas facile : les victimes reconnaissent formellement le coupable, et celui-ci possède chez lui la totalité de ce qui leur a été volé. Pourtant, ce dernier nie farouchement. Ou bien il reconnaît les vols, mais pas les viols. Son étrange comportement amène ses avocats commis d'office à demander une expertise psychiatrique. Et c'est ainsi que tout commence…
On découvre que William Stanley Milligan possède ce que l'on appelle une personnalité multiple, une affection psychologique très rare qui fait de lui un être littéralement « éclaté » en plusieurs personnes différentes qui tour à tour habitent son corps. Il y a là Arthur, un Londonien raffiné, cultivé, plutôt méprisant, et puis Ragen, un Yougoslave brutal d'une force prodigieuse, expert en armes à feu. Et bien d’autres. En tout, vingt-quatre personnalités d'âge, de caractère, et même de sexe différents.
L'affaire Billy Milligan a fait la une des journaux américains, fascinés par ce cas et par la lutte qu’ont menée les psychiatres et Billy lui-même pour essayer de « fusionner » en un seul individu ses 24 personnalités. Quant au livre, construit comme un véritable drame shakespearien, il est le résultat de mois et de mois de rencontres et d'entretiens entre Daniel Keyes et… Ragen, Arthur, Allen et les autres. Une lecture absolument fascinante, bientôt adaptée au cinéma par Joel Schumacher (Chute libre, Phone Game.)
"... un thriller psychologique absolument fascinant" Publishers Weekly


 

 

Mon avis :
Dans les années 70, dans l'Ohio des femmes sont enlevées et violées. Billy Milligan est arrêté mais il nie, contre toute évidence. On finit par découvrir qu'il possède une personnalité multiple. En tout vingt-quatre personnalités d'âges, de nationalités, de caractères, et même de sexes différents habitent cet homme, toutes à l'insu de Billy.
C'est terriblement angoissant et je pense que si c'était un roman ça le serait moins. le fait que cet homme existe, que d'autres comme lui existent, c'est terrifiant. Au tout début du livre je me suis demandé si on pouvait guérir de ça, en espérant que je le saurai à la fin.

Tantôt tremblant et le regard dans le vide, tantôt sûr de lui, d'un moment à l'autre, toujours après une sorte de transe, les enquêteurs se retrouvent devant une personne totalement différente de l'instant d'avant. Dorothy Turner, la psychologue, va soudain se trouver devant ce cas incroyable extrêmement déstabilisant. C'est réellement un choc de découvrir qu'elle parle successivement à David puis à Arthur, Christopher, Tommy, Ragen, Allen, Danny, Christine et tous les autres... car Billy dort mais pas les autres.

En réalité Billy est une victime. Il a subi de la maltraitance et s'est réfugié à l'intérieur de lui-même. Tous les autres habitants de son cerveau ont une fonction précise, tous ont pour but de le protéger. C'est fascinant. Et donc, en plus de nous exposer sous toutes les facettes cet incroyable cas on comprend rapidement qu'il est la conséquence de la violence extrême de certains adultes. Ou plutôt la multiplicité des personnes qui l'habitent résulte des sévices qu'il a subi, bien qu'il y ait eu à l'origine, avant même les agressions, quelque chose d'étrange dans la personnalité de Billy, comme une prédisposition.


Daniel Keyes nous convie à des entretiens entre Billy et les psychiatres puis reprend sa vie depuis le début et nous permet d'assister aux métamorphoses qui s'opèrent entre tous les occupants de sa psyché. J'ai trouvé ça très visuel et on en vient à douter de sa raison en croyant qu'une telle chose est possible. L'instinct de survie prend parfois d'étranges chemins pour éviter le suicide ou l'automutilation.

Le cerveau de Billy m'a fait l'effet d'un microcosme, d'une famille nombreuse où il est indispensable d'établir des règles pour éviter de passer pour fou. le pire c'est que je les visualisais, en plein conseil de famille.
J'ai trouvé qu'il y avait un côté science fiction dans cette histoire folle, où les personnages se succèdent sans toujours comprendre où ils sont.

Alors que, s'il s'agissait d'un roman on se dirait que l'auteur exagère et que ce n'est pas crédible du tout, ce qui est totalement stupéfiant c'est que cette histoire est réelle ! Billy Milligan, éclaté en vingt-quatre personnes très différentes les unes des autres, est un personnage réel. Entre Ragen le yougoslave communiste hargneux et Arthur l'anglais hautain et snob, il y a toute une palette de ce que l'humanité peut présenter de caractères différents. Chaque personne qui l'habite est un trait de caractère, comme la colère, la douceur, le cynisme, l'empathie, la naïveté, l'intelligence, l'immoralité, les différents stades de l'enfance... C'est impressionnant ! Mais surtout, comment ne pas devenir complètement fou tant ça semble terrifiant de vivre ça !?
Ce qui saute aux yeux, entre autre, c'est que le tribunal médiatique ne date pas d'aujourd'hui ni des réseaux sociaux.
Bien que ce soit un témoignage, ce parcours de vie est écrit comme un roman, ce qui rend l'histoire d'autant plus immersive. Hélas, j'y ai trouvé quelques longueurs, je me suis parfois ennuyée. Et pourtant, c'est fascinant.

 

Citations :

Page 48 : — Je peux parler à Billy ? S’enquiert Judy.

Ah non ! On le fait dormir. S’il se trouvait sous le projecteur, il se tuerait.

Pourquoi ?

Il est fou de terreur à l’idée d’avoir mal. Et il ne sait rien sur nous, tous les autres. Tout ce qu’il sait c’est qu’à certains moments, il perd le temps.

Qu’est-ce que ça veut dire « perdre le temps » ? interroge Judy.

C’est la même chose pour nous tous. On est quelque part, en train de faire quelque chose. Puis on est ailleurs et on a la sensation du temps qui a passé, mais sans avoir idée de ce qui est arrivé pendant ce temps.

 

Page 83 : Le docteur Harding se rend compte qu’il ne prend sans doute pas assez d’initiatives avec Milligan. Le docteur Wilbur lui a recommandé de chercher à établir le plus vite possible le nombre de personnalités qui cohabitent en lui et leur identité : il faut encourager chacune d’elles à expliquer les raisons de son existence afin de leur permettre de revivre les circonstances particulières qui ont présidé à leur surgissement.

 

Page 192 : Billy aimait les fleurs et la poésie et il aidait spontanément sa mère à la maison. Mais à force d’être traité de « femmelette » et de « petite pédale » par son beau-père, il renonça aux travaux ménagers et cessa d’écrire des poèmes. « Adalana » prit sa place en secret.

 

Page 249 : — Dieu a été inventé par ceux que l’inconnu effraie, rétorqua Arthur. Les gens adorent des figures mythiques comme Jésus-Christ pour échapper à la terreur de ce qui arrivera après la mort.

 

Page 450 : 410 hommes décrétés fous criminels hantent les couloirs sans fin de cette géhenne oubliée de Dieu. La fureur me prend quand je songe que l’État a le culot d’appeler ça un hôpital. L’hôpital d’État de Lima.

 

 

 

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Mon avis : Wayward Pines épisode III : Destruction – Blacke Crouch

Publié le par Fanfan Do

Traduit par Patrick Imbert

 

Éditions Gallmeister - Totem

 

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Quatrième de couverture :

Voilà trois semaines que l’agent Ethan Burke est arrivé à Wayward Pines, Idaho. Dans cette bourgade, les habitants se voient assigner un logement, un travail et parfois même leur conjoint pendant qu’à l’école, on apprend à leurs enfants que David Pilcher, le fondateur de la communauté, est leur Dieu. Bien entendu, personne n’est autorisé à quitter la ville, cernée par une immense clôture électrifiée. Ethan, lui, a découvert ce qui rôde au-delà de l’enceinte qui isole Wayward Pines du monde extérieur. C’est précisément cette menace qui est maintenant sur le point de submerger la ville et peut-être même d’annihiler l’humanité toute entière.


 

 

Mon avis :
Et enfin le troisième et dernier tome ! Je devrais peut-être plutôt dire hélas car j'ai adoré et quand c'est fini, ben... c'est fini.
Ce troisième opus commence par des remords, un énorme fardeau de culpabilité, le sentiment d'avoir condamné tout le monde, la sensation que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Et puis alors, c'est gore !!!

On se trouve confronté à un bain de sang, la lutte pour la survie dans quelque chose qui ressemble furieusement à la guerre, c'est totalement terrifiant avec bien sûr un gros suspense. Il y a quelque chose de désespéré là, et en même temps ça semble être un booster. Car, à partir du moment où ça ne peut pas être pire, on peut espérer une amélioration, même légère. Et parfois, l'énergie du désespoir fait des miracles...
Et là, ben je ne peux plus rien dire. Parce que si je dis quoi que ce soit de plus, je spoile... À part que, il y a une tension et de l'action non-stop du début à la fin, que c'est une course à la survie, déchaînée, éperdue, acharnée. Sans oublier qu'il faut beaucoup de force pour rester à sa place d'être humain et ne pas se laisser griser par un pouvoir illusoire.

La fin m'a scotchée, ébouriffée, surprise au plus haut point ! Je ne m'y attendais pas, mais alors pas du tout !
Et bien sûr j'ai adoré ce troisième tome, et évidemment je ressens déjà un manque... J'aimerais tellement que toutes mes lectures soient aussi trépidantes et addictives. C'est pas tous les jours qu'on dévore une trilogie à cette vitesse, oubliant le besoin de sommeil et même qu'il est l'heure de partir travailler.

 

Citations :

Page 20 : Vous mesurez ce que nous avons accompli ? Nous venons de réussi le voyage le plus dangereux, le plus téméraire de toute l’histoire de l’humanité.

 

Page 59 : Dans le monde d’où nous venons, notre existence était si facile. Et si peu satisfaisante, justement à cause de cette facilité. Où trouver du sens quand on est seul parmi sept milliards ? Quand la nourriture, les vêtements, tout ce dont on a besoin nous attend au supermarché du coin ? Quand on s’abrutit devant des écrans et des divertissements en haute définition, le sens de la vie, le but de l’existence, se perd complètement.

 

Page 106 : La vieille femme était assise dans son fauteuil inclinable en cuir, repose-pieds bien en place, plateau-repas sur les genoux. À la lueur d’une bougie, elle retournait des cartes, une partie de réussite à moitié terminée.

Dans la maison d’à côté, ses voisins agonisaient.

Elle fredonnait à voix basse.

 

Page 120 : Pilcher porta une bouteille de whiskey à sa bouche, millésime 1925, se demandant quoi penser de la situation. Il y avait des précédents, bien sûr. Quand les enfants de Dieu se rebellaient, Dieu n’hésitait pas à les punir avec fermeté.

Une voix douce, celle-là même qu’il avait appris à ignorer il y a longtemps, coupa à travers le vent de folie qui soufflait dans son crâne : Tu te prends vraiment pour leur Dieu ?

 

Page 136 : J’aimerais vivre dans un monde où les actions se masure à l’aune des intentions qui les animent. Mais la vérité, c’est que seules leurs conséquences comptent.

 

Page 206 : Derrière les portes vitrées, Ethan vit un autre garde courir dans le couloir.

Il était vêtu de noir, armé d’un Taser, d’un pistolet, d’une mitraillette et de testostérone.

 

 

 

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