Mon avis : 39 bonnes raisons de transformer des obsèques Hawaiiennes en beuverie – Kristiana Kahakauwila
Traduit par Mireille Vignol
Éditions Au vent des îles
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Quatrième de couverture :
Immersion en terres hawaiiennes dans un décor idyllique pimenté d'un savoureux pidgin local … et l'envers de la carte postale. A travers six nouvelles éblouissantes, la jeune auteure Kristiana Kahakauwila parvient à saisir avec élégance, brutalité, humour et profondeur, les tensions qui secouent l'archipel. De la jeune femme impatiente de venger son père coqueleur à la jeune touriste américaine dont le séjour tourne au cauchemar, les non-dits et les tabous tombent tel un couperet. L'éternel tiraillement entre modernité et tradition, îliens et continentaux, n'a jamais été aussi frontal et authentique ! Un portrait inoubliable d'une société en pleine mutation, d'un peuple qui questionne son identité et son devenir.
Un premier recueil pétulant … Avec un pied dans la communauté autochtone hawaiienne et l'autre dans la société américaine conventionnelle, cette écrivaine donne un aperçu audacieux et résolument authentique des aspects les plus durs de la vie dans les îles. Dans ses six nouvelles, Kahakauwila capture les existences ardues, le créole pittoresque et les relations variées qui ancrent et mettent au défi des personnages superbement croqués.
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Mon avis :
Ce recueil de six nouvelles, écrit par une autrice hawaïenne, a la bonne idée d'avoir un titre réjouissant que j'adore, et une couverture vraiment très belle.
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Des surfeuses.
Des femmes de chambre.
Des working girls diplômées revenues après des études aux États-Unis.
Toutes ont un regard scrutateur sur la faune qui les entoure, les touristes et leurs parades amoureuses, une sorte d'ironie envers les haoles (les blancs) qui oublient souvent la prudence.
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Wanle, la coqueleuse qui prend soin de ses "garçons" pour les faire participer à des combats de coq dans le but d'honorer et venger son défunt père, en total désaccord avec l'homme qu'elle aime.
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Becky et Cameron, hawaïenne de Las Vegas et minnesotain de Hawaï. "Un habitant local appartient-il à un pays où est-il juste de ce pays ?"
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Les obsèques de la grand-mère nous offrent avec humour un éventail assez large de la famille hawaïenne.
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Ils sont jeunes, ils sont beaux,, ils s'aiment, se marient, font des enfants. le bonheur !? Mais est-ce que ça existe au moins le bonheur ?
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Que dire et comment faire avec le temps qui reste quand il est compté ?
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Au fil de ces nouvelles on découvre que le Hawaï des touristes n'a rien à voir avec celui des natifs. La carte postale un peu surfaite d'un côté, la réalité de l'autre.
Mais les descriptions qui sont faites, ça ressemble bigrement au paradis !
J'ai énormément aimé toutes ces histoires, qui nous parle des mauvais choix qu'on peut faire, des incompréhensions mutuelles, des carapaces qu'on se forge, qui nous dit aussi qu'au fond, tous les êtres humains ont plus ou moins les mêmes aspirations, même quand il s'agit d'une culture très différente de la nôtre. Dans certaines de ces nouvelles il y a de la tristesse, parfois de la résilience, et ça dit beaucoup de la nature humaine.
Citations :
Page 19 : Après des années de petits boulots, de prêts étudiants et de nuits le nez dans les livres sous la lueur jaune d’une lampe… nous avons réussi. Ou sommes en train de réussir. Ou ne sommes pas loin de dire que nous allons réussir.
Page 37 : On s’arrête. On tombe fréquemment sur ce genre de scènes. Des couples de touristes qui prennent la plage pour l’île privée de leurs fantasmes. Comme si personne ne pouvait les voir, alors qu’ils sont à peu près aussi discrets que des lions de mer en train de copuler.
Page 54 : Il était bouddhiste pratiquant. Il envisageait de devenir végétarien. Il m’arrivait de rire quand il me racontait ce genre de choses. Je ne connaissais personne qui soit végétarien.
Page 90 : Un habitant local appartient-il à un pays où est-il juste de ce pays ?
Page 92 : Elle parlait toujours de l’histoire au présent, ce qui ne manquait jamais de l’embrouiller. Pour lui, l’histoire ne se prêtait pas à être réinterprétée ou revécue, elle était seulement accessible par le biais de longues et consciencieuses études.
Page 110 : Avale une gorgée en douce quand ton cousin le combattant de MMA monte sur l’estrade. Il raconte que ta grand-mère a pris soin de lui à son retour de l’opération « Tempête du désert » avec des éclats d’obus dans le genou et qu’elle l’a obligé à aller à l’église dans l’espoir qu’il retrouve l’espoir.
Page 133 : Toute sa vie Grace a eu le sentiment que les hommes savent des choses parce qu’ils les pensent, et les femmes parce qu’elles les éprouvent.
Page 200 : Pili voulait demander à Albert de décrire la mort – son aspect, son odeur, sa musique - , mais il savait qu’il était vain de se préparer. Si chaque mort était aussi individuelle que la vie qu’elle emportait, elle devait également revêtir un aspect, une odeur et une musique uniques.
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