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Mon avis : L’archiviste – Alexandra Koszelyk

Publié le par Fanfan Do

Éditions Aux Forges de Vulcain

 

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Quatrième de couverture :

K. est archiviste dans une ville détruite par la guerre, en Ukraine. Le jour, elle veille sur sa mère mourante. La nuit, elle veille sur les œuvres d'art que, lors de l'évacuation, on a entassées dans la bibliothèque dont elle a la charge. Un soir, elle reçoit la visite d'un des envahisseurs, qui lui demande d'aider les vainqueurs à détruire ce qu'il reste de son pays : ses romans, ses poèmes et ses chansons.
Il lui demande de falsifier les œuvres sur lesquelles elle doit veiller. En échange, sa famille aura la vie sauve. Commence alors un jeu de dupes entre le bourreau et sa victime, dont l'enjeu est l'espoir, espoir d'un peuple à survivre toujours, malgré la barbarie.


 

 

Mon avis :
Quelle étrange chose que de lire une histoire qui se situe dans une guerre se déroulant en ce moment même, à nos portes, en Europe… au XXIÈME siècle.

Je me suis laissé porter comme une plume dans le vent par ces lignes pleines de poésie qui étrangement, parlent avec une infinie beauté d'une chose aussi laide que la guerre et les destructions qu'elle charrie.

K est archiviste, amoureuse des arts et des lettres, de ce qui fait la mémoire de l'humanité et de son pays, l'Ukraine, qu'elle aime profondément.
Un jour un homme vient vers K. Il lui dit que les ukrainiens sont des rêveurs et qu'ils ont déjà perdu la guerre, que personne ne leur viendra en aide. Il sait qu'elle a caché des œuvres d'art afin de les protéger de l'envahisseur. C'était sa façon à elle de combattre, sa contribution à l'effort de guerre. Il exige d'elle qu'elle profane des œuvres existantes, qu'elle devienne une faussaire dans le but de servir la propagande russe, quelle participe activement à l'élimination de la culture ukrainienne. Comment lutter quand on n'est qu'une petite archiviste face à la Russie ? Face à un homme qui a de terribles moyens de rétorsion. L'impuissance dans toute son horreur, voilà face à quoi on se trouve et c'est glaçant.

À chaque œuvre que K doit dénaturer, elle se retrouve comme par enchantement au cœur même de sa création, dans un passé plus ou moins lointain, dans les méandres de l'histoire ukrainienne.
On suit, à travers ces événements, le chemin que tous les peuples opprimés ont subi, la négation de leur histoire, le sacrifice de leur identité par la destruction et l'interdiction de parler leur langue, de perpétuer leur culture. À vouloir falsifier le passé, l'ennemi pense duper le monde et s'absoudre de ses fautes en les faisant endosser à ses victimes.

J'ai traversé cette histoire comme dans une torpeur, quelque chose d'irréel et cotonneux, rempli de sons feutrés et de solitude. Les événements, qui semblent hors du temps car on avait entendu dire un jour "plus jamais ça", donnent un aspect fantomatique à ce qui ressemble à un mauvais rêve.

Encore une fois, à travers un roman, Alexandra Koszelyk célèbre ses origines ukrainiennes en nous racontant le pays de ses aïeux et nous emmène visiter l'histoire de l'art de ce pays ainsi que quelques-unes de ses tragédies.

 

Citations :

Page 11 : Le soldat envoya l’ourson dans les airs, l’autre le rattrapa du pied et se mit à jongler avec, d’un pied à l’autre. Les deux hommes étaient hilares, ils s’amusaient ainsi, sans honneur, d’un débris d’enfance.

 

Page 12 : Croire en l’avenir, et c’est tout l’enjeu d’une vie humaine, passe d’abord par la préservation du passé, face à une destruction imminente et sans visage.

 

Page 17 : L’écrit est ce chant silencieux qui conserve les productions de l’esprit au long des siècles : qu’est-ce qu’une langue, si ce n’est une musique au secours d’une idée, une harmonie et un rythme portés par les trouvailles de l’imaginaire ?

 

Page 72 : Pour avancer, il faut tenir entre ses mains la lampe de son passé. Sinon, aucun génie ne pourra en sortir.

 

Page 125 : Des hommes en arme étaient entrés sous le toit de paille d’une mazanka. Il aurait fallu partir vite, mais personne n’était en mesure d’imaginer que ça irait plus loin. Les hommes avaient attendu que ça hurle, que l’explication tourne mal, alors ils avaient sorti toute la famille, sauf les femmes et les filles. D’elles, on s’en arrangerait avec un autre genre d’appétit.

 

Page 165 : C’était l’artiste préférée de ma mère. Elle racontait souvent l’histoire de cette peintre : atteinte de poliomyélite quand elle était encore une enfant, Maria Primatchenko avait grandi en marge de la vie, dans l’ombre des jeunes filles qui jouaient à la marelle. Tandis que les autres étaient dans l’action, projetées vers un avenir qui se traçait sous leurs pas, sans la menace d’une épée au-dessus de l’échine, Maria, elle, avait reçu cette épée, cohabitait avec ses piques et les souffrances qu’elle provoque. La maladie lui avait appris l’immobilité et l’attente de ce qui ne vient pas.

 

 

 

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Mon avis : Erectus Tome 3 – Le dernier hiver – Xavier Müller

Publié le par Fanfan Do

XO Éditions

 

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Quatrième de couverture :

Et si le passé, le présent et le futur n'étaient qu'illusion ?
Vous êtes là, deux amoureux à admirer l'extraordinaire météorite qui illumine le ciel, lançant autour d'elle des pépites dorées. Puis la personne que vous aimez, tout à coup, s'endort. Et quand elle se réveille, elle n'est plus la même. Elle vous considère comme son ennemi. Pire : comme sa proie !
Paris, Rome, New York, Tahiti... le cataclysme foudroie la planète, inversant le temps, remontant aux origines, effaçant l'évolution. C'est la superrégression. Un cauchemar. Et le spectre du dernier hiver pour l'humanité.
Seul espoir : un ADN hors norme repéré par une équipe de scientifiques. Petit problème : il se trouve dans le corps d'un enfant de dix ans né au XIVe siècle...
Pour Anna Meunier, la paléontologue, et Wuan, son conjoint transformé en erectus, le temps est venu d'enfreindre un puissant tabou : celui qui sépare les vivants des morts et interdit de modifier le passé.


 

 

Mon avis :
Troisième et dernier opus pour cette histoire qui m'a passionnée.
De nouvelles étrangetés apparaissent en plus du virus qui a fait régresser le monde, tout aussi effrayantes quant aux conséquences qu'elles pourraient avoir alors qu'à priori cela ne semble pas si terrible. Pourtant, l'histoire prend un virage impensable et terrifiant.

Nouveau tournant pour cette épidémie, nouveaux territoires de recherches, genre pas ici et pas maintenant. J'ai autant été emportée dans ce tome que dans les précédents. Une angoisse sourde m'a accompagnée avec plein d'interrogations comme qui est qui et qui fait quoi, à qui peut-on se fier et de qui doit-on se méfier comme de la peste, et que va devenir l'humanité ?

L'auteur a su se renouveler et ce troisième tome se dévore autant que les deux précédents. Il nous embarque dans un imaginaire encore plus fou avec quelque chose qui ressemble à un mélange des genres… de SF. Mais motus ! Pas de spoil ! Non non non je ne dirai rien !
Et puis bien sûr je suis encore pas mal allée sur internet voir à quoi ressemblaient les éléments scientifiques énumérés, comme par exemple l'hélicoprion ou encore le tubercule de Darwin et tant d'autres choses encore et j'ai appris, un peu, sur l'immensité du passé de la Terre et de ce qui la peuplait.

Avec ce roman on apprend beaucoup sur nos ancêtres très lointains et sur notre évolution. C'est fascinant. C'est palpitant, rythmé, foisonnant. 
Xavier Müller a encore une fois réussi à m'emmener dans la nuit des temps et au delà, dans une tension qui ne faiblit pas tout au long du récit car le suspense est là jusqu'à la toute fin.

 

Citations :

Page 45 : Juan Pablo Sanchez – c’était son nom – semblait défier le temps. Seules quelques rides creusaient son visage et de rares fils argentés étincelaient dans ses cheveux. Hormis ces signes de vieillesse, il pétait une forme déconcertante à 125 ans.

 

Page 51 : Le darkweb s’était mué en un supermarché du gène, cupide et cynique, sans égard pour les malades.

 

Page 120 : Il s’était toujours méfié de la générosité des personnes puissantes. Un jour ou l’autre, elles vous présentaient la note.

 

Page 163 : Tout à coup, Anna voulut faire demi-tour. Il y avait quelque chose d’obscène à débarquer dans cette époque soumise à des règles absurdes et… moyenâgeuses.

 

 

 

 

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Mon avis : Les Futurs de Liu Cixin – La Terre transpercée – Wu Qingsong

Publié le par Fanfan Do

Traduit par Nicolas Giovanetti

 

Éditions Delcourt

 

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Quatrième de couverture :

Un physicien est tiré de force d'un sommeil cryogénique par un tribunal populaire qui le condamne à mort ! Stupéfait, Shen Huabei enfile combinaison et scaphandre, comme ses ravisseurs le lui intiment, et saute dans le vide d'un gouffre souterrain. Durant son interminable chute, ses juges instruisent le procès et lui révèlent l'ampleur de la catastrophe qui met également son fils en cause...


 

 

Mon avis :
Grâce à Babelio Masse Critique Privilégiée j'ai eu la chance de lire cette BD, alors que je connaissais 
Liu Cixin pour avoir lu sa trilogie le problème à trois corps plus d'un an avant et que j'avais aimé, bien que ça fasse surchauffer les neurones.

Une BD inspirée d'une nouvelle de Liu Cixin, mais quel bonheur !

C'est un voyage au centre de la Terre auquel nous sommes conviés, avec une expérience qui, 39 ans plus tôt, a abouti à la découverte d'un nouveau matériaux plus dur que tout ce qui existe et qui doit soi-disant révolutionner la vie sur Terre.

Des scientifiques sont en passe de réaliser le projet "Jardin Antarctique" qui doit exalter les rêves et les désirs de l'humanité. Comme souvent, les projets mégalo partent d'un sentiment humaniste, pour déraper par la suite dans quelque chose d'effroyable, un cauchemar pour les humains. Shen Huabei était à l'origine de ce projet fou par sa découverte d'un matériau d'une solidité à toute épreuve. Sorti d'un sommeil cryogénique après plusieurs années, il découvre qu'il n'est pas considéré comme LE bienfaiteur de l'humanité, bien au contraire et qu'il va être jugé et savoir par la même occasion ce qui est arrivé de si terrible pendant son hibernation, dont il est responsable à priori.

Il y a des moments assez vertigineux dans cette histoire, qui moi, m'ont fait froid dans le dos. Tout est propice à cela, le thème traité et les graphismes. C'est une plongée totale dans ce futur.

Ce que cette histoire dit de nous est totalement glaçant car tristement perspicace.

Alors, j'ai beaucoup aimé, énormément même, autant l'histoire que les graphismes, il y a même un triptyque avec une page qui se déplie et j'ai trouvé ça vraiment sympa… Mais pourquoi, alors que la nouvelle originale a été écrite par un chinois, que la bd est réalisée par un chinois et que l'action se passe en Chine, les personnages ont-ils tous des têtes d'occidentaux ? J'avoue que, même si ce n'est pas nouveau, ça continue de me surprendre.

Par ailleurs les allers-retours entre le passé et le présent requièrent de la concentration pour ne pas perdre pied, ainsi que les noms chinois, entre le père, le fils, la fille…

Arrivée au bout, avec cette fin qui ma désarçonnée, quand j'ai refermé ce livre, je me suis sentie oppressée. Mais au fond, je crois que c'est l'espèce humaine qui me fait ça. Je nous trouve tellement inquiétants et dangereux.

Et donc je pense que la fin de l'histoire nous parlera différemment selon qu'on croie en l'humanité ou pas plus que ça. Certains y verront peut-être de l'optimisme, d'autres comme moi auront les cheveux dressés sur la tête.

En tout cas, ça m'a furieusement donné envie de me replonger dans la science-fiction tous azimuts ! Et surtout de découvrir les nouvelles de Liu Cixin !!!

 

 

Citations :

Page 6 : La boule de feu d’une bombe atomique ressemble à un bébé enterré, qui hurle et pleure, pour qu’on le laisse sortir. Il a creusé ce gouffre en battant des pieds de toutes ses forces… C’est vraiment fascinant !

 

Page 75 : L’humanité nageait béatement dans l’illusion d’être entrée dans une nouvelle ère.

 

 

 

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Mon avis : Les lutteurs immobiles – Serge Brussolo

Publié le par Fanfan Do

Éditions Denoël – Présence du futur

 

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Quatrième de couverture :

Halte au scandale du gaspillage ! Désormais la Société Protectrice des Objets veille... Que diriez-vous d'être couplé à une tasse de façon que la moindre fêlure de la porcelaine se répercute sur votre propre squelette en une superbe fracture ouverte ? Imaginez le cauchemar, imaginez d'autres associations/répercussions, avec des vêtements, des disques, une maison... Attaque en règle de la société de consommation ou fable ambiguë, Les Lutteurs immobiles est une réussite de plus à porter au crédit de Serge Brussolo.


 

 

Mon avis :
Rooooo ! Un roman qui fustige le gaspillage, l'hyperconsumérisme, la "poubelisation" de la planète par négligence ou (et) futilité, mais qu'elle joie pour moi ! J'adore les solutions proposées, certes un peu radicales, mais puisque personne ne veut comprendre…

La planète étouffe sous les déchets, donc on n'a plus le droit de jeter quoi que ce soit tant que les objets sont utilisables. Ils ont d'ailleurs une durée de vie minimum obligatoire en deçà de laquelle on risque la prison ou l'obligation d'effectuer des travaux gratuits le week-end. Il y a des capteurs dans tout, de la tasse ou du couteau jusqu'aux vêtements, pour contrôler le gaspillage et exercer une répression terrible sur le peuple, générant une angoisse et un mal-être profond.

Le passé que décrit Serge Brussolo dans son roman, c'est notre société actuelle, celle du jetable, de l'éphémère, du gaspillage.

Mais dans ce monde futuriste répressif, chacun est obsédé par ses objets et la terreur de les abîmer au risque de voir débarquer instantanément les vigiles de la Société Protectrice des Objets. C'est un monde sans plaisirs ni joies. En revanche les décharges sont quasiment vides.

Bien évidemment dans ce genre de société il existe toujours des rebelles refusant de vivre à genoux qui ont tôt fait de passer dans la clandestinité pour échapper à la dictature et retrouver des valeurs saines.

Mais avec des idées tordues et une technologie de pointe, on peut faire bien pire comme sanction que la prison ou les travaux gratuits…

J'ai adoré cette fable sur notre façon de gérer le progrès, de manière totalement irresponsable et égoïste et la manière effroyable de régler ça des dirigeants. Cette histoire m'a embarquée immédiatement, j'ai dévoré ce livre (pas comme une vilaine souris Hi Hi) sans pouvoir ni vouloir m'arrêter.

C'était mon premier Brussolo, mais d'autres suivront !

 

Citations :

Page 25 : Dans un monde régi par la SPO, les enfants représentaient une menace constante pour leurs parents. « tout enfant est un vandale en puissance ! Répétaient souvent les psychologues d’État. Il appartient au cadre familiale de corriger ce travers. Ce n’est que dans cette optique de rigueur que nous pourrons bâtir une société nouvelle tournant résolument le dos au gâchis. »

 

Page 30 : Le travail obligatoire non rémunéré avait peu à peu remplacé le système des amendes jugé « sans valeur pédagogique ». On payait et on oubliait aussitôt !

 

Page 141 : Les sanctuaires de l’ustensile seront détruits ! Nous raserons les lieux de l’accumulation, nous ferons renaître les temps du dénuement salvateur !

 

 

 

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Mon avis : La voiture rouge – Jacques Timmermans

Publié le par Fanfan Do

Autoéditions

 

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Quatrième de couverture :

Après un premier recueil de nouvelles SFF, Jacques Timmermans nous revient avec un roman à la croisée des genres, mêlant intimement le réel et l’imaginaire.
En pénétrant dans son univers littéraire, les pistes de la raison pure se brouillent rapidement, le doute s’insinue peu à peu sur nos vérités inébranlables, et nous apparaît alors fort naturellement en filigrane la part de vrai mystère que recèle notre monde.

Une banale auto, abandonnée non loin d’un village reculé de campagne.
Mais voilà que cette voiture s’est mise soudain à effectuer de petits déplacements imprévisibles. Et que, plus étrange encore, la répétition de cet événement laisse bientôt les villageois dans une totale indifférence.
Jusqu’au jour où débarque Zoé, une journaliste freelance, attirée sur place par la perspective d’un article à sensation, et bien déterminée à tirer cette affaire au clair. Sa tâche va cependant s’avérer plus complexe qu’elle ne se l’était imaginée. Comment peut-elle faire la part des choses, plongée au cœur d’un monde qui lui apparaît de plus en plus indéchiffrable ?
Son enquête, semée d’embûches et de rebondissements, va lui réserver encore bien des surprises…


 

 

Mon avis :
Voilà une histoire qui tourne autour d'une étrange petite voiture rouge qui bouge toute seule et imperceptiblement dans un petit village belge.
Zoé, jeune journaliste qui vient enquêter sur ce phénomène atterrit dans un manoir au fond d'une clairière en guise d'hôtel. Et là je dois dire que j'ai tout de suite aimé son hôte, un vieil homme du nom de Reginald de Sambre. Accueillant, érudit et sympathique, il a un salon rempli d'étagères elles-mêmes remplies de livres… des centaines de livres ! le paradis sur Terre !!!

Zoé a juste un petit défaut typique des citadins, elle prend les habitants de la campagne pour des ploucs qui vivraient quasiment dans une époque lointaine et hors du temps. Mais voilà, elle n'a pas totalement tort concernant ce village. Il semble être hors du monde et du temps. D'ailleurs il est décrit avec beaucoup d'humour notamment quand les habitants sont au troquet du coin.

Les investigations de Zoé la mènent... nulle part en fait. Elle a l'impression de piétiner. Mais à force de persévérance elle va apprendre peu à peu des petites choses, de-ci, de-là, et on sait bien que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Avec opiniâtreté elle mène son enquête, car elle ne peut pas revenir bredouille à la rédaction du journal où sa rédac' chef l'attend au tournant. Mais quel sac de nœud le mystère de cette petite voiture de marque inconnue, possédant une immatriculation répertoriée nulle part et qui semble avoir une vie propre!...
Et tout le long de ma lecture je me suis demandée quelle était cette énigme, avec les questions en suspens, les rebondissements et les doutes qui s'insinuent.

Encore une fois j'ai énormément aimé la belle écriture de 
Jacques Timmermans, son humour subtile et son imagination débordante pour embarquer le lecteur dans une histoire abracadabrantesque qui m'a fait passer un excellent moment, autant par le sujet que par les personnages tous hauts en couleur. On apprend par ailleurs beaucoup sur différents sujets tels le rasoir d'Ockham, la vie sylvestre et l'enchevêtrement du mycélium laccaire, la cognition, et d'autres choses encore, et c'est ce que j'adore dans les romans, quand je me distrais et m'instruis en même temps.

Et cette fin !... je ne m'y attendais pas et je pense que c'est le genre d'épilogue qu'on ne peut s'empêcher de retourner dans tous les sens tant il interpelle et fait réfléchir.
Un roman passionnant qui se dévore !

 

Citations :

Page 10 : Mais voilà, l’esprit humain est ainsi fait qu’il s’accommode finalement sans peine de l’irrationnel lorsque la répétition de celui-ci finit par l’intégrer dans la nature habituelle des choses.

 

Page 76 : Le monde que je vois aujourd’hui me paraît malheureusement rongé en profondeur par les prétendues valeurs qu’il met en avant : ce n’est partout que compétitivité, égocentrisme, consommation et accumulation à outrance, toujours plus de croissance aveugle. Difficile de retrouver dans ce soi-disant progrès un vrai sens à notre existence, vous ne pensez pas ?

 

Page 156 : Mais c’est un destin on ne peut plus normal que les parents s’en aillent avant les enfants, l’inverse serait atroce et profondément injuste. Et puis nos êtres chers, une fois disparus, sont finalement avec nous beaucoup plus souvent qu’ils ne l’étaient de leur vivant, n’est-ce pas ?

 

Page 247 : Pourquoi ne nous sommes-nous jamais mariés ?

- On s’aimait trop, peut-être ?

 

 

 

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Mon avis : L’aube d’un autre monde – Lionel Emery

Publié le par Fanfan Do

Éditions Souffles Littéraires

 

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Quatrième de couverture :

Arizona, 1914.
Ce jour de baptême devait être celui d’une grande fête, il s’achèvera par un massacre ne laissant en vie qu’une mère, Lydia, et son enfant.
C’est un jeune prêtre au passé sombre puis un vétéran des guerres indiennes qui vont l’aider à le retrouver.
Les pistes que cette quête leur fera prendre révéleront les secrets de plus en plus terribles de ceux dont le but est de déstabiliser le monde afin de le diriger.
Quels liens peuvent exister entre les massacres de simples fermiers, l’enlèvement d’enfants et le déclenchement de la Première Guerre Mondiale ?
À vous de le découvrir…


 

 

Mon avis :
Arizona printemps 1914. Un baptême a lieu lorsqu'une bande de mexicains accompagnés d'adolescents soldats armés jusqu'aux dents arrive et fait un carnage. Mais pourquoi ? Et pourquoi tant de cruauté ? Ils n'épargnent que lydia et son bébé dont c'était le baptême. Mais avant de partir ils lui font quelque chose d'abominable.
J'ai tout de suite été happée dans le roman parce que bien évidemment ce déchaînement du début a une raison d'être pour la suite de l'histoire… cette violence extrême et gratuite allait engendrer une réaction terrible, un désir de vengeance ou à minima un besoin de réponses pour pouvoir continuer à vivre.

Lydia part, accompagnée de Paul Deville, un prêtre extrêmement bienveillant qui n'a pas l'air de porter en grande estime les hautes instances de l'Église, celles qui prêchent l'austérité pour leurs ouailles mais surtout pas pour elles-mêmes. Ce prêtre est un étrange personnage, hors norme. Il embarque dans la quête de Lydia qu'il a fait sienne son vieil ami Garonn. Et ce que Garonn dit à Lydia sur le monde fait froid dans le dos. Parce qu'il raconte les puissants et leur cynisme qui servent toujours leurs intérêts sur le dos du peuple et trop souvent dans le sang, sur lequel s'est construite l'Amérique. Il raconte la cruauté, la cupidité et la perfidie humaine et comment Paul un jour a rencontré Dieu dans un besoin de rédemption pour ne pas mourir. Et on comprend toute la logique qui le pousse à retrouver la bande qui a perpétré le massacre.

C'est une histoire très dure, sans concessions et très réaliste qui met en exergue le sadisme dont certains humains, trop nombreux, sont capables. Peu à peu on va découvrir une "utopie" malsaine et furieuse accompagnée d'un totalitarisme absolu, imaginés par le cerveau malade d'un illuminé à l'ego hypertrophié.

J'ai été captivée par l'hypothèse élaborée dans ces pages, étayée par la noirceur de l'âme humaine parfois, qui, bien qu'elle semble complètement mégalomane amène une grosse tension et un suspense haletant.

Alors le bémol, mais ça c'est personnel, il y a un combat de coqs et je m'en serais bien passée avec tous ces détails, sans parler du rat. Je déteste ce que les humains font subir aux animaux, c'est tellement ignoble. En même temps ça met l'accent sur la cruauté des Hommes qui détruisent TOUT, leurs semblables, les animaux, la nature, leur possibilité de pouvoir continuer à vivre sur cette planète en fait.

Assez rapidement je me suis demandé si on allait vers une uchronie… Mais chut ! Je suis une tombe, même sous la torture je ne dirai rien !
Ce fut une lecture passionnante, par contre âmes sensibles s'abstenir. Ça défouraille à tour de bras, ça surine copieusement, le sang coule abondamment. Ce n'est jamais gratuit. C'est juste le reflet de ce qui se passe partout dans le monde avec la sauvagerie dont nous sommes capables.

Merci beaucoup Babelio_ Masse Critique et les Éditions Souffles Littéraires pour cette découverte.

 

Citations :

Page 26 : Le soir venu, une pluie torrentielle martèle la toiture et les vitres de la cuisine éclairée par le feu de cheminée. Paul regarde les coulées de boue emporter les dernières traces du baptême. Rubans, dentelles, dragées et fleurs se mêlent aux cendres, aux douilles et au sang charriés par l’eau. Il se dit que ces rigoles sont à l’image de l’humanité dans ce qu’elle peut avoir de beau et de tellement laid à la fois, un peu de fête pour beaucoup de tragédie, l’humanité et son irrémédiable façon de s’autodétruire, l’humanité et sa manie de ne pas l’être vraiment, humaine…

 

Page 54 : Regardez c’qu’on fait à la nature avec nos villes, nos chemins d’fer, nos usines et tout le reste. Regardez ! Du pillage forcené ! D’la destruction ! Vraiment, je pense que le monde méritait mieux ! Mieux que l’homme, en tout cas que tous ceux-là, y a pas de doute… Des ordures pour qui la guerre n’a qu’un seul but : le profit, perpétuel et sans aucune limite ! Des hommes dénués d’âme qui envoient des types comme nous se battre à leur place en nous persuadant que c’est pour de belles et grandes causes… Les actes héroïques issus d’ordres aux fondements ignobles, honteux ! Du sacrifice en masse pour des raisons cachées, très bien cachées, parce que terriblement viles, si sales !

 

Page 56 : Imaginez Lydia, imaginez que c’pays immense , entouré de mers et d’océans, était entièrement peuplé d’Indiens d’toutes sortes, pas loin de cent millions ! Il n’en reste pas même cent mille. L’humanité n’avait jamais connu un massacre pareil, un crime plus exactement… Tout ça a pris moins d’deux cents ans… alors qu’ils étaient là depuis des milliers d’années !

 

Page 110 : Sur un soupir aussi pesant que sa déception du monde, Garonn reprend son chemin en se disant que si les humains sont capables d’être aussi cruels dès l’enfance, alors pourquoi s’étonner de ce qui arrive et arrivera dans le monde ?

 

 

 

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Mon avis : Mort comme au premier jour – Guillaume Suzanne

Publié le par Fanfan Do

Éditions Black Rabbit

 

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Quatrième de couverture :

Vous vous êtes déjà demandé ce qu'il y avait après la mort ? Moi, je ne m'étais jamais posé la question. Mais depuis que j'ai confondu mes marches d'escalier avec une piste de ski, la réponse s’est imposée à moi sous la forme la plus définitive qui soit. Et je peux au moins vous dire ceci : la vie après la mort n'est pas de tout repos…
Le retour de l’auteur déjanté des Poubelles Galactiques dans une aventure après la mort que vous n’êtes pas près d’oublier !


 

 

Mon avis :
Premier avis de décès :
Le narrateur de cette histoire nous raconte comment il est mort bêtement en tombant dans l'escalier et en quelque sorte nous invite à une visite guidée… ben, de la mort hein ! Et j'ai tout de suite beaucoup aimé ! C'est drôle, sarcastique et irrévérencieux, tout ce que j'aime.
Il rend la mort rigolote, on aurait presque envie d'y être si c'était vraiment comme ça. Bon, à part les limaces qui sont une de mes phobies insurmontables et qui viennent faire un tour… Beurk ! Bon, les morts ne sont pas spécialement contents d'être morts en fait, question d'incompatibilité d'humeur et puis la mort c'est très surfait… c'est déroutant, il faut s'y faire !

Suivent le deuxième puis le troisième avis de décès que j'ai pris pour des nouvelles avant de me rendre compte qu'il s'agissait des différents chapitres. C'est joyeusement iconoclaste et ça m'a fait passer un bon moment, avec un sourire idiot collé sur le visage.

Durant cette lecture j'avais l'impression que quelqu'un de facétieux (l'auteur, Ah le coquinou !!!) s'amusait à m'amuser avec des choses qu'on considère grave, tragiques et pas drôles.
Un bon petit moment de lecture. Petit par la taille, 76 pages, mais qui font une parenthèse rigolote dans le quotidien.
Et comme j'aime bien me marrer avec des sujets improbables, j'ai déjà dans ma pal 𝐋𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐛𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐞𝐮𝐫𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 du même désopilant 
Guillaume Suzanne.

 

Citations :

Page 10 : - Ne t’en fais pas. Tu es mort, c’est tout.

- C’est tout ? Dieu merci, tu m’as fait peur, j’ai cru qu’il m’était arrivé quelque chose de grave !

 

Page 16 : - Ne sois pas stupide ! Ce sont les moines du quatorzième siècle qui ont créé les pulsions homosexuelles pour rendre la prêtrise attrayante aux jeunes générations.

 

Page 18 : Pour la première fois de ma vie et de ma mort, je me sentais totalement libre, en phase avec moi-même et en paix avec tous les mondes.

 

Page 47 : Je méprise énormément les hommes, que ce soit ante ou post mortem. Je ne fais pas de jaloux. Ce qui me réconcilie avec l’Humanité, c’est qu’une espèce qui a engendré – même par hasard – l’odeur de la pluie sur l’asphalte ne peut pas être totalement mauvaise.

 

 

 

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Mon avis : Anne de Green Gables – Lucy Maud Montgomery

Publié le par Fanfan Do

Traduit par Hélène Charrier

 

Éditions Monsieur Toussaint Louverture

 

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Résumé de l’éditeur :

Cheveux désespérément roux, visage constellé de taches de rousseur, Anne Shirley est une petite fille curieuse, pleine d’énergie, souvent perdue dans ses pensées, parfois d’une gravité solennelle, sans aucun doute intemporelle. Difficile de résister à ce petit bout d’humanité de onze ans parfaitement imparfait, héroïne d’une série de romans qui a su conquérir des millions de lecteurs à travers le monde, Anne de Green Gables, écrit par Lucy Maud Montgomery, et dont le premier tome parut en 1908. Orpheline à l’esprit vif, à l’imagination sans bornes et qui adore employer de « grands mots », Anne se retrouve par erreur chez Marilla et Matthew Cuthbert qui attendaient un garçon pour les aider à la ferme.


 

 

Mon avis :
Une lecture commune pour ce roman, dont j'ai vu passer tant d'avis dithyrambiques, ne pouvait qu'apporter des échanges enrichissants.
Dès le début je me suis sentie emportée avec douceur dans cette histoire d'un autre temps. Et cette petite Anne ! Quel personnage incroyable ! Tellement volubile, enthousiaste, prête à aimer tout ce qui existe sur terre, avec une telle capacité à s'extasier. Un rayon de soleil dans la vie morne de Matthew le gentil et Marilla l'austère.

Alors qu'ils avaient prévu d'adopter un garçon, Matthew et Marilla, qui sont frère et soeur, voient arriver dans leur vie Anne. Et elle parle, elle parle constamment. C'est qu'elle en a des choses à dire ! Elle a besoin d'exprimer son amour pour la beauté du monde et de toutes ces petites choses qui font que la vie est belle. Elle parle à tout, aux gens, aux fleurs, aux ruisseaux, à la nature tout entière. Anne n'est qu'amour, passion et enthousiasme, mais elle a parfois aussi des colères explosives et des rancunes tenaces.
Elle est vive, intelligente, drôle et rebelle.

Anne est un papillon, un feu follet, un zéphyr printanier, un pétale dans le vent, une luciole, un éclat de rire. Elle croque la vie à pleines dents, voit toujours ce qui est beau et ainsi fait disparaître les mesquineries du monde qui l'entoure. Elle est rafraîchissante et redonne foi en l'humanité. D'ailleurs elle humanise ceux qu'elle approche, faisant sortir le meilleur d'eux-mêmes parfois enfoui sous une carapace de sévérité, telle Marilla qui s'éveille peu à peu à la fantaisie d'Anne et aux petites joies de l'existence.

Un roman écrit en 1908 qui raconte une histoire simple, de gens simples avec des rêves simples et des joies simples.

Ça, c'était le côté positif. Maintenant, le côté négatif, ou plus terre à terre. C'est bien beau mais ça n'existe pas un monde où tout est beau, où les gens sont tous bons et généreux, où la pire des personnes est juste un peu langue de vipère. Ou alors ça s'appelle une utopie ! J'aimerais bien, hein, un monde où la bêtise serait éradiquée, où tout le monde serait gentil, où il n'y aurait plus de guerre… zut, voilà que je me transforme en miss France XD. Bref, c'est rempli de bons sentiments et il ne se passe pas grand-chose à part la vie à la campagne au début du XXÉME siècle. Néanmoins ça se lit avec beaucoup de plaisir. Par ailleurs le livre est un très bel objet, mais 
Monsieur Toussaint Louverture nous a habitué à ça…

 

Citations :

Page 17 : Matthew avait peur de toutes les femmes, hormis Marilla et Madame Rachel ; il éprouvait la désagréable impression que ces mystérieuses créatures se moquaient de lui dans son dos. Et il avait peut-être raison, car c’était un personnage d’apparence curieuse : une silhouette dégingandée, de longs cheveux gris fer tombant sur des épaules voûtées, et une épaisse barbe brune et soyeuse qu’il portait depuis ses vingt ans. En vérité, à soixante ans, il ressemblait beaucoup à ce qu’il était à vingt, grisaille exceptée.

 

Page 102 : - Mais moi, je préférerais avoir l’air ridicule comme tout le monde plutôt que d’être la seule à être convenable, insista Anne, plaintive.

 

Page 107 : Impuissante, Marilla sentait bien que tout ceci aurait mérité de sérieux reproches, mais il était indéniable, et c’est ce qui la retenait, que ce qu’avait dit Anne, particulièrement au sujet des sermons du pasteur et des prières de Monsieur Bell, correspondait à ce qu’elle-même pensait en son for intérieur depuis des années, sans jamais avoir osé le dire. Il lui sembla presque que ses pensées secrètes, ses critiques silencieuses, avaient soudainement pris corps – une forme palpable et accusatrice – en la personne de ce petit bout d’humanité négligé à la langue bien pendue.

 

Page 177 : Ruby Gillis dit que quand elle sera grande, elle aura toujours plein de prétendants qu’elle mènera à la baguette et qu’ils seront fous d’elle, mais je pense que ce serait trop palpitant. Je préfère n’en avoir qu’un seul sain d’esprit.

 

Page 340 : - Eh bien, moi, je ne voudrais être personne d’autre que moi-même, même si je dois me passer du réconfort des diamants toute ma vie, déclara Anne. Cela me convient très bien d’être Anne de Green Gables avec mon collier de perles. Je sais que Matthew y a mis plus d’amour qu’il n’y en a jamais eu dans les bijoux de la Dame en Rose.

 

 

 

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Mon avis : La passe-miroir Livre 4 – La tempête des échos – Christelle Dabos

Publié le par Fanfan Do

Éditions Gallimard Jeunesse

 

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Quatrième de couverture :

Les effondrements se multiplient, de plus en plus impressionnants: Babel, le Pôle, Anima... aucune arche n'est épargnée. Pour éviter l'anéantissement total il faut trouver le responsable. Trouver l'Autre. Mais comment faire sans même savoir à quoi il ressemble ? Plus unis que jamais, Ophélie et Thorn s'engagent sur des chemins inconnus où les échos du passé et du présent les mèneront vers la clef de toutes les énigmes.


 

 

Mon avis :
Voilà le Tome 4, la dernière ligne droite… enfin, droite non ! Car tout est mouvementé dans cette saga et rien ne va en ligne droite !

Les arches perdent des pans entiers dans le vide et une évacuation des non-natifs de Babel est organisée, ou plutôt une expulsion qui tourne à l'émeute. Ophélie doit absolument trouver "l'autre" car sans doute est-il responsable de ce qui est en train d'arriver. Ou bien est-ce Eulalie ? Et pour ce faire, elle pense devoir intégrer l'observatoire des Déviations, cet endroit terrible où il semble se passer des choses affreuses.

Je me suis beaucoup demandé qui était en réalité Ophélie. À mesure qu'elle avance dans sa quête de la vérité, tout devient de plus en plus étrange, voire métaphysique, autant pour elle que pour le lecteur. Je dois dire que par moments j'ai été perdue. On découvre peu à peu sur elle des choses qu'elle-même ne sait pas. Elle navigue à vue dans de constantes distorsions de temps et de lieux.

Ophélie qui pensait juste être une petite conservatrice de musée insignifiante s'avère au fil des pages une personne forte, volontaire, pugnace, résistante, intuitive, généreuse, altruiste, un très beau personnage féminin.

Le final de cette saga est totalement ébouriffant. Cependant, quelques pages de moins ne m'auraient pas déplu. J'ai parfois trouvé trop long les nombreuses descriptions de cette espèce d'apocalypse contre laquelle Ophélie lutte avec l'énergie du désespoir mais surtout une force incroyable.
J'avoue que cette fin ouverte n'est pas celle que j'espérais. Elle donne la possibilité d'une suite que j'aimerais tellement mais qui n'a pas été écrite…
En tout cas, une saga totalement addictive dont le tome 2 a été mon préféré.

 

Citations :

Page 233 : Ophélie eut soudain l’impression de mieux respirer. Thorn avait parfois des manières de coupe-papier, mais son absence de doutes balayait les siens.

 

Page 294 : À sa vive surprise, Thorn acquiesça sans seulement essayer de la décourager. Elle ressentit à cet instant pour lui une infinie gratitude. Elle lui était reconnaissante d’être si stable devant elle, si présent parmi les absents, si vivant surtout.

 

Page 346 : Chaque choix comportait la promesse d’une récompense et le risque d’une condamnation.

 

Page 538 : Il la couvrait de baisers, elle le couvrait d’insultes. Une bulle de bonheur dans un océan de chaos.

 

 

 

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Mon avis : La passe-miroir Livre 3 – La mémoire de Babel – Christelle Dabos

Publié le par Fanfan Do

Éditions Gallimard Jeunesse

 

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Quatrième de couverture :

Deux ans et sept mois qu’Ophélie se morfond sur son arche d’Anima. Aujourd’hui il lui faut agir, exploiter ce qu’elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d’informations divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d’adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ?


 


 

Mon avis :
À peine le tome 2 refermé que je me jetais avec avidité sur le 3 avec comme seul rêve de pouvoir m'extraire du monde le temps de le lire d'une traite. Hélas, ça c'est pas possible.

Ophélie est retournée sur Anima et elle se morfond depuis plus de deux ans tant l'ennui, le doute et l'incertitude sont profonds. Par chance, elle réussit à échapper à la vigilance de la Rapporteuse et sa girouette et décide d'aller à Babel.
Et là, force est de constater que l'autrice n'est jamais à court d'imagination, une imagination débordante, délirante, où chaque nouveau monde nous réserve de nouvelles fantasmagories toutes plus folles les unes que les autres. C'est chaque fois un plaisir incommensurable de découvrir ces lieux féeriques qui nous éloignent de notre quotidien pour nous ramener à notre âme de gosse qui croyait que tout était possible.

À Babel, Ophélie, qui s'y trouve incognito, se lance un défi énorme qui devrait lui permettre d'atteindre son but, qui consisterait presque à décrocher la lune.
"Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer" semble être le mantra d'Ophélie.

Babel, sous ses airs bien propre, pacifique et disciplinée est en réalité une société totalitaire. Tous ces interdits, c'est vraiment glaçant. Tout le monde est surveillé, tout le monde doit dénoncer le moindre écart au règlement qui est régi par des codes très stricts, qui vont de la tenue vestimentaire jusqu'au langage. La violence est prohibée, il est interdit d'utiliser le mot guerre, de crier, de dire des grossièretés, de mentir. Les sanctions sont sans violences physiques et pourtant terribles. Dans cette arche où le mensonge est un crime très grave, Ophélie vit sous une fausse identité.

On rencontre de nouveaux personnages, Ambroise qui est étrangement inversé, Blasius le maladroit, Octavio si magnétique, Mediana la peste ambitieuse, Pollux et Hélène les esprits de famille jumeaux, et un univers d'une richesse incroyable. Parallèlement on suit les pérégrinations d'Archibald accompagné de Renard et Gaëlle à travers les roses des sables. Il y a aussi une petite Victoire qui a un pouvoir étonnant dont on se demande à quoi il va être utile. Et bien sûr, une fin qui donne furieusement envie de poursuivre cette saga.
Et donc, EN ROUTE POUR LE TOME 4 !!!

 

Citations :

Page 133 : Alors qu’Ophélie cherchait le verre de ses lunettes, qui avait lâchement profité de l’occasion pour reprendre la fuite, la colère explosa dans son ventre. Une mioche ! Même loin de chez elle, même après toutes ces années, on la traitait encore et toujours comme une mioche.

 

 

 

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