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Mon avis : Ce qui nous tue - Tom McAllister

Publié le par Fanfan Do

Quatrième de couverture :

 

L'Amérique est-elle condamnée à la bêtise, au machisme, à la paranoïa et au mensonge ?


Anna Crawford, professeure d'anglais au lycée de Seldom Falls, Pennsylvanie, est virée pour insubordination. Mauvais timing. Dans la foulée, un étudiant pénètre dans les locaux et se livre à une tuerie de masse : 19 morts, 45 blessés. Un temps suspectée par le FBI, Anna est rapidement innocentée. Mais le mal est fait : elle a été montrée du doigt, sa vie, jetée en pâture aux foules, ne sera plus jamais la même. Autour d'elle, elle voit un monde devenir fou, qui pour seules réponses à ce drame atroce propose davantage de médias et de caméras, toujours plus de hashtags, d'armes, de virilité triomphante et de lois absurdes. L'Amérique est-elle condamnée à la bêtise, au machisme, à la paranoïa et au mensonge ?

Avec cet anti-thriller, où l'humour noir se mêle à la colère, Tom McAllister nous offre un plaidoyer au vitriol pour la raison, à une époque où tout le monde semble devenir cinglé, sans que cela ne choque plus personne.

 

 

Mon avis :

J'ai reçu ce livre grâce au partenariat entre les éditions du Cherche-midi et le Picabo River Book Club !

Merci Merci !!!

Ce roman attaque directement dans le vif du sujet, et c'est tout ce que j'aime.

C'est comme si on ouvrait une porte et qu'on était aspiré à l'intérieur de quelque chose. J'adore être embarquée comme ça dès les premières lignes.

J'ai adoré l'énumération des derniers repas... juste avant de mourir ! Ça commence fort ! L'histoire est racontée par Anna, la prof d'anglais virée pour insubordination et un temps soupçonnée par le FBI d'avoir commis la tuerie de masse dans son lycée. Elle a une bonne dose de cynisme, une vision des hommes assez caustique et railleuse, c'est plein d'ironie, c'est drôle, c'est jubilatoire.

D'ailleurs elle a une vision ironique et désabusée sur le monde en général, sur la société, sur la religion, sur l'humanité, des petits jusqu'aux grands.

Au fil des pages on voit comment, pour lutter contre la violence, les américains utilisent une forme de violence. C'est très étrange comme logique. Les armes en libre circulation sont le fléau de ce pays, et ceux qui ont peur achètent des armes pour se défendre de ceux qui sont armés...

J'ai adoré Anna, ce personnage pas mal fêlé dont j'ai mis du temps à déterminer si son petit grain de folie était lié aux conséquences de l'attentat, ou si elle était déjà azimutée bien avant.

J'ai trouvé incroyablement perspicaces et drôles ses réflexions sur ses semblables ainsi que sur tous les détails de la vie et du quotidien... Elle a la tête remplie d'idées farfelues et tellement drôles, elle m'a passionnée du début à la fin.

Elle souffre d'un syndrome post-traumatique mais aussi, comme tant d'autres, de ce monde hyper connecté où on n'a plus le temps de respirer, où beaucoup cherchent leur quart d'heure de gloire quel qu'en soit le prix, où la pudeur et la décence se perdent : "La valeur de votre vie est directement proportionnelle au nombre de publicités qu'on peut diffuser avant la vidéo de votre assassinat."

J'ai aimé chaque personnage et chaque phrase de ce roman irrévérencieux et profond !

Je suis toujours impressionnée quand un auteur arrive à ce point là à entrer dans la peau d'une femme. Ce roman est pour moi un ÉNORME coup de cœur !

#PicaboRiverBookClub #EditionsCherche-midi 

 

Citations :

 

Page 11 : L'homme derrière le comptoir la glisse dans le four pour la réchauffer, puis reporte son attention sur le téléviseur situé dans un coin de la salle, qui diffuse une émission sans doute destinée aux enfants et aux adultes victimes de lésions cérébrales.

Page 22 : J'ai éprouvé une pointe de nostalgie pour la vie que je menais quelques minutes seulement auparavant.

Page 38 : Les chaînes d'info étaient dirigées par des milliardaires et les présentateurs étaient de riches New-Yorkais qui mangeaient dans les mêmes restaurants et prêtaient allégeance à l'audimat.Ils se ressemblaient tous et ne représentaient aucune idéologie digne de ce nom.

Page 44 : Même à l'époque je le savais. Être jeune, c'est entendre constamment les mensonges des adultes et être obligé de les gober.

Page 60 : Les hommes veulent qu'on les récompense d'éprouver des émotions. Ils croient que c'est un exploit d'avoir des pensées sincères et d'éprouver de la tristesse.

Page 71 : Les garçons tuent, ils tuent encore et encore. Les garçons sont faits avec des escargots, des queues de petits chiots, des bombes artisanales et des fusils semi-automatiques.

Page 87 : En Amérique, on envoie les enfants à l'école pour se faire tuer et apprendre l'algèbre, la physique, l'histoire, la biologie, la littérature. Les nations moins civilisées ne possèdent pas de système aussi organisé pour assassiner leurs enfants. Quand il y a des massacres dans les pays sous-développés, c'est parce que ce sont des sauvages.

Page 125 : Angie m'a parlé de ses visions. Quand elle priait chez elle, elle se concentrait profondément jusqu'à ce qu'elle voie des images du futur. Elle savait comment toutes ses connaissances allaient mourir.

Page 141 : Y a-t-il vraiment des gens qui vont bien ? Aller bien, c'est être entre deux périodes où ça ne va pas bien.

Page 180 : Je ne votais pas. Je me considérais comme quelqu'un d'intelligent mais de très occupé. J'étais juste assez informée pour avoir l'impression qu'il était inutile de participer, de s'exposer à la trahison des politiciens, car ils n'étaient même pas humains. Ils étaient très doués pour imiter les émotions humaines, mais ne comprenaient pas les sentiments ni les comportements des vraies gens.

Page 234 : La valeur de votre vie est directement proportionnelle au nombre de publicités qu'on peut diffuser avant la vidéo de votre assassinat.

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Mon avis : Les bons élèves n'aiment pas toujours l'école - Delphine Folliet

Publié le par Fanfan Do

Quatrième de couverture :

Audrey, Camille et Laura mènent des vies ordinaires et accomplies. Mais les apparences sont trompeuses… Isolées dans ce qu’elles croient que la société attend d’elles, elles s’essoufflent et trébuchent…

À quel prix parviendront-elles à se relever ?

 

Mon avis :

Ce roman m'a amenée à me poser de nouvelles questions sur la place des femmes dans la société ainsi que du rôle quelles ont à y jouer.

On dit que les chose bougent... pas assez pourtant à mon goût, et c'est aussi de la faute des femmes. Elles semblent avoir du mal à se débarrasser de leurs oripeaux de ménagères : les gosses, la lessive, la bouffe, le ménage, le "devoir conjugal"... et le boulot en plus de tout ça !

Trois femmes de trois âges différents :

Camille, juriste, la vingtaine, qui peine à s'affirmer au travail et qui rêve d'un mariage en blanc avec un homme riche.

Audrey, jeune maman trentenaire qui a mis sa carrière d'infographiste entre parenthèses pour s'occuper de ses enfants.

Laura, la quarantaine dynamique, qui vise le poste de vice-présidente de son entreprise, terrifiée par le temps qui passe et la jeune génération qui pourrait la supplanter au travail.

Trois femmes avec de brillantes études derrière elles, toutes trois esclaves de certaines attentes de la société, de certains stéréotypes, de leur rôle de femmes.

Chaque chapitre porte le prénom de l'une des trois et nous raconte son point de vue à tour de rôle, "ses rêves", ses angoisses, ses déceptions.

J'ai trouvé ça passionnant, ces trois "lignes de vie", les buts que ces femmes visent et qui sont souvent trop grands pour elles. Comme si leurs rêves n'étaient pas les leurs mais ceux que la société impose, comme s'il s'agissait d'une injonction à laquelle on doit obéir... Et finalement c'est de la douleur qui en découle.

Ce roman nous parle de choix, être conformiste ou pas, écouter qui on est ou pas, s'affranchir des diktats de la société ou pas. Tous ces choix qui nous empoisonnent la vie quand on ne les fait que pour ressembler à... et non pas pour soi-même !

J'ai dévoré ce roman, il m'a passionnée, j'ai adoré tous les personnages, j'ai aimé suivre leurs chemins, entrer dans leurs pensées, écouter leur tristesse, entendre leurs espoirs. Une fois encore je me dis qu'il y a vraiment des talents chez les auteurs et autrices auto-édités.

 

Citations :

Page 65 : Ne voit-il pas que je n'ai aucune envie, ne voit-il pas que je me tiens le plus possible éloignée de lui ? Comment peut-il manquer autant de sensibilité ? Pourquoi fait-il passer son désir avant mon manque de sommeil ? 
 

Page 80 : Ne repousse jamais frontalement un homme, lui avait conseillé sa mère lorsque Laura avait fêté ses dix-huit ans. Si un homme se sent humilié, il deviendra un loup.
 

Page 85 : Audrey les aimait si fort. Ils la rendaient tellement heureuse. Elle n'arrivait pas à croire que Mathias et elle avaient créé des êtres aussi parfaits. Il fallait si peu de temps pour fabriquer la complexité infinie du corps humain.
 

Page 164 : Percevait-il sa peur d'être dépassée, d'échouer, de perdre ? Voyait-il sa lutte contre le temps ? Philippe abordait rarement les sentiments. Il pressentait depuis toujours que l'âme de Laura était un gouffre sans fond et s'y pencher serait se perdre lui-même.
 

Page 228 : L'élève banale est devenue l'employée banale. Le mal de ventre des examens de fin d'année est devenu le mal de ventre face à son patron. Quelle vie pathétique.
 

Page 239 : Une vie de cases à cocher, à obéir à l'ordre établi, à avancer à la queue leu leu.
 

Page 251 : Et maman, tu ne peux pas dire que, puisque le monde tourne comme ça depuis des millénaires , il n'y a qu'à continuer. Les choses changent, évoluent. Heureusement pour les femmes d'ailleurs...
 

Page 294 : Vous allez vous en prendre plein la figure. On va vous reprocher d'être une femme. On va vous faire des commentaires sur votre physique. On va vous faire des blagues ridicules qui laisseront des blessures indélébiles, qui attaqueront votre estime, qui abattront votre confiance.
 

Page 301 : Cela ouvrait un tel champ des possibles que Camille le trouvait vertigineux. Que voulait-elle accomplir dans sa vie ? De quoi avait-elle envie ? ''Un chemin balisé, c'est tout de même plus simple que de devoir réfléchir et choisir'' se dit-elle.



 

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Mon avis : Destins obliques - Nicolas Wolters

Publié le par Fanfan Do

Quatrième de couverture :

Cédric, 50 ans, est depuis plusieurs années le gérant belge d'une petite affaire de foresterie implantée au Brésil. Tout paraît se dérouler normalement jusqu'au jour où, à l'heure-même où ses associés arrivent afin de prospecter avec lui de nouvelles terres, il disparaît volontairement. S'il emporte une partie de la caisse, il prend soin de laisser sa femme...

Roman librement inspiré de faits réels qui se sont principalement déroulés au Brésil entre 2014 et 2016. Certains de ces événements ont eu des conséquences qui se font encore sentir aujourd'hui.

 

 

Mon avis :

Destins obliques nous parle de ces occidentaux qui vont faire des affaires dans des pays pauvres aux nombreuses ressources, qui offrent semble-t'il de belles opportunités d'enrichissement, mais qui peuvent aussi mal tourner pour diverses raisons. En l'occurrence, ici Cédric, un des associés disparaît en emmenant une partie des fonds, laissant ses amis et sa femme désemparés.

Au départ, j'ai trouvé que la narration était dans un style épuré, droit au but, technique donc un peu froid mais pas dérangeant. Je m'y suis très vite habituée d'autant que l'écriture est belle et très agréable.

L'histoire est prenante dès les premières pages. On y est entraîné doucement mais sûrement, à la découverte des événements et des différents protagonistes, dont certains sont totalement abjects et retors.

D’ailleurs les personnages sont tous assez fascinants. Dangereux, veules, cupides, pleutres, droits, corrompus, calculateurs, mesquins, il y a là, un échantillon d'humanité passionnant, avec des antagonismes profonds et peu à peu on découvre l'absolue duplicité de certains. Un chouette panier de crabe en somme !

Le récit est émaillé de chapitres sur les différents personnages, qui nous font découvrir leur vie, leur passé, leur personnalité et c'est captivant.

On voyage de l'exotique Brésil, "ce sauvage bout du monde", qui fait rêver autant qu'il effraie, jusqu'au plat pays qu'est la Belgique, et inévitablement on y découvre le choc des cultures.

La grande question qui m'a taraudée et m'a fait dévorer ce roman c'est la motivation de Cédric, savoir pourquoi il a tout planté, ce que cache cette fuite ! Parce que bien sûr, tout au long de l'histoire, plane ce mystère.

J'ai adoré de bout en bout cette histoire, inspirée de faits réels. J'ai autant aimé les détails techniques sur les affaires, (et pourtant rien ne m'intéresse moins que les affaires en général) que les personnages, des plus abjects aux moins méprisables. Eh oui, parce que dans cette histoire il n'y a pas grand monde qui soit reluisant, à part quelques-uns qui restent dans le cadre de la loi.

Nicolas Wolters m'a embarquée dans cet univers interlope du bout du monde et m'a fait voyager dans des endroits sauvages du Brésil.

Un voyage lointain et dépaysant à tous points de vue.

C'est juste un peu dommage qu'il n'y ait pas de renvoi en bas de page pour expliquer certains termes spécifiques à l'Amérique du sud , comme par exemple "urubus" que j'ai dû aller chercher dans le dictionnaire.

 

 

Citations :

Page 54 : Au fond, en tant qu'individu, ce petit n'existe pour personne. Abandonné par tout le monde, il n'a jamais été, pour son déficient entourage, que la représentation de quelque chose : jouet, dérivatif, prétexte, conséquence non désirée d'un moment d'égarement, embarras, problème, obstacle...

Page 113 : Des putes au désarmement en passant par l'artichaut breton, une vraie démonstration d'éclectisme.

Page 252 : Peut-être étaient-ils passés à côté de certains signes imperceptibles d'un état psychologique délabré, peut-être n'avaient-ils pas entendu certains craquements, certains sanglots intérieurs ?

 

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Mon avis : Les invitées - Christina Mirjol

Publié le par Fanfan Do

 

Quatrième de couverture :

Marie-Louise, dit Christiane, c'est Dampmart, pas Paris...

C'est le club de basket, les paniers, les filets, les maillots, les sifflets, les ballons rouges grainés incrustés de lignes noires, le terrain en plein air prêté par l’Évêché, le footing, la kermesse, les coupes de fin d'année, les entraînements de la semaine, les matchs du dimanche, les poussins, les juniors, les petites benjamines, mais surtout, dit Christiane, c'est elle la capitaine de notre équipe senior.

Une question se pose en permanence quand on lit de la fiction : celle de la force d’évocation. Comment, par quel mystère ondoyant, aussi intangible, un traitement ordinaire, des thèmes ordinaires, un rythme ordinaire, un genre littéraire ordinaire, une langue ordinaire, dépouillée même, sobre, simple… peuvent mener à des résultats extraordinaires. C’est cette question captivante qui nous hante en permanence lors de la lecture de ce recueil remarquable de neuf nouvelles succinctes (dont l'une s'intitule elle-même Les Invitées).
Les nouvelles de Christina Mirjol sont réunies en une thématique bien particulière : la mort. La mort est un mot, un concept, un phénomène qui englobe la perte, le décès, les funérailles, le deuil, le drame, la libération aussi. La mort en soit n'est rien, vous l'avez compris ; c'est son impact sur les vivants qui est pris en compte ici. Et il est abordé de bien belle façon dans ce magnifique ouvrage.

Parfois drôle, parfois tragique, la mort est présente dans nos vies et, bien entendu, elle s'invite au moment où on l'attend le moins...

Christina Mirjol est auteure de romans, de nouvelles et de pièces pour le théâtre. Ses derniers romans, Suzanne ou le récit de la honte (prix Thyde Monnier de la SGDL en 2008), Dernières lueurs, et le recueil de nouvelles Les petits gouffres (prix Renaissance de la nouvelle en 2012), ont été publiés au Mercure de France.

 

Mon avis :

Un recueil de nouvelles qui nous parle de la mort. Et la mort me fascine depuis toujours, autant qu'elle m'épouvante.

Dès le début, dès la première nouvelle, j'avoue que j'ai eu du mal à suivre le fil de l'histoire. Ça m'a semblé répétitif et confus, tout comme dans la deuxième nouvelle d'ailleurs et même une ou deux autres.

Des phrases, des bouts de dialogues, répétés en boucle... Peut-être que le but est qu'on ressente bien la confusion dans laquelle on peut se trouver face à la mort soudaine d'un proche. La mort nous fait perdre les pédales, nous plonge dans des abîmes sans fond, ça semble tellement irrationnel et abstrait... elle est pourtant inéluctable, souvent injuste, et la douleur incommensurable. Elle nous terrifie au point que notre société veut la cacher, jusqu'à ne pas la nommer. Nos défunts ne sont plus, la plupart du temps, morts, mais décédés, partis, disparus... Christina Mirjol en parle, naturellement, nous la raconte à travers neuf petites histoires, parfois surprenantes, avec une écriture particulière, un parti-pris intéressant qui nous propose des morts pensants, agissants, mais morts. J'ai en tout cas bien senti l'omniprésence des défunts, qui sont là, bien plus fort que de leur vivant, de façon obsessionnelle, fantômes créés par notre propre manque. Je me suis laissée emporter au fil de ces courtes histoires pleines de délicatesses et de pudeur. Ma préférée est la dernière, qui a donné son nom au recueil, bizarrement la plus pleine de vie mais aussi de poésie et de douceur en dépit du sujet.

 

Citations :

Page 62 : Le cercueil était là, entouré de silence et de fleurs. C'était insupportable, ça ne pouvait pas exister.

Page 88 : De la lignée des hommes qui accompagnent nos vies, un jour, il ne restera rien. Rien, écrit-il. Quelque temps, oui, peut-être, quelques années encore, quelques êtres familiers se souviendront de nous, puis deux ou trois parents, puis un seul, puis personne.

Page 129 : Cette petite valse lente, commencée autrefois dans le lit de sa mère en pleine lumière d'été, s'époumonait maintenant à l'approche des couches froides de l'obscurité...

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Mon avis : Un livre de martyrs américains Joyce Carol Oates

Publié le par Fanfan Do

Quatrième de couverture :

2 novembre 1999. Luther Dunphy prend la route du Centre des femmes d’une petite ville de l’Ohio et, se sentant investi de la mission de soldat de Dieu, tire à bout portant sur le Dr Augustus Voorhees, l’un des « médecins avorteurs » du centre.


De façon éblouissante, Joyce Carol Oates dévoile les mécanismes qui ont mené à cet acte meurtrier. Luther Dunphy est à la fois un père rongé par la culpabilité car responsable de l’accident qui a causé la mort d’une de ses filles, et un mari démuni face à la dépression de sa femme. Pour ne pas sombrer, il se raccroche à son église où il fait la rencontre décisive du professeur Wohlman, activiste anti-avortement chez qui il croit entendre la voix de Dieu. Comme un sens enfin donné à sa vie, il se sent lui aussi chargé de défendre les enfants à naître, peu importe le prix à payer.

Dans un camp comme dans l’autre, chacun est convaincu du bien-fondé de ses actions. Mené par des idéaux humanistes, Augustus Voorhees, le docteur assassiné, a consacré sa vie entière à la défense du droit des femmes à disposer de leur corps. Les morts de Luther et d’Augustus laissent derrière eux femmes et enfants, en première ligne du virulent débat américain sur l’avortement. En particulier les filles des deux hommes, Naomi Voorhees et Dawn Dunphy, obsédées par la mémoire de leurs pères.

La puissance de ce livre réside dans l’humanité que l’auteure confère à chacun des personnages, qu’ils soient « pro-vie » ou « pro-choix ». Sans jamais prendre position, elle rend compte d’une réalité trop complexe pour reposer sur des oppositions binaires. Le lecteur est ainsi mis à l’épreuve car confronté à la question principale : entre les foetus avortés, les médecins assassinés ou les « soldats de Dieu » condamnés à la peine capitale, qui sont les véritables martyrs américains ?

Joyce Carol Oates offre le portrait acéré et remarquable d’une société ébranlée dans ses valeurs profondes face à l’avortement, sujet d’une brûlante actualité qui déchire avec violence le peuple américain.

 

Mon avis :

Depuis toujours je me demande comment on peut justifier de tuer quelqu'un parce qu'on défend la vie... Maintenant je sais, mais je ne comprends toujours pas. Ça n'a aucun sens pour moi, comme la peine de mort. En somme on te dit "Tu as tué, tuer c'est mal, alors on va devoir te tuer pour te punir". C'est un non sens...

Dès les premières pages j'ai ressenti une sorte de fascination pour cette histoire et pour Luther Dunphy, cet être totalement ambigu et retors qui se cache derrière sa piété, qui se gargarise de sa charité chrétienne alors qu'il est quelqu'un d'assez vil.

Et il y a Gus Voorhees, le médecin avorteur, l'humaniste, celui qui donne tout à la cause des femmes.

Au bout de tout ça, il y a l'intégrisme chrétien, qui tue pour sauver des vies, au nom de dieu. 

On se croirait en plein moyen-âge. 

 

Les situations, les sentiments des uns et des autres, tout est décortiqué, analysé et disséqué , et c'est parfois très long... c'est malheureusement ce qui m'a fait décrocher bien souvent, où je me rendais compte que mes yeux lisaient mais que mon esprit vagabondait très loin de l'histoire, m'obligeant à revenir régulièrement en arrière.

C'est pourtant nécessaire pour nous faire ressentir la lente déliquescence des deux familles après le drame.

Puis à partir du milieu du livre, j'ai commencé à être vraiment captivée. L'histoire prend une tournure un peu plus dynamique, on est dans la vie des personnages pendant et après le jugement. On entre plus profondément dans les motivations des intégristes.

On suit parallèlement les deux familles, et plus précisément les vies des deux filles, Dawn Dunphy la fille de l'assassin fou de Dieu, et Naomi Voorhees la fille du médecin humaniste et féministe assassiné. On les voit dans la lente progression vers l'âge adulte, chacune avec sa blessure qui semble inguérissable, et les liens familiaux devenus délétères où tout le monde a démissionné.

Évidemment Joyce Carol Oates ne prend pas partie, elle nous raconte cette histoire qui est un véritable phénomène de société en Amérique, à savoir que les médecins pratiquant des avortements reçoivent sans arrêt des menaces de morts par des intégristes et que certains finissent par être assassinés, et évidemment ça remue beaucoup de choses chez le lecteur.

Il est question dans ce roman d'humanisme et d'obscurantisme, de libres-penseurs et d'intégristes religieux, de droit des femmes et de culte intransigeant, de deuil et de reconstruction... en tout cas d'une société où la religion est omniprésente.

Par certains aspects cette histoire m'a rappelé Le chardonneret de Dona Tartt. Sans doute parce que dans les deux histoires il est question d'adolescents confrontés à la mort violente d'un de leur parents, livrés à eux-mêmes et de leur long chemin laborieux vers l'âge adulte.

Ce roman me restera longtemps en tête, c'est une certitude, tant il m'a bouleversée, questionnée, sidérée et tant c'est déconcertant ce genre de situations au XXIème siècle dans un pays qui se prétend "la plus grande nation du monde".


Citations :

Page 32 : Peu importe que la grossesse d'une femme soit due à un viol, un inceste ou une autre circonstance atténuante.

 

Page 114 : On nous disait que l'église missionnaire de Saint Paul et d'autres églises évangélistes à travers tous les États-Unis étaient unies dans leur opposition à ce qu'on appelait l'avortement à la demande, comme elles étaient unies dans leur opposition au socialisme, au communisme, à l'athéisme et à l'homosexualité.

 

Page 148 : « Il ne peut y avoir de démocratie quand un sexe est enchaîné à son ''destin biologique''' »...

 

Page 169 : De sa voix de papa sérieux, Papa dit :

« Une enfant adoptée est une enfant choisie. Une enfant adoptée est une enfant particulièrement désirée.Une enfant adoptée a deux séries de parents et est doublement au monde.

 

Page 224 : Dans leur religion (pour autant qu'il la comprenne) il importait peu qu'une grossesse résulte d'un viol ou d'un inceste, l'avortement était contre la loi divine.L'avortement était un péché, un crime et une honte parce que c'était le « massacre d'innocents ».

 

Page 282 : Ignore tout cela, Darren. On trouve beaucoup de saletés dans les journaux, et beaucoup de saletés dans le monde, contre lesquelles on ne peut rien. Mais on peut vivre sa vie sans avoir à savoir.

 

Page 309 : Pour eux, elle était la femme d'un « tueur d'enfants » : c'était son identité. Elle aurait voulu les interpeller, les prendre à partie : Vous êtes de dangereux fanatiques, des extrémistes religieux ! Votre Dieu vengeur n'existe pas, on vous a lavé le cerveau, vous êtes absurdes.

 

Page 508 : Leur foi fait d'eux des monstres.

 

Page 596 : Avoir une longue période de temps devant moi pour pleurer mon fils m'était insupportable, car je ne pouvais penser à Gus sans être précipitée dans un infini qui n'aurait jamais eu de terme.

 

Page 637 : Mais Gus s'entêtait : Les femmes doivent décider par elles-mêmes. Leur corps leur appartient. Il est obscène qu'un homme – quel qu'il soit – se mêle de dire à une femme ce qu'elle doit faire de son corps, lui impose un accouchement quand elle n'est pas prête. Ou quand elle ne le sera jamais.

 

Page 821 : Une fois de plus, Naomi pensa à tout ce que son père manquait du fait de sa mort.

 

Page 821 :  Si les morts pouvaient revenir à la vie, ils se réjouiraient de cette ''vie'' , quelle qu'elle ait été. Ils ne feraient pas la fine bouche. Ils ne seraient pas ironiques. Par conséquent, nous qui sommes en vie ferions bien de nous réjouir à leur place.

 

Page 822 : Elle savait combien Gus s'était moqué des ouvrages de ''sagesse'' – les textes sacrés des grandes religions, apologies de l'oppression, de l'ignorance, de la superstition, du pacifisme face à la tyrannie politique. Sans parler de l'asservissement et du mauvais traitement des femmes. Aucune ''sagesse'' ne mérite autant d'ignorance, avait dit Gus. Une ignorance qui avait pour furoncle la haine de la science.

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Mon avis : Ils rêvaient d'un autre monde - Tome 2 - Lucie - Arlette Gelabert

Publié le par Fanfan Do

Quatrième de couverture :

Que deviendra la planète si la folie des hommes mène le monde ? L'humanité survivra-t-elle dans les décennies à venir ? Annette et Lucie sont prises dans la tourmente. Chacune vit ou survit dans ce chaos. Toutes deux rêvent d'un autre monde. Qu'adviendra-t-il de leurs rêves ? C'est ce que raconte ce roman en deux tomes.

 

Mon avis :

Avec le tome 2, qui est centré sur Lucie, je trouve qu'on entre dans quelque chose de plus intime mais aussi plus douloureux.
Il s'agit là de la genèse de la résistance contre ceux qui, par leur arrogance, leur cupidité, leur mégalomanie, décident pour nous que nous devrons vivre dans un monde de cauchemar, un monde où la nature sera détruite, un monde où le peuple sera muselé et réprimé dans la violence.
C'est passionnant. Je trouve qu'avec Lucie on est monté d'un cran, sans doute à cause de ses origines entre autre, de son enfance bretonne au bord d'une mer immense et souvent déchaînée , de sa forte personnalité et du fait qu'elle est née bien avant Annette, avant que le monde bascule.
Par ailleurs elle porte terriblement bien son prénom ! Elle est la lueur au bout du tunnel, la porteuse de lumière, la combattante pour un futur rayonnant, pour la vie tout simplement.
J'ai aimé cette deuxième partie encore plus que la première. L'intérêt va crescendo, le combat se fait plus âpre et précis, on ressent tellement les enjeux, on tremble pour l'avenir de l'humanité, et de tout ce qui vit sur terre.
C'est malheureusement ce qui pourrait se profiler à l'horizon si rien n'est fait...
Et la fin de l'histoire est quelque peu surprenante !.. et elle m'a bien plu !

 

Citations :

Finalement, à quoi cela sert-il de trouver une solution pour sauver l'humanité. Quand on voit ce qu'elle produit d'égoïstes, de fous, de monstres avides de pouvoir, elle n'est pas belle à voir l'humanité. C'est peut-être bien pour la planète de la laisser crever.

 

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Mon avis : Ils rêvaient d'un autre monde Tome 1 - Annette - Arlette Gelabert

Publié le par Fanfan Do

Quatrième de couverture :

Que deviendra la planète si la folie des hommes mène le monde ? L'humanité survivra-t-elle dans les décennies à venir ? Annette et Lucie sont prises dans la tourmente. Chacune vit ou survit dans ce chaos. Toutes deux rêvent d'un autre monde. Qu'adviendra-t-il de leurs rêves ? C'est ce que raconte ce roman en deux tomes.

 

Mon avis :

Ça commence par un clin d’œil à nos gouvernants, arrogants et responsables de la déconfiture du monde au profit de la finance. Cela dit c'est le cas de tous les pays développés. Mais tout le monde n'a pas un petit président de quarante ans !

Dans un futur proche, Annette pense au monde de ses parents, le nôtre en l’occurrence, disparu et remplacé par quelque chose de moche et triste.
Elle a tout perdu, ses parents en premier lieu lors de la Grande Catastrophe, puis a 18 ans elle a dû partir seule, loin de celles qui l'avaient recueillie.
Elle va se trouver une nouvelle famille, un credo, un combat...
C'est glaçant d'imaginer cet avenir de restrictions indispensables juste après notre société de consumérisme avide, effréné et égoïste, un univers où les animaux n'ont plus leur place.
Ça donne une idée de ce que le monde risque de devenir...
C'est effrayant, c'est doux, c'est bon...
Effrayant ce futur dévasté et le cynisme lié au profit, doux et bon ces îlots cachés de verdure en pleine nature, sanctuaire de ceux qui ne se résignent pas, qui ont su rester empathiques, bienveillants et combatifs.
Ce roman met en exergue tout ce qu'on pourrait perdre, et c'est énorme !

Ça raconte en fait ce qui est en train de se produire, dans l'indifférence de ceux à qui le crime profite.

C'est l'éternel combat du bien contre le mal, sauf qu'il s'agit là d'une guerre ultime, la dernière chance du monde.

L'écriture est fluide et agréable, les descriptions font qu'on s'y croirait.

J'ai aimé et j'ai appris des choses intéressantes aussi.

Petit bémol : j'aurais certainement préféré des renvois en bas de page plutôt qu'à la fin du livre.

 

Citations :

Notre seule chance de survie est de mettre à bas les despotes qui gouvernent le monde et de redonner sa place à la nature.

Tu apprendras vite qu'à la campagne, le temps est nécessaire aux choses, aux animaux, à la nature. Ce n'est pas l'homme qui décide.

Nous sommes en guerre, Annette, en guerre contre la bêtise, la barbarie, l'injustice, la terreur organisée, le pouvoir arbitraire; Ce n'est pas une guerre de territoire, non, c'est la GUERRE pour la survie de notre espèce et de notre humanité.

Elle détestait ce siècle qui avait détruit la poésie, la singularité, la beauté et n'offrait plus qu'une vision manichéenne et commerciale de la société.

 

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Mon avis : Baise-moi de Virginie Despentes

Publié le par Fanfan Do

4ème de couverture :

Cette course folle à bord de bagnoles volées est entrecoupée de phases musicales, paroles crues débitées sur fond de rock ou de rap par un walkman.

Chaque arrêt en ville annonce l'assouvissement d'un désir... de niquer quand on veut, de prendre l'argent où il se trouve, de bouffer du chocolat sans retenue, de vivre à l'hôtel, de flinguer à tout va hommes, femmes, enfants, sans distinction ! Immorales, les filles ?

Premier roman de Virgine Despentes, une touche-à-tout dotée d'instabilité qui aime le vin, la dope et le chocolat.

 

Mon avis :

Alors ça, c'est sexe, drogue, rock'n'roll et meurtre.
Ce roman écrit en 1994 m'a arraché des grognements de colère étouffés. J'ai beaucoup de mal avec toute cette violence faites aux femmes (acceptée avec fatalisme) , surtout depuis qu'on a pu découvrir avec effroi le comptage mois après mois des victimes mortes en 2019 sous les coups de leurs conjoints ou ex-conjoints.
C'est l'histoire de la misère, des addictions en tout genre, alcool, drogues, sexe, et malheureusement de la résignation : "on est jamais que des filles".
C'est cru, trash, violent, déprimant, dès les premières lignes.
C'est l'histoire de la dérive de deux laissées pour compte, road movie sanglant de deux paumées.
J'avais presque l'impression qu'il s'agissait de deux personnages féminins imaginés par un homme, car addictes aux hommes, au sexe, à la pornographie, sans limite... fantasme d'homme en somme.
Et puis il y a des choses qui semblent impossibles, à dire ou à penser, des situations choquantes qui font penser à un livre tout récent qui évoque le consentement.
Il est question de viol, d'inceste, de pédophilie et c'est très dérangeant, voire insupportable.
J'ai pourtant bien aimé cette histoire même s'il y a certains passages qui pour moi sont inacceptables. Bien des choses qui pouvaient "passer" il y a un peu plus de vingt ans ne sont plus possibles maintenant et c'est tant mieux.
Malgré tout, entre deux meurtres, je leur ai trouvé un côté attachant à ces deux dingues. À force d'être soumises, aux aléas de la vie, à la société, à une certaine catégorie de connards, elles ont fini par prendre le contrôle et le pouvoir avec pertes et fracas, jusqu'à l'inéluctable tragédie de leur fin.

 

Citations :

 

Quand j'étais gamine, je m'imaginais volontiers solidement ligotée sur une table de bar, mon cul bien ouvert, et de nombreux messieurs dont je ne pouvais pas voir le visage me faisaient des choses déroutantes. et très dégradantes. Et très agréables.
- On a tous des rêves d'enfants, je respecte ça.

 

- En fait, c'est un peu tous les coups qu'ont mal tourné. Tous ces trucs que tu tentes de faire et jamais rien ne réussit. Ça me fait penser au conte de la petite sirène. L'impression d'avoir consenti un énorme sacrifice pour avoir des jambes et te mêler aux autres. Et chaque pas est une douleur intolérable. Ce que les autres font avec une facilité déconcertante te demande des efforts incroyables. Arrive un moment où tu lâches l'affaire.

 

Concupiscent. Il s'essuie la nuque assez souvent car il transpire comme un gros. Il respire fort en leur souriant béatement, découvrant sans remords ses dents jaunes et tachées. Pataud, abruti, grotesque et il pavane bravement. Doit décidément les prendre pour des connes pour oser faire du charme. Ou bien ne se rend pas compte, vraiment.
Mots d'esprit sordides et grimaces adipeuses. Aimable à force d'être lamentable, une question d'adaptation.

 

Baise-moi de Virgine Despentes, 1996, 223 pages

 

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Mon avis : Avides Tom Clearlake

Publié le par Fanfan Do-bby

Une écriture qui me plaît énormément, vraiment très agréable et efficace, qui dès les premières lignes me plante une ambiance et me plante dans l'ambiance comme si j'y étais.

Un charnier est découvert à Belleville, une gosse de riche disparaît, treize ans plus tôt un enfant de dix ans avait tué ses parents et bu leur sang... et si tout ça était lié ?
Peu à peu les enquêteurs de la criminelle vont se trouver confrontés à une affaire tentaculaire.

C'est très dur par moment, d'une violence terrifiante, c'est prenant, on voudrait pouvoir poursuivre sa lecture jusqu'au mot fin sans s'interrompre.
Les chapitres courts donnent du rythme. Les personnages sont intéressants, voire intrigants, attachants ou détestables.
La capitaine Julie Delorme, fonceuse et un peu tête brûlée, est écartelée entre sa passion dévorante pour son métier et son amour maternel.
Quel plaisir d'avoir un personnage essentiel qui soit féminin !
Paul Sorovski, homme de l'ombre, au passé mystérieux, au charisme étrange, qui fait un marché avec la police...

Un vrai bon polar comme je les aime, passionnant et palpitant, qui va à cent à l'heure, avec des scènes trash, des ramifications obscures à travers l'Europe, une intrigue saisissante, en béton... et une tension jusqu'à la dernière ligne, absolument jusqu'à la fin.

Je me suis laissée embarquer, j'ai ADORÉ !!!

 

 

 

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Mon avis : Prends soin de maman Kyong-sook Shin

Publié le par Fanfan Do-bby

Léa Touch Book déjà admin de l'excellent #PicaboRiverBookClub sur Facebook, groupe très interactif, bienveillant et enrichissant, a tout récemment créé le #HanbookClub, dédié à la littérature asiatique avec un petit plus vers les romans coréens et japonais. Grâce à ça, je me suis rappelée que j'en avais UN de roman coréen parmi tous mes romans asiatiques, et depuis longtemps ! C'était donc le moment idéal pour le sortir de mes étagères et le lire.
J'aime les romans dont le titre comporte le mot Maman, parce que ce mot est doux à mon oreille et cher à mon coeur.
J'écris toujours Maman avec un M majuscule parce que c'est un nom propre... ben oui, c'est celui de ma mère !
Maman, ce mot qu'on prononce dès qu'on sait parler, qui représente la personne qu'on aime le plus au monde, le premier amour de tout un chacun, l'amour inconditionnel.
On l'aime plus que tout et on exige tout d'elle, tel un petit despote.
L'amour d'une mère c'est comme l'air : c'est tellement banal qu'on ne le remarque même pas. Jusqu'à ce qu'on en manque. (Pam Brown)
Voilà ce que raconte cette histoire, c'est de ça qu'il est question ici.
Cette histoire est un hommage à LA MÈRE, qui la glorifie, elle l'omniprésente qu'on oublie de voir, elle l'indispensable si souvent reléguée à des taches ingrates , si discrète et pourtant irremplaçable, elle qui donne tout sans faire de bruit.
C'est un roman qui nous montre qu'on passe trop souvent à côté de sa Maman sans y faire spécialement attention, et qui nous rappelle à quel point la vie sans elle est dure, quelle que soit la raison de son absence.
On la malmène souvent et le jour où elle n'est plus là, on se sent comme une coquille vide.
Mais la mère des uns est aussi l'épouse du père, qui va lui aussi se poser beaucoup de questions sur lui-même et son comportement, envers la mère de ses enfants, qui le maternait aussi.
En visite à Séoul où leurs enfants habitent, un couple de paysans prend le métro, et la mère reste accidentellement sur le quai, seule, perdue au milieu de la foule très dense.
Entre avis de recherche et angoisses, il y a beaucoup d'amour, de tendresse, de remords, de pudeur dans les souvenirs. La description des événements, de la vie et des sentiments est pleine de poésie.
C'est beau, c'est doux... ça amène à réfléchir sur la place qu'on donne à ceux qu'on aime, aux membres de sa famille.
On découvre les différents protagonistes de cette famille les uns après les autres, ainsi que leurs sentiments et leur ressenti, y compris la mère, si généreuse et secrète, l'abnégation personnifiée...
C'est un roman superbe et douloureux, comme la vie...

 

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