Mon avis : Au nom du bien – Jake Hinkson
Éditions Gallmeister
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Quatrième de couverture :
Pasteur respecté d’une petite ville de l’Arkansas, Richard Weatherford n’en est pas moins simple mortel, avec ses secrets et ses faiblesses. Car Richard a fauté avec un jeune homme, Gary. Alors le coup de fil qu’il reçoit à cinq heures du matin ne présage rien de bon : le silence de Gary lui coûtera 30 000$, sinon Richard devra dire adieu à sa réputation et – surtout – à sa femme Penny et à leurs cinq enfants qui jamais ne supporteront un tel scandale. Prêt à tout pour empêcher son monde de s’effondrer, le pasteur n’a que quelques heures pour tisser une immense toile de mensonges où piéger son entourage.
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Mon avis :
Ce roman choral - chaque chapitre porte le nom d'un protagoniste - m'a enchantée tout de suite. J'adore avoir les différents points de vue ! On entre dans le vif du sujet dès les premières lignes grâce à une narration dynamique avec un suspens immédiat et en toile de fond la religion, le mensonge, l'intolérance, et l'hypocrisie qui l'accompagnement bien souvent.
La religion est omniprésente dans cette ville, très prégnante. Dieu est partout, c'est ce qui dicte les moindres comportements de nombreux habitants et en fait une communauté très soudée. du moins c'est l'impression qu'on a. Mais voilà, Richard Weatherford, pasteur, marié et père de cinq enfants à des pulsions inavouables envers les hommes et son jeune amant décide de le faire chanter pour obtenir de l'argent. le pasteur, représentant de la vertu auprès de ses ouailles et prescripteur de la morale, vit dans le mensonge depuis de nombreuses années.
C'est impressionnant la mécanique qui se met en place. J'ai éprouvé comme un sentiment de malaise envers cette Amérique puritaine, très croyante, voire bigote et néanmoins totalement intolérante. Je ne sais plus si c'est Dieu ou Jésus qui a dit "aimez-vous les uns les autres", "aime ton prochain comme toi-même", "si on te frappe, tend l'autre joue". Mais bien souvent, pas de pardon pour ceux qui s'éloignent du droit chemin, l'intransigeance est la règle.
Le pasteur Weatherford est un homme imbu de lui-même autant que torturé par son homosexualité refoulée, cause de tourments existentiels, et finalement capable d'un cynisme à toute épreuve. Et donc, lui et Penny son épouse, affichent l'image de la famille parfaite. Leur position sociale est essentielle à leurs yeux...
À travers ce roman, sont traités des sujets multiples comme les liens familiaux, la politique, ou d'autres qui inspirent le rejet trop souvent, la précarité, l'alcoolisme, l'homosexualité ou la liberté sexuelle des filles. Exclusion, homophobie et sexisme ordinaire sont de rigueur et assumés par ces bien-pensants qui vont prier à l'église tous les dimanches.
C'est un roman très prenant et plein de suspens car évidemment on se demande comment Richard Weatherford va se tirer de ce piège de même que ce qui pourrait encore lui tomber dessus. Car c'est bien connu, les ennuis voyagent toujours en escadron.
J'ai été totalement captivée par ce livre que j'ai dévoré ! Je ne saurais pas dire si je m'attendais à cette fin ou pas… en tout cas j'ai dévoré ce roman et j'ai hâte de découvrir les autres écrits de cet auteur.
Citations :
Page 27 : Je recule d’un pas et lui mets une droite. Je sais pas pourquoi. C’est franchement con. Je suis là, dehors, avec seulement un caleçon entre ma bite et le monde entier et je lui mets un pain.
Page 58 : Hitler a dit que si on veut que les gens croient un mensonge, il suffit de le répéter sans arrêt. Les anticléricaux ne cessent de répéter leur discours sur l’évolution et les gens l’acceptent sans le remettre en question. Ils entendent des hommes instruits avec des diplômes impressionnants qui pérorent sur les singes, les fossiles, que sais-je d’autre, et ils se disent : « Bon, je n’y comprends rien, mais je suppose que ça doit être vrai si des types intelligents le croient. »
Page 137 : Ce que je ne suis pas, c’est un homosexuel. Cela n’existe pas, les homosexuels. Le concept de l’identité gay est un mensonge du diable, fondé sur l’idée fausse que l’homosexualité est un état de l’être.
Page 203 : Ma mère n’était pas une belle femme. Les vêtements, les cheveux, et le maquillage ne pouvaient pas changer cela. Elle n’était pas vilaine, seulement ordinaire, et je crois que c’est ce qui la peinait le plus. Le destin de la médiocrité. Et pour aggraver les choses, elle semblait considérer la beauté comme un talent moral. Du coup, elle jugeait durement les femmes sans charme, et elle n’avait aucune compassion pour les belles femmes qui perdaient leur beauté.
Page 322 : - La vie n’est que perte, dis-je, et la vérité est que nous perdons tout le monde dans cette vie. Au bout de toute relation – qu’elle commence avec un garçon demandant à une fille de sortir avec lui, ou avec une mère qui tient son bébé dans ses bras pour la première fois -, au bout de toute relation, il y a une tombe. Nous voulons tellement désespérément que les choses soient permanentes, mais elles ne le sont pas.
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